Marine nationale : le projet d’avion A321 PATMAR reporté

Avion A321 PATMAR

En février 2025, Airbus a confirmé une information notable. Son avion commercial A321XLR avait bel et bien été retenu, par la Direction générale de l’armement (DGA). Cet appareil devrait préparer la succession de l’avion de patrouille maritime (PATMAR) Atlantique 2. La DGA lui a aussi notifié un contrat de levée de risques, d’une durée de vingt-quatre mois, ainsi qu’à Thales.

L'A321XLR préféré au Falcon 10X de Dassault

Le choix de l’A321XLR avait été fait aux dépens du Falcon 10X, proposé par Dassault Aviation. La Marine nationale avait en effet souhaité un avion PATMAR à grande capacité d’emport de munitions. Le futur missile antisurface FMAN de MBDA en ferait partie. L’avion devait aussi pouvoir embarquer un second équipage, pour les vols de longue durée.

Pour rappel, le ministère des Armées comptait remplacer les Atlantique 2 de l’Aéronautique navale. Cela s’inscrivait dans le cadre du projet MAWS (Maritime Airborne Warfare Systems). Celui-ci devait faire l’objet d’une coopération avec l’Allemagne. Ce projet a toutefois échoué. Berlin a finalement décidé d’acquérir des avions PATMAR P-8A Poseidon auprès de Boeing. L’objectif allemand était de hâter le retrait des P-3C Orion de la Deutsche Marine.

Le dossier de lancement ne serait pas signé avant fin 2026

Quoi qu’il en soit, le Plan annuel de performance (PAP) du programme 146 « Équipements des forces » avait apporté une précision importante. Ce document a été publié en octobre dernier, en annexe du projet de loi de finances initiale 2026. Il indiquait que la réalisation du programme « PATMAR futur » allait être lancée en 2026. Près de 3 milliards d’euros en autorisation d’engagement devraient y être consacrés.

Seulement, selon des informations publiées par Le Marin et Air & Cosmos, un changement de calendrier se profilerait. Le dossier de lancement en réalisation (DLR) de l’A321 PATMAR ne devrait finalement pas être signé, d’ici la fin de cette année. L’une des raisons resterait liée à un coût trop élevé.

D’après Air & Cosmos, la DGA et Airbus négocieraient actuellement, pour faire entrer les propositions dans le budget disponible. Un report de la phase DLR comporterait toutefois un risque réel. Selon l’hebdomadaire spécialisé, « l’instabilité décisionnelle, liée à l’élection de 2027, pourrait repousse la décision au-delà ». Ce report pourrait même faire passer ce dossier en bas de la liste des priorités. Des considérations liées aux performances et à la souveraineté pourraient aussi entrer en ligne de compte, ajoute la publication.

L'amiral Vaujour inquiet lors de sa dernière audition

En mai, l’amiral Nicolas Vaujour a donné son ultime audition parlementaire, en qualité de chef d’état-major de la Marine nationale (CEMM). Il y avait semblé inquiet. Le programme « PATMAR futur » suscitait déjà, selon lui, des interrogations.

Le programme devait être lancé en réalisation d’ici fin 2026, selon lui. Le premier avion serait attendu en 2034. La première capacité opérationnelle suivrait en 2035, et la pleine capacité opérationnelle un peu plus tard. Le retrait du service actif des Atlantique 2 devrait intervenir en 2040. Ce calendrier resterait donc particulièrement serré. « Nous n’avons donc pas le droit à l’erreur », avait-il en effet prévenu.

L’amiral Vaujour avait aussi rappelé un point important. La Marine nationale aurait rénové ses Atlantique 2 au dernier standard 6, en 2026. La Marine nationale disposerait ainsi de 18 avions à ce standard, à faire durer jusqu’en 2040 au plus tard. Ce défi resterait considérable, selon lui.

Le renouvellement du contrat Océan, dédié à l’entretien des avions de patrouille maritime, devrait intervenir fin 2026, début 2027. Les industriels devraient donc garantir la continuité capacitaire, entre 2035 et 2040.

Le P-8A Poseidon, un « plan B » déjà envisagé

Si la DGA et Airbus ne parvenaient pas à s’entendre, le P-8A Poseidon pourrait alors succéder à l’Atlantique 2. En novembre 2024, alors que le choix de l’A321XLR semblait acté, La Tribune avait en effet révélé un élément notable. La Marine nationale considérerait l’achat sur étagère de l’appareil de Boeing comme un éventuel « plan B ».

Ce qu'il faut retenir

  • Le dossier de lancement en réalisation de l’A321 PATMAR ne serait finalement pas signé d’ici la fin de l’année. Un coût jugé trop élevé en serait la principale raison.
  • Ce report interviendrait alors que le projet de loi de finances 2026 avait prévu près de 3 milliards d’euros pour ce programme.
  • L’amiral Nicolas Vaujour avait averti, dès mai dernier, que ce calendrier extrêmement serré ne laissait aucune place à l’erreur.
  • La Marine nationale doit faire durer 18 Atlantique 2 rénovés au standard 6, jusqu’en 2040 au plus tard.
  • Le P-8A Poseidon, déjà choisi par l’Allemagne, resterait envisagé comme un « plan B ». Cela vaudrait si les négociations entre la DGA et Airbus échouaient.

Questions fréquentes

Pourquoi le programme A321 PATMAR est-il reporté ?

Selon Le Marin et Air & Cosmos, un coût jugé trop élevé expliquerait principalement ce report. La DGA et Airbus négocient actuellement pour faire entrer leurs propositions dans le budget disponible.

La DGA avait retenu l’A321XLR d’Airbus en février 2025, aux dépens du Falcon 10X de Dassault Aviation. Le P-8A Poseidon de Boeing reste toutefois envisagé comme un plan B alternatif, si les négociations échouent.

Ce projet a échoué lorsque l’Allemagne a finalement décidé d’acquérir des P-8A Poseidon auprès de Boeing. L’objectif était de hâter le retrait de ses avions P-3C Orion vieillissants.

Selon l’amiral Nicolas Vaujour, les 18 Atlantique 2 rénovés au standard 6 devront rester en service jusqu’en 2040 au plus tard. Le retrait progressif serait prévu en cohérence avec l’arrivée du programme PATMAR futur.

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