Le département américain de la Guerre (DoW) a notifié à Lockheed Martin, le 29 juillet, un accord-cadre. Sa valeur maximale atteint 53,9 milliards de dollars. Ce contrat doit assurer l’approvisionnement en missiles PAC-3 MSE, durant les sept prochaines années.
L'US Army déjà contrainte de commander des PAC-2 GEM-T
La semaine passée, il a été rapporté que l’US Army avait notifié un contrat à Raytheon. Sa valeur atteint environ 442 millions de dollars, pour l’achat de missiles intercepteurs PAC-2 GEM-T. L’armée américaine n’avait plus passé une telle commande depuis trente ans.
Cette commande découle certainement des opérations menées par les États-Unis contre le régime iranien. Elle répond aussi à la nécessité de regarnir les dépôts des alliés régionaux, ainsi qu’à l’aide fournie à l’Ukraine.
En résumé, l’US Army doit parer au plus pressé. La cadence de production des missiles PAC-3 MSE ne suffit en effet pas encore à répondre à la demande. Ces missiles restent pourtant plus performants que les PAC-2 GEM-T.
Un premier contrat de 4,7 milliards en avril
Cette situation devrait toutefois évoluer prochainement. Lockheed Martin a en effet obtenu, en avril dernier, un contrat de 4,7 milliards de dollars du Pentagone. L’objectif était d’accélérer la livraison des PAC-3 MSE. L’entreprise s’était alors engagée à tripler sa production de missiles intercepteurs. Elle passerait ainsi de 650 à 2 000 unités par an.
53,9 milliards de dollars sur sept ans
Ce n’était toutefois qu’un début. Le 29 juillet, le département américain de la Guerre a annoncé avoir notifié à Lockheed Martin un accord-cadre. Sa valeur maximale atteint 53,9 milliards de dollars, pour assurer l’approvisionnement en missiles PAC-3 MSE durant les sept prochaines années.
Une partie de cette somme sera réinvestie par Lockheed Martin. L’entreprise prévoit d’augmenter significativement ses effectifs dans son usine de Camden, en Arkansas. Elle compte aussi moderniser plus de vingt sites de production, et en construire deux nouveaux.
Des engagements similaires pour le THAAD
Lockheed Martin avait pris des engagements similaires en juin. L’entreprise avait alors obtenu un contrat de 35 milliards de dollars. Il visait à quadrupler ses livraisons de missiles intercepteurs THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), sur la période 2026-2033.
Il était alors question de lancer une nouvelle unité de production à Troy, en Alabama. L’entreprise prévoyait aussi d’inaugurer une usine de missiles intercepteurs de nouvelle génération à Courtland, également en Alabama. Un centre d’accélération de la production de munitions devait par ailleurs voir le jour à Camden.
« Nous répondons à l'appel de la nation », selon Lockheed Martin
Tim Cahill, PDG de Lockheed Martin Missiles and Fire Control, a commenté cette annonce via un communiqué. Selon lui, « nous répondons à l’appel de la nation ». Il a ajouté que l’entreprise s’associait au département de la Guerre. L’objectif est d’accélérer la production de PAC-3 MSE, plus rapidement que jamais.
Selon lui, ces investissements permettent de livrer à grande échelle et rapidement. Ils concernent les installations, les effectifs et la chaîne d’approvisionnement. Il évoque aussi des outils adaptés, des processus éprouvés et des employés qualifiés. Ces atouts permettent, selon lui, de fournir un nombre record de munitions. Cela doit ainsi soutenir les forces armées américaines et leurs alliés.
Le Pentagone privilégie les contrats longs
Selon sa nouvelle politique d’approvisionnement, le Pentagone privilégie désormais les contrats longs. L’objectif est de donner plus de visibilité à ses fournisseurs. En contrepartie, ces derniers s’engagent à tenir les délais et les budgets.
Pete Hegseth, secrétaire américain à la Guerre, avait détaillé cette approche en janvier. Selon lui, la priorité revient aux industriels qui investissent dans leur personnel et le développement de leurs capacités. Cela concerne moins, selon lui, ceux qui privilégient le rachat d’actions, les salaires des dirigeants ou l’augmentation des dividendes.
Il avait ajouté que les entreprises incapables de s’adapter, trop attachées aux anciennes méthodes de travail, devraient chercher d’autres partenaires. Selon lui, le Pentagone privilégierait désormais des industriels prêts à s’adapter, à investir et à prendre soin de leurs employés. Ces industriels devraient aussi pouvoir agir rapidement et à grande échelle.
Le PAC-3 MSE, un missile « hit-to-kill »
Le missile intercepteur PAC-3 MSE est de type « hit to kill ». Il détruit ainsi sa cible par impact direct. Il est propulsé par un moteur-fusée à double impulsion, et doté d’un radar actif en bande Ka. Il affiche enfin une portée nettement supérieure à celle de ses prédécesseurs, comme le PAC-2 GEM-T. Il reste par ailleurs plus manœuvrable.
Selon Lockheed Martin, le PAC-3 MSE constitue le missile de défense aérienne le plus avancé au monde. L’entreprise le présente comme une protection contre un large éventail de menaces. Elle indique que son efficacité a été démontrée lors de plusieurs opérations. C’est notamment le cas de l’opération Epic Fury, où il continuerait de défendre avec succès les forces et les infrastructures.
Ce qu'il faut retenir
- Le département américain de la Guerre a notifié à Lockheed Martin, le 29 juillet, un accord-cadre de 53,9 milliards de dollars. Il porte sur des missiles PAC-3 MSE, sur sept ans.
- Ce contrat fait suite à un premier accord de 4,7 milliards de dollars, en avril. Celui-ci prévoyait de tripler la production annuelle de PAC-3 MSE (650 à 2 000 unités).
- Faute de PAC-3 MSE en nombre suffisant, l’US Army a aussi dû commander des missiles PAC-2 GEM-T à Raytheon. C’est une première depuis trente ans.
- Lockheed Martin va investir dans son usine de Camden (Arkansas), moderniser vingt sites de production et en construire deux nouveaux.
- Le Pentagone privilégie désormais les contrats longs, en échange d’engagements des industriels sur les délais et les investissements.













