L’Agence de l’innovation de défense (AID) a retenu trois drones de surface pour le projet DANAE. Ils doivent protéger les bases navales et escorter les navires de la Marine nationale. Ce choix intervient ainsi le 9 octobre, après une première phase d’évaluation menée en janvier.
Une priorité de la Marine : la dronisation
L’amiral Christophe Cluzel, chef d’état-major de la Marine nationale (CEMM), a fait de l’hybridation de la flotte une priorité pour 2026-2027. Il l’a annoncé la semaine passée. Il veut ainsi accélérer fortement la dronisation. Son prédécesseur, l’amiral Nicolas Vaujour, avait d’ailleurs la même ambition. « Droniser partout où c’est possible et maintenir habité ce qui est nécessaire », avait-il martelé.
Cette dronisation est déjà une réalité dans le domaine aérien. Il en va toutefois autrement pour les drones navals, sous-marins ou de surface. En effet, ils n’ont pas toujours la maturité technique et la robustesse que la Marine souhaite.
Le projet d’accélération de l’innovation (PAI) DANAE répond donc à cet enjeu. Son nom signifie Drone de surface Autonome Naval avec une capacité d’Armement Embarqué. L’AID le finance. Il vise à développer des drones navals pour protéger les bases et escorter les navires. Il s’appuie également sur les innovations du secteur civil.
La Marine nationale a organisé la première phase en janvier. Le centre d’expertise et d’essai Techniques navales de la DGA, à Saint-Mandrier, l’a également appuyée. Cette phase a évalué la navigation, l’endurance et l’autonomie décisionnelle de drones de surface. Sept industriels les avaient développés : Keys4sea, Exail, SeaOwl Group, Marine Tech, Thales, SIREHNA et le groupement ORCAS. SIREHNA est une filiale de Naval Group, et SEAir emmène ORCAS. Trois modèles devaient ensuite être qualifiés.
Trois drones retenus par l'AID, aux atouts différents
Le 9 octobre, l’AID a rendu son verdict. Elle a ainsi retenu trois partenaires. SeaOwl en fait partie. Deux groupements l’accompagnent : l’un réunit SEAir, ÆGIR, MBDA et Diades Marine, l’autre SIREHNA, Couach et Naval Group. Jean-François Thomas, responsable du projet DANAE au sein de l’AID, a précisé les raisons de ce choix. Ces partenaires détiennent en effet « les solutions innovantes les plus abouties au regard des critères de sélection ».
Les trois drones sont le Flying USV du groupement ORCAS, le NEMEZIS de SeaOwl et le Seaquest S de SIREHNA.
Le Flying USV peut embarquer à bord d’une frégate. Il se distingue par ses foils. Ceux-ci offrent plusieurs avantages. Ils accroissent l’autonomie, grâce à une moindre consommation d’énergie. Ils permettent aussi des vitesses élevées et une discrétion accrue. La stabilité des capteurs et des armes par mer formée s’améliore également.
Le NEMEZIS peut accueillir un équipage en option. Il permettrait ainsi d’étendre les capacités d’une embarcation de drome opérationnelle (EDO NG). Son point fort est une forte autonomie de décision. Un seul opérateur pourrait donc le déployer en meute.
Enfin, la Marine nationale a déjà expérimenté le Seaquest S depuis une frégate multimissions, en 2024. Il peut se déployer seul ou avec d’autres drones. Il navigue même dans des conditions de mer fortement dégradées. Par ailleurs, ses capacités de navigation autonome évolutives visent un vaste éventail de missions, selon l’AID.
Une seconde phase jusqu'à la fin de 2027
Depuis septembre, ces trois drones participent à la seconde phase de DANAE. Elle doit durer jusqu’à la fin de 2027. L’AID veut ainsi « compléter le développement des prototypes les plus aboutis ». L’objectif est de satisfaire pleinement le besoin opérationnel. Elle évaluera aussi les trois solutions, pour sélectionner la plus adaptée.
La dernière étape portera enfin sur la production en série. La mise en service et le soutien initial de la solution retenue suivront.
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Ce qu'il faut retenir
- L’AID a retenu trois drones de surface pour le projet DANAE, le 9 octobre.
- Le Flying USV, le NEMEZIS et le Seaquest S sont les trois modèles retenus.
- Sept industriels avaient d’abord participé à la première phase, menée en janvier à Saint-Mandrier.
- Une seconde phase, jusqu’à la fin de 2027, doit ensuite compléter ces prototypes.
- La production en série concernera enfin la solution retenue.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le projet DANAE ?
C’est un projet d’accélération de l’innovation financé par l’AID. Il vise ainsi à développer des drones de surface pour protéger les bases navales et escorter les navires.
Quels drones l'AID a-t-elle retenus ?
Elle a retenu le Flying USV du groupement ORCAS, le NEMEZIS de SeaOwl et le Seaquest S de SIREHNA.
Combien d'industriels ont participé à la première phase ?
Sept industriels ont participé à la première phase, menée en janvier. Exail et Thales en faisaient également partie.
Quand se terminera la seconde phase ?
Elle doit durer jusqu’à la fin de 2027. La dernière étape portera ensuite sur la production en série.













