Ce 15 janvier, le président de la République a présenté ses vœux aux armées. Les grandes priorités de l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM), la coalition des volontaires et l’Europe de la défense face au défi de la guerre en Ukraine ainsi que le service national : retour sur les principaux enseignements du discours présidentiel.

Vœux du Président Macron aux armées, le 15 janvier 2026 – © Ministère des Armées et des Anciens combattants
En direct de la base aérienne 125 d’Istres, Emmanuel Macron l’a affirmé : « L’année 2026 sera un test de crédibilité ». Le président s’est félicité de « cette décennie de réarmement français qui porte ses fruits ». Mais les chantiers restent nombreux, car « l’accélération des périls commande d’accélérer le réarmement de la France. Pour rester libre, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant. »
Actualisation de la LPM
Déjà, le 13 juillet dernier, le chef des armées avait annoncé une actualisation de la loi de programmation militaire afin d’accélérer le doublement du budget des armées, qui passera de 32 milliards d’euros en 2017 à 64 milliards d’euros en 2027, au lieu de 2030 prévu initialement. Concrètement, cet objectif demande un effort supplémentaire de 3,5 milliards d’euros dès 2026.
Pourquoi une telle somme ? « Pour préserver la crédibilité opérationnelle de nos armées et faire face, si nous devions y être confrontés, à un engagement majeur d’ici trois à quatre ans », a affirmé le Président. Cela passe par trois grandes priorités :
- Augmenter nos stocks de munitions de tous types et renforcer la préparation opérationnelle des armées.
- Garantir notre souveraineté :
- Se doter d’une alerte avancée. « Elle combinera un système d’alerte spatial, un système de radar de surveillance terrestre ainsi que des expérimentations. C’est la fameuse initiative franco-allemande de JEWEL. » Ce projet consolidera la dimension spatiale de notre stratégie de défense, en accélérant sur l’utilisation de constellations satellites en orbite basse pour améliorer la connectivité et l’acquisition de renseignements.
- Poursuivre le travail, développé avec les Européens, sur les feux dans la très grande profondeur. Pour Emmanuel Macron, « cette initiative que nous avons lancée, dite ELSA, prend tout son sens alors que nous venons d’observer pour la deuxième fois le tir d’un missile de très longue portée, dit Orechnik, par la Russie sur l’Ukraine. […] Nous sommes à portée de ces tirs. »
- Accélérer notre défense sol-air. « Nous avons des capacités, en particulier avec nos partenaires italiens et britanniques, le SAMPT Nouvelle Génération est une offre française et européenne, la meilleure au monde. »
- Améliorer et accélérer la capacité des armées à s’engager à court terme. Ce point nécessite de renforcer la protection de nos forces : défense, surface, air, lutte anti-drone, guerre dans le champ électromagnétique. « Il nous faut ensuite moderniser notre modèle d’armée avec en particulier des drones de tous types pour les trois armées », a poursuivi Emmanuel Macron. Tout comme il faut investir dans les innovations de rupture telles que le quantique et l’intelligence artificielle et « durcir les capacités du combat terrestre, du combat naval, de l’aviation et du transport. »
Enfin, cette réactualisation de la LPM inclut, pour la période 2026-2030, un effort de plus de 2 milliards d’euros pour le service national. « Les premiers appelés feront leur classe, dès septembre, pour venir renforcer les rangs de nos armées et renforcer la résilience de la Nation. » Un service qui renforcera le pacte armées-Nation au cœur de notre République.
Europe de la Défense
Ces efforts financiers et capacitaires doivent être pensés à l’échelle du continent, pour renforcer cette Europe de la défense qui devient une réalité selon le Président. En effet, l’Union européenne détient dorénavant des financements propres et a mis en place le principe de la préférence européenne1, un bond en avant vers un renforcement des développements capacitaires et achats en commun.
Dans un monde où le retour des puissances de déstabilisation n’est plus à prouver, et où « un nouveau colonialisme est à l’œuvre chez quelques-uns », nous devons continuer de durcir le modèle qui est le nôtre, et « nous devons le faire au niveau européen », martèle Emmanuel Macron. La réunion de la coalition des volontaires pour l’Ukraine, qui s’est tenue à Paris le 6 janvier dernier, en est la première illustration.
« Cette coalition des volontaires, qui rassemble 34 pays […] assure la totalité de l’effort de soutien à l’Ukraine aujourd’hui. 100% de ce qui est financé pour l’Ukraine dans sa guerre de résistance, c’est la coalition des volontaires qui le soutient », a souligné le chef des armées, avant d’ajouter : « Là où l’Ukraine était éminemment dépendante des capacités de renseignement américaines il y a un an, aujourd’hui, les deux tiers sont fournis par la France. »
Les Européens, ensemble, ont bâti des garanties de sécurité pour permettre une paix crédible, si elle devait être signée entre les deux belligérants. « Nous l’avons fait pour la première fois de notre histoire avec un commandement intégré franco-britannique, avec des quartiers généraux opérationnels au Mont-Valérien. Et en ayant associé nos partenaires et alliés américains dans les composantes où ils sont prêts à s’engager », s’est réjoui le chef de l’État.
1 La priorité donnée aux industries et aux capacités de défense européennes dans les appels d’offres, les coopérations et les investissements en matière de sécurité et de défense.
Participation à un exercice militaire au Groenland
« La France et les Européens doivent continuer, partout où leurs intérêts sont menacés, d’être là, sans escalade mais intraitables sur le respect de la souveraineté territoriale. » C’est par ces mots qu’Emmanuel Macron a confirmé la participation française à l’exercice danois Arctic Endurance au Groenland. « Une première équipe de militaires français est déjà sur place et sera renforcée dans les prochains jours par des moyens terrestres, aériens et maritimes. »
Ainsi, le Président l’a réaffirmé : « Nous sommes une puissance de stabilité partout où nous avons des territoires engagés, partout où la paix est menacée. Et nous le sommes en étant crédibles, fiables et lisibles. Des qualités rares dans le monde qui est le nôtre. »












