Le 68e Régiment d’artillerie d’Afrique (RAA) réorganise ses batteries de CAESAr pour mieux résister aux drones. Son chef de corps, le colonel Rémy Jaillet, en a expliqué le principe à Defense News. Cette évolution s’inscrit dans une réflexion plus large de l’armée de Terre sur la dispersion des unités.
Ukraine : une impasse tactique, selon le général Baratz
Le général Bruno Baratz dirige le Commandement du combat futur de l’armée de Terre (CFAT). Il a pris la parole lors de la journée innovation de la 7e Brigade blindée, le 9 septembre. Defense News a rapporté ses propos.
Selon lui, la transparence du champ de bataille place les deux belligérants ukrainiens dans une impasse tactique. Les systèmes défensifs seraient plus performants que les systèmes offensifs. Il faut donc se doter de capacités de déception, c’est-à-dire tromper l’adversaire.
« Comment pouvons-nous aveugler l’adversaire ? », a-t-il demandé. Il s’agirait de leurrer les capteurs ennemis. Ceux-ci ne pourraient plus détecter une concentration de forces avant une offensive. L’armée de Terre ne peut toutefois se concentrer sans la masse nécessaire pour déséquilibrer l’adversaire, estime le général.
L’une des solutions consisterait à disperser des unités plus petites, dotées de meilleures capacités. Elles pourraient se rassembler pour percer le dispositif ennemi. Le général Maxime Do Tran, qui commande la 7e brigade blindée, le préconise pour les pelotons blindés. Cette réflexion vaut aussi pour l’artillerie.
Le 68e RAA répartit ses CAESAr en trois sections
Une batterie se compose actuellement de deux sections de quatre pièces d’artillerie. Selon le modèle du 68e RAA, elle compte désormais trois sections de deux CAESAr. Les canons se répartissent ainsi sur une zone plus vaste.
Une section d’appui complète la batterie. Elle reconnaît les emplacements de tir et prépositionne des réserves de munitions. Elle met aussi en œuvre des capacités de leurrage.
Dans la zone de déploiement du régiment, les CAESAr se placeront dans une zone d’opacité avant leurs missions de tir. Ils y resteront dissimulés, en émettant le moins de rayonnement possible. La section de soutien installera des zones de ravitaillement en munitions et déploiera des leurres. Elle équipera aussi les positions de tir de cages métalliques de protection, où les CAESAr pourront se replier.
Les batteries seront dispersées sans vraiment l’être. Le système ATLAS les maintient reliées.
Des détachements d'observation plus complets
Les détachements de liaison, d’observation et de coordination du 68e RAA vont aussi évoluer. Ils étaient relativement autonomes. Ils deviendront des équipes combinant un véhicule blindé Griffon VOA, un radar Murin et des drones Delair DT46.
Ce modèle accroît la disponibilité des tirs, selon le colonel Jaillet. Il améliore donc la réactivité. « Des unités plus petites et plus dispersées améliorent également leur capacité à survivre », ajoute-t-il. Cela vaut dans un environnement dégradé, face à une forte menace de contre-batterie.
Ce qu'il faut retenir
- Le 68e RAA réorganise ses batteries de CAESAr pour mieux résister aux drones.
- Une batterie compte désormais trois sections de deux CAESAr, au lieu de deux sections de quatre pièces.
- Une section d’appui reconnaît les positions de tir, prépositionne les munitions et déploie des leurres.
- Les batteries restent reliées par le système ATLAS malgré leur dispersion.
- Les détachements d’observation combinent un Griffon VOA, un radar Murin et des drones Delair DT46.
Questions fréquentes
Pourquoi le 68e RAA réorganise-t-il ses batteries ?
Il veut accroître leur protection contre les drones. Des unités plus petites et plus dispersées survivent mieux, selon son chef de corps. Cela vaut face à une forte menace de contre-batterie.
Comment une batterie de CAESAr est-elle organisée désormais ?
Elle compte trois sections de deux CAESAr. Une section d’appui la complète.
À quoi sert la section d'appui ?
Elle reconnaît les emplacements de tir et prépositionne des réserves de munitions. Elle met aussi en œuvre des leurres.
Comment les batteries restent-elles coordonnées ?
Le système ATLAS les maintient reliées, malgré leur dispersion.












