Depuis plusieurs années, KNDS France mène le projet Caméléon-Salamandre. Ce projet vise ainsi à mettre au point un camouflage capable de s’adapter, en temps réel, à l’environnement. Il repose sur une « peau active », composée d’écrans pixelisés, et sur un algorithme d’intelligence artificielle. Cette solution n’est toutefois pas encore opérationnelle.
CAMTAC, un camouflage dix fois plus efficace
En attendant, l’armée de Terre mise sur le CAMTAC (CAMouflage TACtique). Ce système serait dix fois plus efficace que le camouflage porté par ses blindés depuis plus de trente ans. Ce système s’inspire du mouvement cubiste. Son principe consiste à coller des motifs géométriques sur un véhicule en livrée « Brun Terre de France » (BTF), selon l’environnement.
L’an passé, la Direction générale de l’armement (DGA) a ainsi émis un appel d’offres pour ce système. Il porte sur 52 000 poches, comprenant chacune 100 adhésifs, à livrer d’ici la fin 2026.
Des filets Barracuda commandés à Saab en 2024
En 2024, le ministère des Armées a aussi passé une commande. Elle portait sur 3 000 filets de camouflage multispectral « Barracuda ». Le suédois Saab les fournit, associé à la PME française Solarmtex. Cette commande s’inscrit dans le programme FENRIR (Filet écran radar IR). Elle vise à améliorer la discrétion des postes de commandement. Cela concerne l’armée de Terre, ainsi que l’armée de l’Air et de l’Espace.
Un appel d'offres pour remplacer les écrans de camouflage rapide
Un autre projet vient d’entrer dans une nouvelle phase. Le 31 juillet, la DGA a diffusé un appel d’offres. Il vise à notifier un accord-cadre. Celui-ci porte sur la livraison de systèmes multispectraux de camouflage rapide (LOKI CR) et semi-permanent (LOKI SP), pour les véhicules terrestres.
Ces systèmes doivent remplacer les actuels écrans de camouflage rapide (ECR). Ceux-ci ont fait leur temps, face à la multiplication des capteurs sur le champ de bataille.
Selon la DGA, ces capteurs sont de plus en plus performants. Les systèmes LOKI doivent donc réduire la signature globale des véhicules, qu’ils soient en mouvement ou en stationnement sommaire. L’objectif est de leur permettre de se confondre avec l’environnement, pour échapper à la surveillance ennemie.
LOKI CR pour le train de roulement, LOKI SP pour les parties hautes
Ces modules de camouflage doivent dissimuler deux zones des véhicules à la vue de l’adversaire. Il s’agit ainsi des parties hautes (le toit et le capot) ainsi que du train de roulement.
Le LOKI CR devra ainsi cacher le train de roulement. Le LOKI SP, de son côté, s’appliquera aux parties hautes.
Une réponse modulable selon les capteurs et l'environnement
Ces deux systèmes fourniront une réponse modulable. Elle dépendra de la taille des blindés à dissimuler. Elle dépendra aussi des capteurs mis en œuvre par l’adversaire : proche infrarouge, infrarouge, thermique. L’environnement entre également en jeu : théâtre européen, milieu désertique, montagne ou neige. Selon la DGA, « les motifs et couleurs de bariolage seront imposés ».
46 000 LOKI CR et 11 500 LOKI SP sur sept ans
L’accord-cadre que la DGA entend notifier aura une durée de sept ans. Il prévoit la livraison de 46 000 LOKI CR, et de 11 500 LOKI SP. Ces quantités ne sont toutefois pas définitives. L’accord comportera la possibilité d’en commander deux fois plus, pour répondre à d’éventuels besoins supplémentaires en cas de crise.
Les industriels intéressés, qui répondent aux exigences financières de la DGA, ont ainsi jusqu’au 11 septembre pour remettre leurs propositions.
Ce qu'il faut retenir
- La DGA a lancé, le 31 juillet, un appel d’offres pour un accord-cadre de sept ans. Il porte sur les systèmes de camouflage LOKI CR et LOKI SP.
- Ce contrat prévoit la livraison de 46 000 LOKI CR et 11 500 LOKI SP. Une option permet de doubler ces quantités.
- Ces systèmes doivent remplacer les écrans de camouflage rapide (ECR). Ceux-ci ne suffisent plus face à la multiplication des capteurs sur le champ de bataille.
- Le LOKI CR dissimule le train de roulement, tandis que le LOKI SP s’applique aux parties hautes des véhicules.
- Les industriels ont jusqu’au 11 septembre 2026 pour répondre à cet appel d’offres.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le système de camouflage LOKI ?
Pourquoi la France remplace-t-elle ses écrans de camouflage actuels ?
Combien de systèmes LOKI la France va-t-elle commander ?
Le LOKI est-il lié au projet Caméléon-Salamandre de KNDS ?
Non, ce sont deux projets distincts. Caméléon-Salamandre, mené par KNDS France, vise un camouflage actif à écrans pixelisés, pas encore opérationnel. Le LOKI, comme le CAMTAC, repose sur des solutions déjà disponibles.













