Guerre des mines : la France commande davantage de drones navals

En attendant ses futurs bâtiments de guerre des mines, la Marine nationale va affréter des supply ships civils.
Programme SLAM-F

Le programme SLAM-F a été lancé en 2015 par la Direction générale de l’armement (DGA). Ce sigle signifie Système de lutte antimine du futur. Il profite à la Marine nationale, et repose sur quatre nouvelles capacités. Certaines d’entre elles ont pris du retard.

Le MMCM, une coopération avec le Royaume-Uni

Le développement de la première capacité, appelée MMCM (Maritime Mine Counter Measures), a été confié à Thales. Ce développement s’inscrit dans une coopération avec le Royaume-Uni. Il vise à déployer un robot téléopéré (ROV), ainsi que trois drones sous-marins (AUV) Exail A27, ou A-18M.

Ces drones seront déployés depuis un drone de surface, qui fait office de « bateau-mère ». Ce dernier est aussi équipé d’un sonar d’évitement de mines (MOAS). Il embarque aussi un sonar remorqué à immersion variable TSAM, avec antenne à synthèse d’ouverture SAMDIS. L’ensemble fonctionne avec le système de mission M-CUB, et le logiciel MiMap. Ce logiciel peut analyser en temps réel les données collectées, grâce à l’intelligence artificielle.

Pas de retard sur la capacité dronisée, selon l'amiral Vaujour

L’amiral Nicolas Vaujour a donné des assurances lors de sa dernière audition au Sénat. Il occupait alors la fonction de chef d’état-major de la Marine nationale (CEMM). Selon lui, il n’existait pas de retard sur la capacité dronisée de guerre des mines. Cela vaudrait sans doute aussi pour le Système d’exploitation des données de guerre des mines (SEDGM). Il s’agit de l’un des piliers du SLAM-F.

Des retards pour les BGDM et les BBPD NG

Il en va autrement pour le reste du programme. Les futurs bâtiments de guerre des mines (BGDM) doivent remplacer les chasseurs de mines tripartites de la classe Éridan. Ils devront aussi mettre en œuvre le MMCM. Les bâtiments bases de plongeurs démineurs de nouvelle génération (BBPD NG) accusent aussi du retard. La DGA a d’ailleurs dû relancer un appel d’offres à leur sujet.

Une nouvelle étape majeure annoncée le 4 août

Le 4 août, le ministère des Armées a annoncé le lancement d’une nouvelle étape majeure du programme SLAM-F. Elle porte sur l’acquisition d’une douzaine de drones de surface et sous-marins supplémentaires. Elle prévoit aussi l’affrètement de navires porteurs de drones, destinés à protéger les approches maritimes métropolitaines.

Cette décision s’inscrit dans le cadre de l’actualisation de la Loi de programmation militaire 2024-2030. Selon le ministère, elle illustre la volonté de préparer la Marine nationale aux défis technologiques et opérationnels de demain. Elle doit aussi garantir à la France une autonomie stratégique, dans un domaine jugé critique pour la sécurité maritime.

Selon le ministère, « l’actualité géopolitique nous rappelle la permanence de la menace des mines navales ». Il devient donc nécessaire, selon lui, de renforcer les capacités françaises de guerre des mines et d’intervention subaquatique. L’objectif est de garantir la liberté de navigation. Il s’agit aussi de préserver la liberté d’action des forces navales, ainsi que la protection des intérêts français.

Des drones A-18M probablement concernés

Le ministère n’a pas précisé le modèle des drones navals concernés. Il pourrait toutefois s’agir de drones sous-marins A-18M, équipés du sonar SAMDIS 600 de Thales. En 2024, la France en avait déjà commandé huit exemplaires auprès d’Exail. Une option porte sur huit unités supplémentaires.

drones sous-marins A-18M
drones sous-marins A-18M

Des supply ships en attendant les futurs BGDM

Les navires civils à affréter doivent éviter une rupture capacitaire. Cette rupture pourrait survenir avant l’admission au service actif des futurs BGDM. Ces derniers seront acquis dans le cadre d’une coopération avec la Belgique et les Pays-Bas. Ces deux pays ont fait le choix de chasseurs de mines de type rMCM, ou classe City. Naval Group les construit.

En mai dernier, l’amiral Vaujour avait détaillé cette solution intérimaire. Il avait expliqué que la Marine nationale attendait encore les futurs bâtiments de guerre des mines. Elle avait donc demandé, entretemps, « à disposer de supply ships pour projeter plus facilement nos systèmes ». Selon lui, l’idée serait de charger sur ces bateaux les conteneurs d’aérotransport habituellement employés dans les avions. Ces conteneurs seraient ensuite utilisés dans des environnements non contestés. Il avait reconnu un retard sur les bâtiments, tout en assurant vouloir maintenir le tempo des livraisons.

Ce qu'il faut retenir

  • Le ministère des Armées a annoncé, le 4 août, une nouvelle étape du programme SLAM-F. Une douzaine de drones supplémentaires sont concernés.
  • Des navires civils seront aussi affrétés, pour protéger les approches maritimes métropolitaines et éviter une rupture capacitaire.
  • Selon l’amiral Vaujour, la capacité dronisée de guerre des mines n’accuse pas de retard. Les futurs BGDM et BBPD NG, en revanche, en accusent.
  • Les futurs BGDM seront acquis en coopération avec la Belgique et les Pays-Bas. Naval Group construit les chasseurs de mines rMCM de ces deux pays.
  • En attendant ces bâtiments, la Marine nationale a demandé à disposer de supply ships, en solution intérimaire.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le programme SLAM-F ?

C’est le Système de lutte antimine du futur, lancé en 2015 par la DGA pour la Marine nationale. Il repose sur quatre capacités : le MMCM, le SEDGM, les futurs BGDM et les BBPD NG.
Huit drones sous-marins A-18M ont été commandés auprès d’Exail. Ils sont équipés du sonar SAMDIS 600 de Thales. Une option porte sur huit unités supplémentaires.
Ces navires doivent éviter une rupture capacitaire. Ils patienteront ainsi jusqu’à l’admission au service actif des futurs bâtiments de guerre des mines (BGDM), acquis en coopération avec la Belgique et les Pays-Bas.
Les futurs BGDM accusent du retard. Ils doivent remplacer les chasseurs de mines de la classe Éridan. Les bâtiments bases de plongeurs démineurs de nouvelle génération (BBPD NG) sont aussi concernés, la DGA ayant dû relancer un appel d’offres à leur sujet.

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