PANG : rôle des centres d’expertise et d’essais de la DGA dans le développement de ce programme majeur

Lancé en réalisation fin 2025, le nom du porte-avions de nouvelle génération (PANG) vient d’être dévoilé par le président de la République. Une occasion pour la DGA de braquer ses projecteurs sur le rôle de ses centres d’expertise et d’essais dans le développement de ce programme majeur.

DGA Ingénierie et projets, une force d’ingénierie au service de tous les programmes d’armement

DGA Ingénierie et projets (DGA I&P) joue un rôle central en pilotant la définition et l’architecture générale du navire. Ses architectes de haut niveau interviennent sur l’ensemble des domaines structurant :  la coque propulsée, la maîtrise de la sécurité nucléaire, la fonction aviation, ou encore le système de combat et le système numérique du navire. Le centre apporte aussi son expertise sur des fonctions critiques telles que la conduite de la plateforme et la sécurité incendie.

Dans le cadre d’un navire aussi complexe, connecté et intégré à un groupe aéronaval, le centre assure la gestion d’une centaine d’interfaces, avec l’ensemble des programmes d’armement, qu’ils soient du domaine numérique, aéronautique ou drones mais aussi avec le programme d’infrastructure. 

Enfin, le centre garantit la conformité réglementaire du porte-avions notamment en matière d’environnement, de sécurité nautique, pyrotechnique et de protection des biens et des personnes Et ce grâce au concours des experts et architectes de l’ensemble des centres de la DGA.

Architecture navale et intégration des systèmes

DGA Techniques navales joue également un rôle essentiel en intervenant sur l’ensemble de cycle de vie du futur porte-avions. Le centre apporte son expertise dans de nombreux domaines tels que l’architecture navale, la vulnérabilité, la maîtrise des signatures, le système de combat, l’intégration des armements, l’architecture numérique, la sûreté nucléaire ainsi que l’intégration des systèmes de mise en œuvre des aéronefs et la simulation. 

Lors des phases amont, DGA Techniques navales a contribué à l’optimisation des installations aéronautiques et à la définition de l’aménagement du pont d’envol, qui disposera de 5200 m² de plus que le porte-avions actuel. Il a également conduit, avec DGA Techniques terrestres et les forces, des essais de vulnérabilité pour optimiser le blindage de certains espaces du navire. 

Aujourd’hui, le centre contribue à la définition de l’architecture numérique du futur porte-avions, conçue pour être data centrée, ouverte, sécurisée et évolutive. Une première plateforme sera livrée en 2026 pour tester les fonctions critiques avant leur intégration à bord, avant l’arrivée de la plateforme de référence qui sera utilisée pour les travaux de développement du système de combat.

Le centre apporte également son expertise dans l’intégration et la qualification des systèmes de communication du futur porte-avions, grâce à une plateforme d’essais dédiée regroupant moyens antennaires, équipements radio et satellites… permettant ainsi d’anticiper les risques techniques.

Enfin, DGA Techniques navales intervient sur d’autres aspects : sécurité et protection du navire face aux menaces, intégration et mise en œuvre des aéronefs, avec des défis technologiques à relever comme l’intégration de catapultes électromagnétiques et de brins d’arrêt de nouvelle génération, de nouveaux systèmes d’aide à l’appontage ainsi que la protection contre la corrosion.

Au cœur de la conception propulsive du porte-avions de nouvelle génération

Parmi les autres acteurs clés du programme, DGA Techniques hydrodynamiques occupe une place prépondérante en tant que référent national de l’hydrodynamique et des propulseurs, deux domaines essentiels pour la conception des navires militaires. Tous les propulseurs des grands navires de la Marine nationale ont été mis au point par ce centre d’expertise de la DGA.

Pour le porte-avions de nouvelle génération, le dessin des propulseurs repose sur une approche incrémentale. Plusieurs géométries ont été définies, puis évaluées par simulation numérique et par des essais en modèle réduit, avant d’aboutir à une solution optimale. « Nous sommes partis de notre banque de données qui compte des milliers de formes d’hélices modélisées » explique Damien, responsable technique du programme PANG à DGA TH. « Nous avons sélectionné des spécimens correspondant aux performances attendues, compatibles avec la forme de coque ».  Ensuite, hélice et carène évoluent ensemble. De l’harmonie de ce couple, naît la performance du bateau. 

Pour valider les choix de conception, DGA TH mène des essais, à partir de maquettes conçues et fabriquées par les équipes du centre, dans des infrastructures uniques en Europe. Des modèles d’hélices à échelle réduite ainsi qu’une maquette représentant la carène ont notamment été testés dans un grand tunnel hydrodynamique, permettant de mesurer les vibrations générées par l’hélice, son efficacité propulsive mais aussi le phénomène de cavitation, un paramètre critique pour les performances propulsives du navire. 

Des campagnes d’essais complémentaires, destinées à évaluer la manœuvrabilité, la tenue à la mer et la stabilité du navire, ont été menées dans un immense bassin de 600 mètres de long capable de reproduire un large éventail de conditions maritimes, notamment des houles sévères. Objectif : être capable de prédire les mouvements et performances du futur porte-avions quelles que soient les conditions de mer et de navigation. 

La dimension numérique au cœur du porte-avions de nouvelle génération

Expert du numérique dans les systèmes d’armes, DGA Maîtrise de l’informationcontribue au développement du futur porte-avions en mettant à profit son expertise dans des domaines stratégiques tels que la navigation, l’optronique, la guerre électronique et le socle numérique sécurisé. Le centre a notamment conduit des évaluations en simulation de différentes architectures de la chaîne de navigation et des analyses de performance de système optronique face à diverses menaces. 

Ce centre de pointe de la DGA met également son expertise au profit du socle numérique sécurisé, composante essentielle de l’architecture numérique distribuée du PANG. Il contribuera notamment au dérisquage de son développement et aux tests d’évaluation sur plateforme étatique, y compris dans le domaine cyber.

Une expertise aéronautique déterminante

DGA Essais en vol et DGA Techniques aérospatiales jouent un rôle majeur dans la tenue des performances aéronautique à bord du porte-avions de nouvelle génération. Une campagne d’essais a été menée aux Etats-Unis pour vérifier la compatibilité du Rafale avec les catapultes électromagnétiques de General Atomics (EMALS Electromagnetic Aircraft Launch System) et les nouveaux systèmes de brins d’arrêt (Advanced Arresting Gear). Ces travaux préfigurent les essais aéronautiques qui seront menés à bord du porte-avions. 

DGA Essais en vol mobilise également ses moyens de simulation au profit du programme. Des pilotes d’essais de la DGA et de l’aéronavale ont ainsi évalué, sur simulateurs, différentes configurations de feux de pont, essentiels pour les opérations d’appontage et de catapultage. L’objectif était d’identifier une solution conciliant les exigences opérationnelles et les contraintes techniques du pont. 

Par ailleurs, la passerelle AVIA, dédiée à la gestion du trafic aérien à bord, a été modélisée pour permettre aux opérateurs de visualiser leur futur environnement de travail afin d’affiner leurs besoins. DGA Essais en vol travaille aussi avec la Marine nationale, sur des solutions innovantes, comme les lunettes de réalité mixte destinées aux officiers d’appontage, qui fourniront des données pertinentes sur les paramètres de vol des aéronefs prêts à apponter.

Par son savoir-faire et son expertise, DGA Essais en vol contribue à garantir la compatibilité des systèmes aéronautiques avec le navire, tout en optimisant les conditions de travail des équipages.

Une coopération d’expertise au service d’un programme stratégique

D’autres centres de la DGA apportent leurs compétences spécifiques. DGA Techniques aérospatiales interviendra sur tous les systèmes destinés à se poser sur le futur porte-avions pour vérifier leur compatibilité électromagnétique avec les installations du navire. En tant qu’expert référent matériaux, le centre a déjà réalisé des essais portant sur les peintures et le revêtement du pont d’envol, pour évaluer leur résistance aux chocs, à la corrosion et leur inflammabilité.

De son côté, DGA Essais de missiles a réalisé des simulations visant à analyser les réactions des munitions embarquées en cas d’accidents afin d’assurer la sécurité pyrotechnique à bord.

Enfin, DGA Essais propulseurs met à profit son expertise et ses installations uniques en Europe. Le centre a ainsi réalisé des simulations aérothermiques des jets moteurs d’avions de chasse au décollage. Ces études visent à modéliser l’augmentation de température sur les déflecteurs de jet due à une exposition aux gaz émis par les moteurs des aéronefs.

Ce programme illustre l’excellence technique et technologique des centres de la DGA, qui jouent un rôle déterminant dans le développement des grands systèmes navals, depuis les premières études jusqu’à la mise en service opérationnelle.

Les plus lus

À lire aussi