L’Arabie saoudite veut acquérir des bombes et des moteurs de chars Abrams auprès des États-Unis pour 6 milliards de dollars

Entre pacte élargi à la Turquie et intérêt pour le JF-17 chinois, l'Arabie Saoudite ne mise plus tout sur Washington.
Chars Abrams

En mai 2025, lors d’une visite du président américain Donald Trump à Riyad, l’Arabie saoudite avait exprimé une intention forte. Le pays souhaitait ainsi commander des équipements militaires auprès des États-Unis, pour un montant total de 142 milliards de dollars.

Cinq catégories d'équipements visées, selon la Maison Blanche

Ces ventes devaient se répartir en cinq grandes catégories, selon la Maison Blanche. Le développement des forces aériennes en ferait partie, tout comme les capacités spatiales. « La défense aérienne et antimissile » compléterait cette liste. La sécurité maritime et côtière, ainsi que la sécurité des frontières, en feraient aussi partie. La modernisation des forces terrestres, et la mise à niveau des systèmes d’information et de communication, complétaient enfin cette liste.

Rattraper le moratoire de l'ère Biden

Il s’agissait ainsi de rattraper le temps perdu. Les ventes d’armes américaines à l’Arabie saoudite avaient en effet été bloquées. Un moratoire avait été instauré, durant le mandat du président Joe Biden. Du moins pouvait-on le penser à l’époque. Depuis, peu de commandes annoncées se sont concrétisées.

730 missiles Patriot autorisés en janvier

En janvier, la Defense Security Cooperation Agency (DSCA, aujourd’hui disparue) avait autorisé Riyad à acquérir 730 missiles intercepteurs Patriot PAC-3. Ce montant était alors estimé à 9 milliards de dollars.

20 000 roquettes APKWS-II recommandées en juillet

En juillet, le Bureau des affaires politico-militaires du département d’État a pris le relais de la DSCA. Il a publié un avis à ce sujet. Ce dernier recommandait au Congrès d’accepter la vente potentielle de 20 000 roquettes APKWS-II (Advanced Precision Kill Weapon System) à l’Arabie saoudite. Dix mille d’entre elles seraient en version air-air, pour la lutte antidrone. Le montant de cette vente s’élevait à 1,96 milliard de dollars.

Un pacte de défense élargi à la Turquie

Depuis, le royaume saoudien a étendu l’accord de défense qu’il avait précédemment signé avec le Pakistan. La Turquie en fait désormais partie, dans le cadre d’un pacte conclu à La Mecque, le 7 août dernier. Ce pacte laisse aussi augurer une possible diversification des approvisionnements militaires saoudiens. L’intérêt du royaume pour l’avion de combat sino-pakistanais JF-17 « Thunder » en témoigne. Ses commandes de drones turcs vont aussi dans ce sens.

La menace houthiste en toile de fond

Pour le moment, l’Arabie saoudite doit toutefois faire face à un défi régional. La résurgence de la menace des rebelles houthistes, liés à l’Iran, depuis le Yémen, en fait partie. Le pays a ainsi demandé une autorisation précise aux États-Unis. Il s’agit de se procurer 10 004 modules de guidage JDAM (Joint Direct Attack Munition). Cinq mille bombes BLU-111, ou Mk82 de 227 kg, complétaient cette demande. Des BLU-117, ou Mk84 d’environ 900 kg, en faisaient aussi partie. Cette autorisation vient d’être accordée par le Bureau des affaires politico-militaires du département d’État. Son coût est estimé à 5 milliards de dollars.

« Améliorer les capacités de défense aérienne », selon la diplomatie américaine

Cette vente proposée permettrait d’« améliorer les capacités de défense aérienne de l’Arabie saoudite », a justifié la diplomatie américaine. L’objectif serait de contrer les menaces régionales actuelles et futures, tout en renforçant la défense intérieure saoudienne. Une meilleure interopérabilité en découlerait aussi. Elle concernerait les systèmes utilisés par les forces américaines, ainsi que par d’autres partenaires de la région du Golfe.

60 moteurs Abrams pour 750 millions de dollars

Outre les JDAM et les bombes associées, l’Arabie saoudite a été autorisée à acquérir 60 moteurs AGT-1500, auprès de Honeywell. Ces moteurs doivent assurer le maintien en condition opérationnelle d’une partie de ses chars Abrams. Le montant du devis reste particulièrement élevé, puisqu’il est question de 750 millions de dollars.

« Des plans d'interventions bilatéraux », une justification différente

La justification donnée par le Bureau des affaires politico-militaires diffère légèrement de celle avancée dans le premier avis. Cette vente éventuelle est censée contribuer à un objectif précis. Il s’agit notamment de la « mise en œuvre de plans d’interventions bilatéraux » par l’armée saoudienne.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Arabie saoudite a été autorisée à acquérir des bombes JDAM. Des moteurs de chars Abrams en font aussi partie, pour un total d’environ 6 milliards de dollars.
  • Ces demandes interviennent dans un contexte de résurgence de la menace houthiste, liée à l’Iran, depuis le Yémen.
  • Sur les 142 milliards de dollars d’intentions d’achat annoncées en 2025, peu de commandes se sont pour l’instant concrétisées.
  • Riyad a par ailleurs élargi son pacte de défense au Pakistan et à la Turquie. Cela laisse entrevoir une diversification de ses fournisseurs militaires.
  • Ces autorisations restent des étapes préalables à un contrat définitif, dont les quantités et le coût pourraient encore évoluer.

Questions fréquentes

Combien coûtent les récentes autorisations de vente d'armes à l'Arabie saoudite ?

Les bombes JDAM sont estimées à 5 milliards de dollars. Les moteurs de chars Abrams s’élèvent, eux, à 750 millions de dollars, soit un total d’environ 6 milliards de dollars pour ces deux autorisations récentes.

Cette demande intervient dans un contexte régional précis. Il s’agit de la résurgence de la menace des rebelles houthistes, liés à l’Iran, depuis le Yémen, bien que le lien direct entre ces deux éléments ne soit pas confirmé.

C’est un accord élargissant à la Turquie le pacte de défense saoudo-pakistanais. L’Arabie saoudite avait précédemment signé cet accord avec le Pakistan, laissant entrevoir une possible diversification des fournisseurs militaires du royaume.

Non, peu de commandes se sont pour l’instant matérialisées en contrats effectifs. Elles avaient pourtant été annoncées lors de la visite de Donald Trump à Riyad, en mai 2025.

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