Char du futur : le projet MGCS se poursuit, assure Paris

Projet MGCS chars

Le ministère des Armées assure que le projet franco-allemand de Système principal de combat terrestre (MGCS) se poursuit. Selon son communiqué, le MGCS continue, avec un calendrier décalé. Cette précision répond aux propos du chef d’état-major des armées (CEMA), le général Fabien Mandon, sur le retrait de l’Allemagne.

Un projet lancé en 2017, ralenti par des désaccords

Annoncé en 2017, le MGCS visait à concevoir un nouveau char. Celui-ci devait s’associer à d’autres plateformes, robotisées ou non, dans un réseau de combat, d’ici 2040.

Comme le Système de combat aérien du futur (SCAF), le projet a rencontré des désaccords entre industriels. L’arrivée de Rheinmetall, imposée par Berlin, y a contribué. Cependant, l’armée de Terre et la Heer se sont entendues sur une fiche commune d’expression des besoins. La Heer est la force terrestre allemande. Les deux pays ont donc relancé le projet. L’accord de la phase 1A, signé en avril 2024, en fixe le cadre.

Cet accord prévoyait la création de la MGCS Project Company. Cette coentreprise appartient à parts égales à KNDS France, Thales, KNDS Deutschland et Rheinmetall.

Dans le même temps, le MGCS n’était pas une priorité pour la Heer. Elle s’apprêtait en effet à mettre en service le Leopard 2A8, dernière évolution du Leopard 2. KNDS Deutschland et Rheinmetall ont alors lancé le développement du Leopard 3, une solution transitoire. Ils coordonnaient pourtant le projet européen MARTE (Main Armored Tank of Europe).

Le développement d’un char franco-allemand prendrait ainsi une dizaine d’années de retard, au mieux. La France a donc décidé de se doter d’une capacité intermédiaire (CAPINT). Elle doit remplacer le char Leclerc à l’horizon 2038.

Le général Mandon évoque un choix allemand

Lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le 8 octobre, le général Mandon a évoqué le MGCS. Selon lui, l’Allemagne a décidé de quitter le projet de futur char de combat. « Ce n’est pas un échec complet, c’est un choix allemand important », a-t-il ajouté. Les armées de terre des deux pays ont travaillé ensemble pendant plusieurs années. Elles réfléchissaient à ce que devait être un futur char de combat.

Le CEMA maintient toutefois un besoin. Il veut toujours une capacité de combat lourde, car la puissance de feu d’un char reste pertinente. Il envisage aussi des plateformes qui se complètent avec des robots et de l’intelligence artificielle. Elles demanderaient moins de personnel et s’appuieraient davantage sur les échanges de données.

Le retrait progressif du Leclerc débutera en 2038. Il faut donc lancer les études dès maintenant, selon le général, pour tenir cette échéance.

Le ministère des Armées parle d'un projet décalé

Le ministère des Armées a ensuite publié un communiqué. Il précise que le MGCS continue, avec un calendrier décalé. Selon lui, le projet « a permis aux deux armées de définir un besoin commun ».

L’offre industrielle remise début 2026 était incompatible avec le remplacement des chars actuels. Celui-ci reste nécessaire à l’horizon 2037. La partie allemande a par ailleurs lancé une étude nationale pour remplacer le Leopard 2.

La mise en service du MGCS se décale vers la fin des années 2040. La France a donc choisi de lancer une capacité intermédiaire. Celle-ci reposera sur des technologies modernes. Elle pourra intégrer progressivement les fonctions innovantes du MGCS. Le ministère insiste ainsi sur l’intérêt majeur du projet. Il le recentre sur la connectivité renforcée, le combat collaboratif, l’automatisation et la robotisation.

Le CFAS de Brühl a confirmé le MGCS, sans le char commun

Le compte rendu du Conseil franco-allemand de défense et de sécurité (CFAS) va dans le même sens. Ce conseil s’est tenu à Brühl le 17 juillet. Il confirme le MGCS. Il ne confirme toutefois pas le char de combat commun sur lequel le projet devait reposer.

Les deux pays « étudieront une approche pour le combat collaboratif dans le cadre d’un programme de recherche », selon ce document. Elles la développeront jusqu’à la démonstration de faisabilité. Cette approche devra s’adapter aux véhicules sur chenilles, avec ou sans équipage. Elle intégrera aussi la conduite autonome et des technologies de capteurs. Pendant ce temps, l’Italie prépare ses propres chars avec Leonardo et Rheinmetall.

Ce qu'il faut retenir

  • Le ministère des Armées assure que le MGCS continue, avec un calendrier décalé.
  • Le général Mandon a évoqué le retrait de l’Allemagne du projet de futur char.
  • La France lance une capacité intermédiaire pour remplacer le Leclerc à l’horizon 2038.
  • Le CFAS de Brühl a confirmé le MGCS, mais pas le char commun.
  • Le MGCS se recentre ainsi sur le combat collaboratif, l’automatisation et la robotisation.

Questions fréquentes

Le MGCS est-il abandonné ?

Non, selon le ministère des Armées. Le projet continue, avec un calendrier décalé. Il se recentre sur la connectivité et le combat collaboratif.

Le calendrier du MGCS se décale vers la fin des années 2040. Or, le Leclerc doit quitter progressivement le service à partir de 2038.

Il a évoqué la décision allemande de quitter le projet de futur char. Il a également réaffirmé un besoin de capacité de combat lourde.

Il a confirmé le MGCS, mais pas le char de combat commun. La France et l’Allemagne étudieront une approche de combat collaboratif.

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