La Direction générale de l’armement (DGA) a notifié à MBDA l’accord-cadre de réalisation et le marché de développement du missile ASN4G (Air-Sol Nucléaire de 4e Génération). La notification est intervenue le 2 juin 2026.
Selon la DGA, l’ASN4G entrera en service à l’horizon 2035. Le missile équipera à la fois les Forces aériennes stratégiques (FAS) et la Force aéronavale nucléaire (FANu).
Un missile destiné au Rafale F5
L’ASN4G remplacera l’ASMPA-R, actuel missile à capacité nucléaire des deux composantes aéroportées de la dissuasion française. Selon la DGA, l’ASN4G sera emporté par le Rafale F5.
Le ministère des Armées a fait du développement du Rafale F5 une priorité. L’objectif consiste notamment à disposer d’une plateforme capable d’emporter le successeur de l’ASMPA-R.
Un projet engagé dès les années 1990
L’ASN4G a fait l’objet d’études préliminaires dès les années 1990. Le projet a ensuite été évoqué publiquement par le général Denis Mercier, alors chef d’état-major de l’armée de l’Air, lors d’une audition à l’Assemblée nationale.
Deux options technologiques en compétition
À cette époque, les paramètres du projet restaient à arbitrer. Deux options s’opposaient :
- Une option centrée sur la furtivité.
- Une option centrée sur l’hypervélocité.
Les deux exigeaient toutefois de relever des défis technologiques majeurs. Selon l’Office national d’études et de recherches aérospatiales (ONERA), la pénétration des défenses adverses par des missiles à vitesses hypersoniques constitue notamment « un défi scientifique et technologique majeur ».
L’ONERA précisait, dans son plan stratégique 2015-25, que cette stratégie mobilise un grand nombre de disciplines : aérodynamique, propulsion, architecture du vecteur, contrôle et pilotage.
Camosis et Prométhée, deux études amont
Pour explorer les deux pistes, l’ONERA et MBDA ont conduit deux plans d’études amont (PEA) :
- Camosis, dédié à un missile à statoréacteur furtif.
- Prométhée, dédié à un missile hypersonique.
L'hypervélocité, un héritage des travaux de l'ONERA
Le choix de l’hypervélocité s’appuie sur les recherches menées par l’ONERA depuis la fin des années 1990 sur la propulsion hypersonique militaire.
Selon l’établissement, ces travaux ont notamment permis de faire monter en maturité les technologies du statoréacteur mixte. Ce moteur peut effectuer successivement une combustion subsonique et supersonique.
L’ONERA précise par ailleurs que l’accès aux plus hautes vitesses a nécessité un investissement important dans les moyens d’essais (bancs de combustion et souffleries) ainsi que dans les codes de calcul.
Une dissuasion crédibilisée face aux nouvelles menaces
Selon la DGA, l’hypervélocité de l’ASN4G doit maintenir la crédibilité de la dissuasion aéroportée française. La direction qualifie également l’ASN4G de « rupture technologique » avec les systèmes précédents.
Toujours selon la DGA, le missile repose sur un savoir-faire technologique et industriel que peu de pays au monde possèdent.
Ce qu'il faut retenir
- La DGA a notifié à MBDA le développement du missile ASN4G, le 2 juin 2026.
- Le missile équipera les Forces aériennes stratégiques et la Force aéronavale nucléaire.
- Il sera emporté par le Rafale F5 et remplacera l’ASMPA-R actuel.
- L’ASN4G est un missile hypersonique, conçu pour pénétrer les défenses adverses.
- La mise en service est prévue à l’horizon 2035.
- Le projet a fait l’objet d’études préliminaires dès les années 1990.













