La sous-direction Guichet, Besoins et Services Numériques (SD GBS) fait l’interface entre les directions des systèmes d’information (DSI) du ministère des Armées et le Commissariat au numérique de défense (CND). Elle oriente et adapte l’offre de service du CND aux besoins des armées, directions et services.
Deux officiers reviennent sur la relation entre le CND et l’armée de Terre : le lieutenant-colonel Maëlle, qui anime cette relation partenariale au sein du CND, et le lieutenant-colonel Guilhem, affecté au bureau numérique de l’État-major de l’armée de Terre.
Deux parcours dans les transmissions militaires
Le lieutenant-colonel Guilhem est un officier saint-cyrien, spécialisé dans les transmissions militaires. Il a débuté sa carrière en régiment de transmissions, puis au sein d’organismes de la Direction des systèmes d’information et des réseaux d’infrastructures (DIRISI), avant de rejoindre un état-major opérationnel. Après une scolarité à l’École de guerre et à CentraleSupélec, il a intégré le bureau numérique de l’État-major de l’armée de Terre. Il y dirige aujourd’hui la section Gouvernance de la DSI de l’armée de Terre, responsable du suivi budgétaire, du portefeuille applicatif de 120 systèmes d’information, de la cohérence de l’intelligence artificielle (IA) au sein de l’armée de Terre, de la communication sur le numérique, et des interactions avec le CND.
Le lieutenant-colonel Maëlle a suivi une scolarité au Prytanée, avant d’intégrer l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 2004. Elle a ensuite choisi de servir dans l’arme des transmissions. Au cours de ses vingt années de carrière, elle a alterné des postes opérationnels au sein de l’armée de Terre, des fonctions de soutien et de formation. Après plusieurs années éloignée des systèmes d’information, elle a rejoint le Commissariat au numérique de défense à l’été 2025, pour y animer la relation partenariale avec l’armée de Terre.
Piloter la transformation numérique de l'armée de Terre
Le lieutenant-colonel Guilhem dirige une équipe d’une quinzaine de personnes. Sa mission consiste à piloter la transformation numérique de l’armée de Terre, en lien avec les grands commandements. Concrètement, il met en cohérence les moyens techniques, humains et financiers de l’armée de Terre et du ministère, pour répondre aux besoins opérationnels. Au quotidien, cela implique une coordination avec de nombreux services et équipes.
De son côté, le lieutenant-colonel Maëlle appuie, avec deux collaborateurs, l’armée de Terre dans ses relations avec les services du CND et dans la conduite de ses projets numériques. Elle organise des points réguliers avec les officiers traitants et chefs de projet de la DSI de l’armée de Terre, afin de bien cerner leurs besoins et de faire le lien avec les experts techniques du CND. Elle centralise également les commandes de l’armée de Terre sur les marchés du CND, et coordonne les projets les plus complexes.
Deux exemples de coopération concrète
Le lieutenant-colonel Guilhem cite un projet à enjeu ministériel : la rénovation de la fonction recrutement, centrée sur la valorisation de la donnée, pilotée par l’armée de Terre. Ce projet s’est heurté à une difficulté technique de communication entre les réseaux internes et l’internet non protégé. Le CND a alors déployé des ordinateurs depuis son stock, et installé des lignes internet fixes dans les Centres d’information et de recrutement des forces armées (CIRFA), dans des délais contraints par l’objectif de recrutement de l’armée de Terre.
Le lieutenant-colonel Maëlle évoque, elle, deux exemples récents. En 2026, l’armée de Terre a participé à l’exercice interarmées de haute intensité ORION26, tout en assurant l’alerte de la composante terrestre pour la force de réaction de l’Otan (ARF26). Selon elle, la préparation conjointe de ces deux activités a été rendue possible, sur le plan numérique, par une relation de confiance et un travail collaboratif quotidien entre son équipe et la DSI de l’armée de Terre. Elle mentionne aussi un projet d’unification des outils numériques de recrutement entre les armées, dont le pilotage a été confié à l’armée de Terre, et dont la portée stratégique est liée à la montée en puissance du service national.
La plus-value du CND, selon les deux officiers
Pour le lieutenant-colonel Guilhem, le CND fournit l’essentiel du socle technique de l’infrastructure numérique, qu’il maintient à jour de façon souveraine, sur tout le territoire national, outre-mer compris, et jusque sur les théâtres d’opération. Le CND met aussi à disposition des compétences techniques et humaines qualifiées, via ses centres nationaux et son organisation zonale et locale. Son infrastructure constitue, selon lui, un socle de la transformation numérique de l’armée de Terre, notamment sur l’hébergement des données et le développement de l’IA.
Le lieutenant-colonel Maëlle identifie, pour sa part, quatre apports du CND : son expertise technique, qui aide à orienter les projets et à anticiper les évolutions technologiques ; la cohérence d’ensemble qu’il apporte comme opérateur numérique ministériel ; des capacités numériques sécurisées, résilientes et performantes, intégrant les enjeux de souveraineté ; et une bonne compréhension des besoins métiers des armées, portée par la diversité des profils civils et militaires de ses équipes.
Le mot de la fin
Selon le lieutenant-colonel Guilhem, « il est crucial d’avoir un intermédiaire comprenant les problématiques des deux côtés », dans un monde numérique en transformation constante. Après une première année de relation avec le CND, il estime que les deux entités doivent désormais capitaliser sur cette dynamique, pour engager une deuxième phase de travail commun.
Le lieutenant-colonel Maëlle décrit, quant à elle, son affectation au CND comme un défi aussi enrichissant sur le plan technique qu’humain. Ayant quitté le milieu numérique pendant plusieurs années, elle a dû actualiser ses connaissances et s’approprier l’organisation d’un CND en pleine mutation. Elle dit s’appuyer, au quotidien, sur les experts du CND, sur ses collègues gestionnaires de compte, ainsi que sur les échanges avec le bureau numérique de l’armée de Terre. Selon elle, les prochaines années, marquées par les enjeux de l’IA et de la donnée, lui permettront de pleinement jouer son rôle d’intermédiaire.
Ce qu'il faut retenir
- La SD GBS fait l’interface entre les DSI du ministère des Armées et le Commissariat au numérique de défense (CND).
- Le lieutenant-colonel Guilhem pilote la gouvernance de la DSI de l’armée de Terre ; le lieutenant-colonel Maëlle anime, au CND, la relation partenariale avec l’armée de Terre.
- Le CND a notamment soutenu la rénovation numérique de la fonction recrutement, en équipant les CIRFA de l’armée de Terre.
- En 2026, l’armée de Terre a mené de front l’exercice ORION26 et l’alerte de la force de réaction de l’Otan (ARF26), avec l’appui numérique du CND.
- Les deux officiers soulignent l’expertise technique, la cohérence ministérielle et la compréhension des besoins métiers apportées par le CND.













