La Direction générale de l’armement (DGA) a émis le 26 juin 2026 un appel d’offres pour la qualification, la production et la fourniture de deux millions de cartouches de 12,7 x 99 mm au standard OTAN. La valeur maximale de l’accord-cadre s’élève à 99 millions d’euros sur une durée de sept ans.
L’amorce, la poudre et les éléments métalliques des cartouches devront notamment être produits sur le territoire de l’Union européenne (UE) ou de l’Espace économique européen (EEE).
Une exigence de localisation industrielle européenne
L’appel d’offres prévoit une exigence stricte de production sur le sol européen. En effet, plusieurs éléments des munitions devront impérativement être produits dans l’UE ou l’EEE :
- L’amorce.
- La poudre.
- Les éléments métalliques (balle et étui).
Un volume de deux millions de cartouches sur sept ans
L’accord-cadre prévoit la livraison de deux millions de cartouches selon une répartition précise :
- Un million de munitions à balle ordinaire.
- Un million de munitions « panachées », mêlant balles ordinaires et balles traçantes.
Une qualification industrielle en moins de 18 mois
L’accord-cadre prévoit également une phase de qualification industrielle avant la production. Selon le texte de l’appel d’offres, le titulaire devra notamment :
- Réaliser des essais industriels au moyen d’une arme Browning Machine Gun .50 M2HB.
- Posséder cette arme pour la conduite des essais.
- Qualifier les munitions à balle ordinaire et à balle traçante.
La qualification doit intervenir moins de dix-huit mois après la notification de l’accord-cadre. Les candidats ont par ailleurs jusqu’au 29 juillet 2026 pour remettre leurs offres.
Un retournement par rapport à 2022
Cet appel d’offres marque une évolution doctrinale. En janvier 2022, le ministère des Armées estimait la situation des stocks « très satisfaisante ». À l’époque, le ministère était cité :
« Pour l’armée de Terre notamment, dont les besoins dépassent de loin ceux des autres armées, le stock existant couvre plus de 90 % du besoin exprimé sur l’ensemble des calibres allant du 5,56 mm au 12,7 mm. »
Le ministère ajoutait également :
« Depuis la fin de la production nationale et malgré le cumul des engagements opérationnels répétés, les armées n’ont jamais rencontré de difficultés d’approvisionnement pour leurs missions, du fait d’un marché mondial considérable et très concurrentiel. »
Selon le ministère en 2022, les forces françaises consommaient en moyenne environ 80 millions de munitions de petit calibre par an, du 5,56 mm au 12,7 mm.
Trois fournisseurs étrangers actuels pour la France
Un rapport parlementaire d’octobre 2022 avait identifié les trois principaux fournisseurs des armées françaises en munitions 12,7 x 99 mm :
- FN Browning Group (Belgique).
- NAMMO (Norvège).
- IMI (Israël).
Quatre industriels européens candidats à la relocalisation
Le projet de relocalisation de la filière des munitions de petit calibre avait été relancé par Sébastien Lecornu lors de son passage au ministère des Armées. Catherine Vautrin, actuelle ministre des Armées, a fait le point lors d’une audition à l’Assemblée nationale consacrée à l’actualisation de la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-30 :
« On a quatre industriels européens qui se sont portés candidats. Les offres initiales ont été remises le 2 décembre 2025. Elles ont été analysées par la DGA. La remise des offres finales interviendra le 14 avril, après une demande de report de deux soumissionnaires. »
Ce qu'il faut retenir
- La DGA a émis le 26 juin 2026 un appel d’offres pour 2 millions de cartouches de 12,7 x 99 mm OTAN.
- L’accord-cadre court sur 7 ans pour une valeur maximale de 99 millions d’euros.
- L’amorce, la poudre, la balle et l’étui devront être produits dans l’UE ou l’EEE.
- Les opérateurs des pays tiers à l’UE/EEE sont exclus de la procédure.
- Les principaux fournisseurs actuels sont FN Browning Group (Belgique), NAMMO (Norvège) et IMI (Israël).
- Selon Catherine Vautrin, quatre industriels européens sont candidats à la relocalisation.
Questions fréquentes
Que prévoit l'appel d'offres de la DGA ?
Selon le texte de l’appel d’offres, la DGA recherche un industriel capable de qualifier, produire et fournir deux millions de cartouches de 12,7 x 99 mm au standard OTAN. L’accord-cadre prévoit un million de balles ordinaires et un million de munitions panachées (ordinaires + traçantes). La valeur maximale s’élève à 99 millions d’euros sur sept ans.
Pourquoi exclut-on les fournisseurs hors UE ?
L’appel d’offres impose que l’amorce, la poudre et les éléments métalliques (balle et étui) soient produits dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen. Cette exigence repose sur l’article 2342-7 du code de la commande publique. Elle s’inscrit dans une démarche de relocalisation de la filière française et européenne des munitions de petit calibre.
Qui sont les fournisseurs actuels des armées françaises ?
Selon un rapport parlementaire d’octobre 2022, les principaux fournisseurs des armées françaises en cartouches 12,7 x 99 mm sont FN Browning Group (Belgique), NAMMO (Norvège) et IMI (Israël). Avec la nouvelle exigence européenne, IMI ne pourra plus participer aux appels d’offres concernés.
Combien d'industriels sont candidats à la relocalisation ?
Selon Catherine Vautrin, ministre des Armées, quatre industriels européens se sont portés candidats au projet plus large de relocalisation de la filière des munitions de petit calibre. Les offres initiales ont été remises le 2 décembre 2025 et les offres finales étaient attendues le 14 avril 2026.











