Le groupe suédois Saab enchaîne ainsi les commandes pour son avion d’alerte avancée GlobalEye. Cela se fait notamment aux dépens de l’E-7A Wedgetail de Boeing, et de l’Aeris X de L3Harris.
Une série de commandes depuis le début de l'année
En décembre, la France a commandé deux GlobalEye, pour 1,1 milliard d’euros. Deux autres exemplaires doivent en effet suivre. Ces appareils permettront à l’armée de l’Air et de l’Espace de remplacer ses quatre E-3F SDCA. Ce sigle désigne le Système de détection et de commandement aéroportés.
Quelques mois plus tard, le Canada a fait part de son intérêt pour cet appareil. Le pays a ainsi ouvert des négociations exclusives, pour six unités. Ce programme est en effet doté d’une enveloppe de 3,4 milliards d’euros.
L’Otan a confirmé son intention lors de son sommet à Ankara, le 7 juillet. Elle veut ainsi remplacer ses quatorze anciens E-3A Sentry. L’Alliance prévoit d’acquérir jusqu’à dix GlobalEye. Les détails contractuels, comme le prix ou les délais de livraison, restent toutefois à finaliser.
Un contrat de 915 millions d'euros avec un pays du Moyen-Orient
Le 27 juillet, Saab s’est ainsi félicité d’avoir signé un nouveau contrat. Sa valeur atteint 10,1 milliards de couronnes suédoises, soit environ 915 millions d’euros. Il porte sur la livraison de deux GlobalEye à un pays du « Moyen-Orient ».
Ce client a tenu à ne pas être identifié, pour des impératifs de « sécurité nationale ».
« Une capacité AEW&C éprouvée », selon le PDG de Saab
Micael Johansson, PDG de Saab, a commenté cette commande dans un communiqué. Selon lui, elle souligne l’engagement de l’entreprise à fournir « une capacité AEW&C multidomaine éprouvée en mission ». Il estime aussi que l’intérêt international pour le GlobalEye ne cesse de croître. Selon lui, cela témoigne de son efficacité dans les opérations modernes de défense aérienne.
Un avion d'affaires converti en radar volant
Le GlobalEye repose sur un avion d’affaires Bombardier Global 6000, ou Global 6500. Il est doté d’un radar à balayage électronique, dont la portée de détection dépasse 550 kilomètres. L’appareil embarque aussi, par ailleurs, une suite de capteurs résistants au brouillage électronique.
Il peut voler pendant onze heures. Selon Saab, il combine de bonnes performances de vol avec des coûts de maintenance réduits. L’industriel met aussi en avant sa capacité à assurer une surveillance aérienne, maritime et terrestre, en temps réel.
Qui est ce client « mystère » ?
Plusieurs pays du Moyen-Orient pourraient correspondre à ce profil. Les Émirats arabes unis disposent déjà de cinq GlobalEye. Ils pourraient avoir passé une nouvelle commande. Des images satellites, prises en mars, alimentent cette hypothèse. Elles suggèrent qu’un hangar abritant leurs avions d’alerte avancée a été touché par une frappe iranienne, contre la base aérienne d’al-Dhafra.
L’Arabie saoudite constitue par ailleurs un autre candidat probable. Sa force aérienne exploite en effet cinq E-3 AEW, ainsi que deux Saab 2000 AEW&C. Ces derniers dérivent du Saab 340, une version allongée développée à la fin des années 1980. Ses avions d’alerte avancée devront tôt ou tard être modernisés, voire remplacés.
L’Égypte constitue une autre hypothèse. Le pays est considéré comme faisant partie du Moyen-Orient. Il aligne sept E-2C Hawkeye, des appareils de conception ancienne.
Ce qu'il faut retenir
- Saab a signé, le 27 juillet, un contrat de 915 millions d’euros. Il porte sur la livraison de deux GlobalEye à un pays du Moyen-Orient non identifié.
- Trois autres clients se sont manifestés cette année : la France (2 GlobalEye, 1,1 milliard d’euros), le Canada (négociations pour 6 unités) et l’Otan (jusqu’à 10 unités).
- Le GlobalEye repose sur un Bombardier Global 6000/6500. Son radar dépasse 550 km de portée, pour une autonomie de vol de 11 heures.
- Les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et l’Égypte figurent parmi les candidats probables au titre de client mystère.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le GlobalEye de Saab ?
Quel pays a commandé deux GlobalEye pour 915 millions d'euros ?
Quels autres pays ont commandé ou envisagent d'acquérir le GlobalEye ?
Qui pourrait être ce client mystère ?
Plusieurs pays du Moyen-Orient sont évoqués comme candidats probables. Il s’agit des Émirats arabes unis, déjà équipés de cinq GlobalEye, de l’Arabie saoudite, dont les avions d’alerte avancée vieillissent, et de l’Égypte, qui aligne des E-2C Hawkeye anciens.














