L’industrie navale française enregistre une croissance record en 2025, selon le GICAN

Paquebots MSC, porte-avions nouvelle génération, FDI : le détail des programmes qui portent la croissance de la filière navale française.
Industrie navale GICAN

Le Groupement des industries de construction et activités navales (GICAN) a présenté son Cahier économique de l’industrie navale 2025. Cette présentation a eu lieu lors de son assemblée générale, le 8 juillet à Paris. Ce document dresse ainsi un panorama détaillé de la filière navale française. Il révèle une croissance portée à la fois par les marchés civils et de défense, en France comme à l’international.

Une filière qui dépasse les 17 milliards d'euros de chiffre d'affaires

En 2025, la filière navale française a réalisé plus de 17,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Ce montant progresse de 9 % par rapport à 2024. Cette croissance atteint 13 % pour le secteur défense. Elle atteint 7 % pour le secteur civil et la sécurité en mer.

La filière conserve une répartition stable de son activité depuis 2021. Elle réalise 70 % dans la défense, et 30 % dans le civil. La moitié de son chiffre d’affaires est ainsi réalisée à l’export.

59 100 emplois directs, quatrième créateur d'emplois industriels

La filière navale a aussi créé des emplois en 2025. Ses effectifs ont ainsi progressé de 1,6 %, pour atteindre 59 100 emplois directs. Cette croissance moyenne atteint 3,3 % par an, sur les cinq dernières années.

Près de 15 000 postes ont été créés au cours de la dernière décennie. Le GICAN prévoit d’en ajouter 9 600 supplémentaires d’ici 2030, pour atteindre environ 68 700 emplois directs. La filière emploie aussi, selon ses estimations, 32 000 personnes de façon induite et 38 200 de façon indirecte. Selon Pierre Eric Pommellet, président du GICAN, elle constitue ainsi le quatrième créateur net d’emplois de l’industrie française.

Plus de 735 entreprises composent la filière navale. Les 322 adhérents du GICAN représentent, à eux seuls, 82 % de son chiffre d’affaires et de ses emplois directs.

Un rebond marqué des exportations

En 2025, l’activité à l’export a progressé de 9 %. Cette reprise fait suite à un recul de 12 % en 2024. Deux années de forte croissance avaient précédé ce recul : +11 % en 2022, puis +32 % en 2023.

La catégorie « Autres pays » est devenue le premier contributeur aux exportations. Elle représente 66 % du chiffre d’affaires export, contre 42 % en 2024. Cette catégorie regroupe des marchés européens hors Union européenne, comme le Royaume-Uni, la Suisse et la Norvège. Cette évolution provient surtout des commandes de navires de croisière du groupe MSC. Ce groupe, basé à Genève, les a passées auprès des Chantiers de l’Atlantique.

L’Union européenne reste le deuxième marché à l’export, avec 32 % des exportations en 2025, contre 34 % en 2024. Les États-Unis, en revanche, ne représentent plus que 1 % des exportations, contre 24 % en 2024. Cette chute s’explique par la baisse des commandes de navires de croisière passées par des armateurs américains.

Parmi les principaux exportateurs de la filière figurent notamment :

  • Chantiers de l’Atlantique ;
  • Naval Group ;
  • GTT ;
  • MBDA France ;
  • Airbus Helicopters ;
  • Thales ;
  • Exail ;
  • CMN ;
  • GE Energy Power Conversion France (groupe GE Vernova) ;
  • OCEA ;
  • Everllence France.

Le marché national porté par les grands programmes de défense

Le marché national poursuit lui aussi sa croissance, avec une hausse de 11 % en 2025. Il avait déjà progressé de 12 % en 2024, et de 19 % en 2023. Un recul de 13 % avait précédé cette embellie, en 2022. Cette dynamique repose avant tout sur les grands programmes de défense de la Marine nationale. Celui du porte-avions de nouvelle génération en constitue un exemple notable.

La part du chiffre d’affaires national réalisée auprès de l’État a par ailleurs progressé. Elle est passée de 19 % en 2023 à 30 % en 2025. Cette commande publique de défense irrigue de grands donneurs d’ordre. Parmi eux figurent Naval Group, Chantiers de l’Atlantique, Thales, TechnicAtome, MBDA France, Piriou, Equans, Airbus Defence and Space, CMN et Exail. Elle profite ensuite à plusieurs centaines d’entreprises sous-traitantes.

Le secteur civil porté par les commandes de croisière

Le secteur civil affiche une croissance de 10 % en 2025. Il avait déjà progressé de 7 % en 2024, et de 30 % en 2023. Les marchés internationaux représentent en moyenne plus de 80 % de son activité. L’année 2025 a notamment été marquée par les commandes de navires de croisière passées auprès des Chantiers de l’Atlantique.

Le carnet de commandes civil totalise ainsi 54 navires en 2025, contre 73 en 2024. Les chantiers ont livré 48 navires de plus de 12 mètres, et enregistré 29 nouvelles commandes sur l’année.

Le secteur défense en forte reprise

Le secteur défense progresse ainsi de 13 % en 2025, après un ralentissement observé en 2024. Le marché national reste un moteur important, avec une hausse de 8 %. Il bénéficie de la montée en puissance des grands programmes conduits par la Direction générale de l’armement (DGA).

L’export défense connaît lui aussi un net rebond, avec une hausse de 13 %. Un recul de 4 % avait précédé ce rebond, en 2024. Le secteur défense réalise 64 % de son activité sur le marché national, contre 36 % à l’export.

Le carnet de commandes défense comprend 48 navires en 2025, selon le texte du Cahier économique. Le tableau associé indique, pour sa part, 49 unités. Dix-sept unités ont été livrées sur l’année. Les commandes portent notamment sur des unités majeures, comme le porte-avions de nouvelle génération et les frégates de défense et d’intervention.

La sécurité en mer, un segment en montée en puissance

Le segment de la sécurité en mer enregistre ainsi un carnet de commandes de 78 navires en 2025. Seize navires ont été livrés, et 51 nouvelles commandes ont été enregistrées sur l’année. Ce segment partage de nombreux points communs avec la défense, à l’image des patrouilleurs, présents dans les deux domaines.

38 milliards d'euros de prises de commandes, un niveau record

L’année 2025 marque un tournant pour la filière. Elle enregistre près de 38 milliards d’euros de prises de commandes, un niveau record. Cette croissance s’appuie sur la confirmation de grands programmes militaires. Elle s’appuie aussi sur les commandes de paquebots des Chantiers de l’Atlantique.

Deux acteurs dominent la filière : Naval Group et Chantiers de l’Atlantique. Hors ces deux principaux donneurs d’ordre, les autres acteurs ont vu leurs prises de commandes progresser de 82 % par rapport à 2024.

« La mer peut réindustrialiser la terre », selon le président du GICAN

Lors de son allocution, Pierre Eric Pommellet, président du GICAN, a pris la parole. Il a salué la vitalité et la diversité de l’industrie navale française. Selon lui, cette dynamique concerne à la fois le naval de défense et la construction civile. Elle touche aussi la réparation, la maintenance, les équipements et les nouvelles technologies, comme les drones.

Il a aussi évoqué les grands programmes navals nationaux en cours. Il a cité le SNLE 3G, le porte-avions France Libre, ainsi que les frégates de défense et d’intervention 4 et 5. Selon lui, ces programmes dépassent le seul enjeu de défense. Ils constituent des accélérateurs industriels, qui irriguent plusieurs centaines de PME et d’ETI sur tout le territoire.

Le président du GICAN a par ailleurs souligné le rôle des sous-traitants. Il a évoqué la période historique de commandes de croisières des Chantiers de l’Atlantique. Selon lui, 92 % de ces sous-traitants sont européens, 62 % sont français, et 32 % sont originaires des Pays de la Loire.

Pierre Eric Pommellet a enfin fixé un cap : transformer cette année exceptionnelle en capacité durable de production. Selon lui, « la mer peut réindustrialiser la terre ». Il a toutefois nuancé ce constat. Il a rappelé qu’une année exceptionnelle de commandes ne constitue pas, à elle seule, une politique industrielle.

SEAstart : 15 entreprises accompagnées pour 2026-2027

L’assemblée générale a aussi été l’occasion de dévoiler les lauréats de la quatrième édition de SEAstart. Ce programme d’accélération du GICAN est destiné aux start-up et PME innovantes de la filière maritime. Quinze entreprises ont été retenues pour la promotion 2026-2027, à l’issue d’un appel à candidatures lancé en mai. Elles bénéficieront, pendant 18 mois, d’un accompagnement individualisé, en partenariat avec DualBoost.

Les lauréats se répartissent en six groupes thématiques :

  • drones, robotique et systèmes autonomes : Alta Ares, Astraea Marine, Bubble Robotics, COSMA ;
  • énergie et propulsion : Apollo Generators, HY.G Motors, SWITCH, Whisper EF ;
  • surveillance, sûreté et sécurité maritime : SEA.AI ;
  • transformation digitale, IA et données : Amphitrite, SHIFT89, Vectura System ;
  • cybersécurité et souveraineté numérique : FuzzingLabs ;
  • fabrication et maintenance : Farm-3D, fluiidd.

Ce qu'il faut retenir

  • La filière navale française a ainsi réalisé 17,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, en hausse de 9 %.
  • Elle emploie 59 100 personnes directement, avec un objectif de 68 700 emplois directs d’ici 2030.
  • Les exportations rebondissent (+9 %), portées par les commandes de croisière du groupe MSC auprès des Chantiers de l’Atlantique.
  • Le marché national progresse de 11 %, porté par les grands programmes de défense de la Marine nationale.
  • La filière a enregistré un niveau record de prises de commandes en 2025, avec près de 38 milliards d’euros.
  • Le GICAN a aussi dévoilé les 15 lauréats de la 4e édition de son programme d’accélération SEAstart.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le GICAN ?

Le Groupement des industries de construction et activités navales (GICAN) est le syndicat professionnel français de l’industrie navale et maritime. Il réunit ainsi 322 adhérents, représentant 82 % du chiffre d’affaires et des emplois directs de la filière.
La filière navale française a ainsi dépassé 17,1 milliards d’euros en 2025. Ce montant est en hausse de 9 % par rapport à 2024. La répartition reste stable entre défense (70 %) et civil (30 %).
La filière compte 59 100 emplois directs en 2025. S’y ajoutent 32 000 emplois induits et 38 200 emplois indirects estimés. Le GICAN prévoit 68 700 emplois directs d’ici 2030.

Ce record de 38 milliards d’euros s’explique par la confirmation de grands programmes militaires. Il s’explique aussi par les commandes de paquebots passées auprès des Chantiers de l’Atlantique, notamment par le groupe MSC.

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