Au cours de son histoire récente, la Gendarmerie nationale a possédé au moins quatre véhicules indissociables de son identité. Il s’agit de la motocyclette BMW R50, de l’Alpine A110, de l’Estafette et de la Renault 4.
Un retour aux sources pour les motards
Les motocyclistes de la Gendarmerie ont souvent changé de monture, au cours des quarante ou cinquante dernières années. L’institution est, en quelque sorte, revenue aux sources en abandonnant Yamaha. Elle s’est ainsi tournée à nouveau vers le constructeur allemand BMW, avec une commande de 440 R1300RT. Les 40 premiers exemplaires ont d’ailleurs défilé sur les Champs-Élysées, lors du dernier défilé.
La controverse des Seat Leon CUPRA en 2021
Ce retour aux sources s’était aussi posé en 2021. Il fallait alors remplacer les Renault Megane 16S des Équipes rapides d’intervention (ERI). La décision d’acquérir des Seat Leon CUPRA avait alors suscité une petite polémique. Certains, notamment parmi les parlementaires, auraient préféré un modèle français, comme la nouvelle Alpine A110 Pure.
Le général Christian Rodriguez, alors directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN), avait admis avoir découvert tardivement ce choix. Il avait aussi justifié ce choix par l’évolution des règles de passation de marché, désormais au niveau européen. Selon lui, « on ne fait plus comme on faisait avant ».
Un second appel d’offres a finalement été émis. Vingt-six Alpine A110 Pure ont ainsi été acquises par la Gendarmerie, en octobre 2021.
La Renault 4 E-Tech, une relance électrique
Autre véhicule emblématique, la Renault 4 va aussi faire son retour au sein de la Gendarmerie. En octobre 2024, après la R5, le constructeur français a relancé la mythique Renault 4. Ce modèle avait été produit à 8 millions d’exemplaires entre 1961 et 1992, dont 14 000 pour la Gendarmerie. Il porte désormais le nom de « Renault 4 E-Tech ».
Avec l’allure d’un petit SUV urbain, ce modèle est entièrement électrique. La rusticité du tableau de bord d’antan a laissé place à un système connecté. Son autonomie atteindrait environ 400 km, selon l’usage. Son prix se situe entre 30 000 et 35 000 euros. Cette fourchette tranche avec ce que les gendarmes ont connu avec l’ancienne « 4L ».
Seule la Guadeloupe équipée, pour l'instant
Pour le moment, il n’est pas question d’équiper l’ensemble des brigades de Renault 4 E-Tech. Seules les unités établies en Guadeloupe en seront dotées, du moins dans un premier temps.
C’est en tout cas ce qu’a laissé entendre la PME Gyrtech, spécialiste de l’aménagement des véhicules spéciaux. Le 2 août, elle a diffusé les photographies de la première 4L de nouvelle génération destinée aux gendarmes. Selon l’entreprise, « nous sommes fiers de vous présenter la toute première Renault R4 électrique équipée en version gendarmerie ». Ce véhicule sort tout juste des ateliers de la gendarmerie de Guadeloupe. Plusieurs semaines de collaboration avec le partenaire BRL Distribution ont été nécessaires. Il s’agit, selon Gyrtech, du premier d’une série à venir.
Et l'Estafette, la prochaine à revenir ?
Après la 4L, la Gendarmerie va-t-elle aussi renouer avec l’Estafette, son « couteau-suisse » des années 1960 à 1980 ? Renault a en tout cas l’intention de relancer la production de cette fourgonnette, elle aussi en version entièrement électrique.
Ce qu'il faut retenir
- La Renault 4 E-Tech, version électrique de la mythique 4L, fait son retour à la Gendarmerie nationale.
- Pour l’instant, seules les unités établies en Guadeloupe seront équipées de ce véhicule.
- Son autonomie atteindrait environ 400 km, pour un prix compris entre 30 000 et 35 000 euros.
- Ce retour s’inscrit dans une tradition plus large : BMW pour les motards, Alpine A110 pour les ERI.
- Renault envisage aussi de relancer l’Estafette en version électrique, un autre véhicule emblématique de la Gendarmerie.













