Anne Cullerre est devenue la première femme vice-amirale de la Marine nationale française. Sa carrière est ainsi marquée par l’audace, et par l’ouverture progressive des postes opérationnels aux femmes. Aujourd’hui reconvertie comme conférencière et coach, elle met désormais son expérience du commandement au service de la transmission.
Une pionnière dès l'ouverture des bâtiments de combat aux femmes
Anne Cullerre est entrée dans la Marine nationale en 1981. À son arrivée, les femmes n’étaient pas encore autorisées à embarquer sur les navires de combat. Douze ans plus tard, en 1993, la Marine a ouvert l’embarquement aux femmes. Anne Cullerre a alors fait partie des premières à monter à bord. Selon elle, « quand la porte s’est ouverte, j’ai mis le pied dedans ».
Tout au long de sa carrière, elle a enchaîné les premières :
- première femme à embarquer sur un bâtiment de combat ;
- première à commander une équipe opérationnelle aux côtés de commandos et de fusiliers marins ;
- première commandante supérieure des forces françaises en outre-mer ;
- première sous-cheffe des opérations de la Marine.
Elle attribue ce parcours à sa capacité à saisir les opportunités, au bon moment.
Une nuit décisive en mer Rouge
Parmi ses souvenirs marquants, Anne Cullerre évoque une nuit en mer Rouge, lors d’un ravitaillement en mer entre deux navires. Cette manœuvre, tendue et minutieuse, lui a ainsi laissé un sentiment fort d’être exactement à sa place. Selon elle, ce moment résume ce que signifie être militaire : la responsabilité, la précision, et l’esprit collectif.
Elle y voit aussi une illustration de sa conception du mérite. Pour elle, la chance ouvre une porte, mais le mérite consiste à avoir le courage de la franchir.
Le commandement des forces françaises en Polynésie
Anne Cullerre a commandé les forces françaises en Polynésie française. Elle a ainsi dirigé entre 1 500 et 1 700 personnes : marins, aviateurs et soldats. Elle décrit cette affectation comme l’un de ses plus beaux souvenirs. Cela tient à la fois à la beauté du territoire et à la responsabilité qu’elle impliquait. Dans cette zone stratégique de l’Asie-Pacifique, elle représentait ainsi l’état-major français auprès de ses homologues étrangers.
Elle raconte que sa présence, en tant que femme commandant en Polynésie, suscitait souvent la surprise. Loin d’avoir été un frein, selon elle, être une femme a parfois constitué un avantage. Cela pouvait en effet générer de l’intérêt, de la curiosité, voire un respect supplémentaire.
Une trajectoire que rien ne prédestinait
Anne Cullerre explique s’être épanouie dans l’armée, une institution qui a résonné avec son tempérament. Elle se décrit ainsi comme une bonne élève, capable de suivre un cadre clair, mais aussi animée d’une grande curiosité. Rien, pourtant, ne la prédestinait à cette trajectoire.
Elle raconte avoir été une élève moyenne, notamment en mathématiques. Elle serait même sortie dernière de sa première école dans la Marine, faute d’intérêt pour les tâches administratives. Elle est pourtant devenue, plus tard, la première femme vice-amirale de la Marine française.
Une reconversion tournée vers la transmission
Après trente-cinq années de service, Anne Cullerre a raccroché l’uniforme, sans renoncer à son engagement. Elle s’est reconvertie comme coach professionnelle et conférencière, formée aux techniques d’accompagnement en entreprise. Elle intervient désormais auprès de cadres dirigeants, notamment sur les questions de leadership.
Selon elle, le syndrome de l’imposteur revient d’ailleurs souvent dans ses échanges, en particulier avec des femmes. Elle affirme avoir elle-même connu ce sentiment, avant de s’en affranchir. Elle souhaite aujourd’hui aider d’autres personnes à faire de même. Elle considère ce rôle de coach comme une continuité de sa carrière militaire. Il reste, selon elle, centré sur l’humain et sur l’esprit d’équipage.
Le Trophée Joséphine, une reconnaissance récente
Anne Cullerre a récemment reçu le Trophée Joséphine, une reconnaissance qu’elle dit ne pas avoir anticipée. Ce prix est décerné chaque année par la région Pays de la Loire, à des femmes jugées audacieuses et inspirantes. Elle décrit cette distinction comme une surprise, mais aussi comme une occasion de transmission. Selon elle, ce trophée envoie un signal aux jeunes filles : leur montrer qu’une telle trajectoire reste possible.
Ce qu'il faut retenir
- Anne Cullerre est la première femme vice-amirale de la Marine nationale française, entrée dans l’institution en 1981.
- Elle a fait partie des premières femmes à embarquer sur un bâtiment de combat. Ces postes se sont ouverts aux femmes dès 1993.
- Elle a commandé les forces françaises en Polynésie française, à la tête de 1 500 à 1 700 personnes.
- Après 35 ans de service, elle s’est ainsi reconvertie comme coach professionnelle et conférencière, spécialisée sur les questions de leadership.
- Elle a récemment reçu le Trophée Joséphine, décerné par la région Pays de la Loire à des femmes inspirantes.














