La Direction générale de l’armement (DGA) a supervisé la première campagne de tirs de l’hélicoptère Guépard. Cette campagne s’est déroulée sur son site DGA Essais en vol de Cazaux, en Gironde. Menée en collaboration avec Airbus Helicopters, elle s’est achevée avec succès. Elle intervient moins d’un an après le premier vol du prototype, réalisé en juillet 2025.
Des tirs de pod canon, d'armements aux portes et de leurres
Ces essais ont consisté en des tirs du pod canon axial. Ils ont aussi porté sur des armements aux portes (mitrailleuse et fusil de précision) et sur des leurres. Le programme a franchi cette étape conformément à son calendrier de développement.
La campagne a aussi permis de réaliser les premiers essais en vol de l’assistant de mission. Il s’agit d’un système informatique, connecté à l’ensemble des senseurs, moyens de communication et armements du Guépard. Il doit permettre à l’équipage de maximiser ses performances, et de garantir une grande efficacité opérationnelle.
Un hélicoptère interarmées destiné à remplacer cinq modèles
Le Guépard est développé dans le cadre du programme d’Hélicoptère interarmées léger (HIL). L’objectif est d’équiper les trois armées françaises d’un hélicoptère commun et multirôle. Il doit remplacer cinq modèles : la Gazelle, l’Alouette III, le Dauphin, le Panther et le Fennec.
Le programme est inscrit à la loi de programmation militaire 2024-2030 actualisée. Il porte sur 80 appareils pour l’armée de Terre, 49 pour la Marine nationale et 40 pour l’armée de l’Air et de l’Espace. La première livraison est prévue en 2028.
Une campagne préparée par plusieurs centres d'expertise de la DGA
Le succès de cette campagne repose avant tout sur l’apport des experts techniques de la DGA. Sous la coordination du centre d’essais et d’expertise DGA Ingénierie et projets, sa préparation a mobilisé des experts de plusieurs centres. Trois d’entre eux y ont notamment contribué : DGA Essais en vol, DGA Techniques terrestres et DGA Techniques aérospatiales.
Concrètement, les essais ont eu lieu à DGA Essais en vol, sur le site de Cazaux, en Gironde. Ce centre a déployé l’ensemble de son expertise opérationnelle et technique. Il a notamment intégré ces activités sur le polygone d’essais instrumenté Calamar, spécialisé dans les essais de systèmes d’armes en conditions réelles.
Par ailleurs, DGA Essais en vol a déployé son ingénierie d’essais complète. Celle-ci inclut la sauvegarde, l’encadrement réglementaire des travaux pyrotechniques et le contrôle aérien d’essai et de réception. Elle mobilise aussi des compétences spécifiques (navigants, armuriers) ainsi que des moyens techniques comme la télémesure et les infrastructures au sol.
Une plateforme dérivée du H160 civil
Airbus Helicopters a conçu le Guépard sur la base du H160 civil. La DGA a retenu cette plateforme commune, pour répondre aux besoins opérationnels des trois armées. Modulaire et polyvalent, il assurera des missions de combat, de renseignement et de surveillance des espaces aériens et maritimes. Il assurera également des missions de transport léger, de soutien et de service public. Ces missions viendront ainsi compléter celles des hélicoptères déjà en service : Tigre, NH90 et Caracal.
Avionique, armement et capteurs du Guépard
Le Guépard embarquera une avionique dérivée du système FlytX de Thales, à vocation duale. Son système d’armement permet en outre d’intégrer de nombreuses armes. Outre celles testées lors de cette campagne, l’intégration de roquettes, de roquettes guidées laser et de missiles antichar Akeron LP est à l’étude.
Pour ses missions au profit de la Marine nationale et de l’armée de l’Air et de l’Espace, il embarquera aussi le radar Airmaster C. Thales développe ce radar de nouvelle génération. Une nouvelle campagne d’essais de ce radar, menée conjointement avec l’industriel, est d’ailleurs en préparation par DGA Essais en vol.
Le Guépard intégrera par ailleurs des systèmes avancés de navigation résiliente et de radiocommunication. Ils permettront ainsi une coopération renforcée entre drones et hélicoptères, même en environnement brouillé.
Un objectif de forte disponibilité opérationnelle
Le programme a porté une attention particulière aux enjeux de soutien, dès son lancement. L’objectif est de garantir une très forte disponibilité opérationnelle de l’appareil.
Plus de 2 000 emplois en France
Le Guépard sera assemblé sur le site d’Airbus Helicopters de Marignane, dans les Bouches-du-Rhône. Son développement et sa fabrication irrigueront toute la filière aéronautique française, notamment ses PME, sur l’ensemble du territoire. 80 % des fournisseurs du programme sont installés en France. Au total, le Guépard et ses dérivés à l’export doivent alimenter durablement plus de 2 000 emplois en France.
Ce qu'il faut retenir
- La DGA a mené avec succès, à Cazaux, la première campagne de tirs du Guépard, moins d’un an après le premier vol du prototype (juillet 2025).
- Le Guépard doit remplacer cinq hélicoptères (Gazelle, Alouette III, Dauphin, Panther, Fennec) dans le cadre du programme HIL.
- Le programme porte sur 169 appareils (80 pour l’armée de Terre, 49 pour la Marine nationale, 40 pour l’armée de l’Air et de l’Espace), pour une première livraison en 2028.
- L’appareil est dérivé du H160 civil d’Airbus Helicopters et sera doté d’une avionique FlytX (Thales) et d’un radar Airmaster C (Thales).
- L’intégration de roquettes, de roquettes guidées laser et de missiles Akeron LP est à l’étude.
- Le Guépard sera assemblé à Marignane et doit soutenir plus de 2 000 emplois en France, avec 80 % de fournisseurs français.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le programme HIL ?
Le programme d’Hélicoptère interarmées léger (HIL) vise à doter les trois armées françaises d’un hélicoptère commun, le Guépard, en remplacement de cinq modèles : Gazelle, Alouette III, Dauphin, Panther et Fennec.
Combien d'hélicoptères Guépard seront livrés, et à qui ?
Le programme porte sur 80 appareils pour l’armée de Terre, 49 pour la Marine nationale et 40 pour l’armée de l’Air et de l’Espace, pour une première livraison prévue en 2028.
Sur quelle plateforme le Guépard est-il basé ?
Le Guépard est conçu sur la base du H160 civil d’Airbus Helicopters, avec une avionique dérivée du système FlytX de Thales.
Quelles armes le Guépard pourra-t-il emporter ?
Lors de cette campagne, la DGA a testé le pod canon axial, des armements aux portes et des leurres. L’intégration de roquettes, de roquettes guidées laser et de missiles antichar Akeron LP est aussi à l’étude.














