Eurosatory 2026 : Thales dévoile Gladiator Training Data Analytics, sa plateforme d’analyse pour les entraînements militaires

Thales présente à Eurosatory 2026 sa plateforme Gladiator Training Data Analytics, qui exploite l'IA pour accélérer les débriefings des exercices militaires.
plateforme Gladiator Training Data Analytics Thales

Thales présente à Eurosatory 2026 sa nouvelle plateforme d’analyse Gladiator Training Data Analytics. Cette solution exploite l’intelligence artificielle pour transformer les données d’entraînement militaire en indicateurs utilisables par les instructeurs.

Selon Thales, l’objectif vise à permettre aux armées de tirer plus rapidement les enseignements de leurs exercices, en accélérant les analyses après action (AAR, After Action Reviews).

Une réponse à la complexité des entraînements modernes

L’entraînement militaire moderne génère désormais des volumes considérables de données. Chaque déplacement de soldat, chaque tir, chaque échange radio, ainsi que chaque action des véhicules ou des drones laisse une trace exploitable.

Grégoire Hübsch, responsable de la ligne de produits Entraînement terrestre en conditions réelles chez Thales, ancien officier commandant de l’Armée de terre française, est cité dans le communiqué :

« 80 % du travail d’un militaire, c’est de s’entraîner. »

Une préparation orientée vers la haute intensité

Selon Hübsch, la préparation des armées occidentales évolue. Après plusieurs décennies marquées par les opérations de contre-insurrection, les états-majors préparent désormais leurs forces à des conflits qui combinent simultanément plusieurs dimensions :

  • Les manœuvres terrestres.
  • L’usage des drones.
  • La guerre électronique.
  • Le brouillage GPS.
  • La lutte informationnelle.
  • Les frappes de précision.

Le brouillage GPS figure parmi les enjeux centraux. Hübsch cite à ce titre les opérations de brouillage et de leurrage observées en Ukraine :

« Le pire, c’est d’avoir un décalage sur le GPS. »

Selon le responsable, une position erronée peut conduire à des erreurs de navigation ou à des tirs fratricides.

Le centre CENZUB de l'Armée de terre française

Les centres d’entraînement doivent désormais reproduire ces situations. Le CENZUB, centre d’entraînement aux actions en zone urbaine de l’Armée de terre française, illustre cette approche.

Selon Thales, les soldats y utilisent leurs armes opérationnelles équipées de dispositifs laser. Les véhicules instrumentés et un réseau de capteurs enregistrent l’ensemble des événements de l’exercice.

Gladiator, un système d'entraînement aux capacités élargies

La nouvelle plateforme complète le système d’entraînement terrestre Gladiator déjà déployé par Thales dans plusieurs centres. Selon Thales, Gladiator présente plusieurs caractéristiques techniques :

  • Une conformité au standard d’interopérabilité OTAN UCATT pour les systèmes d’entraînement au combat terrestre.
  • Une capacité de plus de 120 heures d’exercice en continu.
  • Un suivi simultané de 1 200 militaires.
Le système enregistre les positions des soldats, les déplacements des véhicules, les tirs, les pertes, les communications radio, les actions logistiques et les interactions entre unités.

Une contrainte temporelle forte sur les analyses après action

Selon Hübsch, l’analyse post-exercice constitue le moment clé de l’apprentissage :

« On perd 80 % d’un entraînement sans débriefing. »

Bastien Poublan, responsable produit-plateforme d’analyse de données chez Thales, précise la contrainte temporelle :

« L’instructeur a une heure pour préparer son analyse d’après action puis une trentaine de minutes pour faire passer son message. »

L’objectif consiste donc à identifier rapidement les éléments les plus pertinents, plutôt que de simplement accumuler les données.

Un rejeu chronologique des exercices

La plateforme s’installe sur un ordinateur portable ou sur l’infrastructure informatique d’un centre d’entraînement. Elle agrège l’ensemble des données issues du système de contrôle de l’exercice.

L’interface permet aux instructeurs de rejouer chronologiquement un exercice. Selon Thales, plusieurs fonctions assistent ce rejeu :

  • Une carte numérique affichant les positions des unités.
  • Une chronologie mettant en évidence les événements clés.
  • La traçabilité des décisions prises pendant l’exercice.
Selon Poublan, les métriques s’appuient sur des notions déjà connues des militaires, comme la concentration des forces, l’économie des moyens ou la liberté d’action.

Le suivi de l'application des doctrines (TTP)

La plateforme évalue également l’application des TTP (Tactics, Techniques and Procedures) propres à chaque armée. Selon Thales, les instructeurs peuvent ainsi vérifier si les procédures doctrinales prévues ont été effectivement appliquées.

Cette approche permet de mesurer la conformité opérationnelle. Une armée peut ainsi suivre l’appropriation d’une nouvelle doctrine ou mesurer les progrès entre plusieurs sessions.

Toujours selon Thales, la plateforme conserve l’historique des exercices précédents. Une unité qui revient régulièrement au centre peut donc comparer ses performances dans le temps.

Une analyse automatisée des communications radio

L’exploitation des communications radio constitue l’un des volets les plus ambitieux de la plateforme. Selon Thales, les communications radio représentent une source d’information considérable mais difficile à analyser. À la différence des positions ou des tirs, elles ne sont pas structurées sous forme d’événements.

La plateforme automatise cette analyse. Selon Thales, les communications sont transcrites automatiquement puis analysées grâce à des modèles de traitement du langage développés en interne.

Poublan donne un exemple concret :

« Quand nous voyons qu’une communication était trop longue juste avant une manœuvre adverse, nous pouvons comprendre que l’unité a potentiellement révélé sa position. »

L’outil peut ainsi identifier les communications excessivement longues, les périodes de surcharge radio ou certaines mauvaises pratiques.

L'intégration des drones dans l'analyse

L’essor des drones constitue un autre enjeu pour les centres d’entraînement. Thales a développé un capteur qui intègre différents types de drones à l’écosystème Gladiator.

Selon Thales, ces appareils instrumentés remontent leur position et leurs actions au système central. Les instructeurs peuvent ainsi mesurer leur usage dans plusieurs missions :

  • La reconnaissance.
  • La surveillance.
  • Le guidage de tirs.
  • L’attaque.

Une architecture isolée et souveraine

Thales insiste sur la confidentialité des données. Selon le constructeur, la plateforme fonctionne sans connexion Internet et peut être déployée sur des infrastructures entièrement isolées.

Hübsch précise la sensibilité du sujet :

« Le client tient à ce que personne ne voie ces données, y compris moi-même. »

Selon Thales, les algorithmes utilisés proviennent des équipes internes de CortAIx, l’entité du groupe qui regroupe plus de 800 ingénieurs et chercheurs spécialisés dans l’intelligence artificielle. Les modèles s’exécutent localement sur les infrastructures du client, sans recours à un service cloud externe.

Ce qu'il faut retenir

  • Thales dévoile à Eurosatory 2026 sa plateforme Gladiator Training Data Analytics.
  • L’outil exploite l’IA pour accélérer les analyses après action (AAR) des exercices militaires.
  • Le système Gladiator est conforme au standard OTAN UCATT, suit jusqu’à 1 200 militaires en simultané et 120 heures d’exercice continu.
  • La plateforme analyse également les communications radio par traitement du langage.
  • Les drones instrumentés s’intègrent à l’écosystème pour suivre leurs actions.
  • L’architecture fonctionne hors connexion Internet, avec des modèles d’IA développés par CortAIx.

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