L’Otan va investir 27 milliards d’euros dans son réseau de pipelines militaires

L'Otan va moderniser et étendre son réseau de pipelines militaires (NPS), 10 000 km hérités de la Guerre froide, vers son flanc est.
réseau stratégique de pipelines militaires OTAN

L’Otan va investir 27 milliards d’euros, sur 25 ans, dans son réseau stratégique de pipelines militaires. Ce réseau est en effet hérité de la Guerre froide. L’Alliance veut donc le moderniser et l’étendre. L’objectif est de sécuriser l’approvisionnement en carburant des forces de l’Otan, notamment sur son flanc est, face à la Russie.

Un projet approuvé par les 32 pays membres

Les ambassadeurs des 32 pays membres de l’Alliance ont donné leur feu vert à ce programme. Ils ont pris cette décision lors d’une réunion à Bruxelles, mercredi. Le programme prévoit la rénovation des installations existantes. Il prévoit aussi la construction de nouveaux oléoducs, dépôts et stations de pompage. L’objectif est ainsi de renforcer la logistique militaire, notamment sur le flanc oriental de l’Otan.

Le NATO Pipeline System, un héritage de la Guerre froide

Ce réseau est baptisé NATO Pipeline System (NPS). L’Alliance l’a créé à partir de 1958, pour garantir l’approvisionnement en carburant des armées occidentales. L’objectif était alors de se préparer à une guerre avec l’Union soviétique, selon le site de l’Otan.

Le programme d’investissements communs de l’Alliance finance en grande partie ce réseau. Les États membres l’ont construit sur leur propre territoire, avant de l’interconnecter. Ils ont ainsi formé un vaste système logistique unique.

Près de 10 000 kilomètres à travers 12 pays

Le NPS s’étend aujourd’hui sur près de 10 000 kilomètres, à travers 12 pays de l’Otan. Il relie raffineries, ports, dépôts de stockage, bases aériennes, stations de pompage et terminaux ferroviaires ou routiers. Ce réseau achemine ainsi rapidement du kérosène, du diesel ou de l’essence vers les forces alliées.

Sa capacité de stockage atteint par ailleurs environ 4,1 millions de mètres cubes. Il constitue ainsi l’une des plus importantes infrastructures logistiques militaires au monde.

Un réseau national plutôt qu'une propriété de l'Otan

Contrairement à un oléoduc classique, ce réseau n’appartient pas à l’Otan. Il regroupe plusieurs réseaux nationaux et multinationaux, dont les infrastructures restent la propriété des États participants. Chaque pays exploite les installations situées sur son territoire.

Le Central Europe Pipeline System (CEPS) fait figure d’exception. C’est le plus grand réseau de l’Alliance. Il traverse la France, la Belgique, l’Allemagne, le Luxembourg et les Pays-Bas. L’Agence Otan de soutien et d’acquisition (NSPA) le gère de manière multinationale.

Étendre le réseau vers le flanc est

Depuis l’invasion russe de l’Ukraine, l’Alliance juge ce réseau insuffisant. Une grande partie des infrastructures s’arrête encore en Allemagne de l’Ouest. Cette limite les éloigne des pays désormais en première ligne face à Moscou.

L’Otan souhaite donc étendre les oléoducs vers la Pologne, la Roumanie, les États baltes ou encore la Finlande. L’objectif est de soutenir rapidement un éventuel déploiement massif de troupes sur son flanc est. Selon les responsables de l’Alliance, une guerre de haute intensité nécessiterait un carburant considérable, chaque jour. Il s’agirait de centaines de milliers de mètres cubes, pour les avions, les chars et les véhicules militaires.

Le président roumain Nicusor Dan a soutenu ce projet. Son pays est en effet régulièrement confronté à des incursions de drones, liées à la guerre en Ukraine voisine. Selon lui, ce projet est « essentiel pour renforcer la sécurité » sur le flanc est de l’Otan. Cette sécurité reste, selon lui, menacée par la Russie. Le chantier devrait enfin s’étaler sur environ 25 ans, selon des responsables de l’Alliance.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Otan va investir 27 milliards d’euros sur 25 ans, pour moderniser et étendre son réseau de pipelines militaires (NPS).
  • Ce réseau, créé à partir de 1958, s’étend aujourd’hui sur près de 10 000 km, à travers 12 pays.
  • Sa capacité de stockage atteint environ 4,1 millions de mètres cubes.
  • Le réseau reste la propriété des États membres. Seul le CEPS, le plus grand réseau de l’Alliance, est géré par la NSPA.
  • L’Otan veut ainsi étendre le réseau vers la Pologne, la Roumanie, les États baltes et la Finlande, pour soutenir son flanc est.
  • Le président roumain Nicusor Dan juge ce projet « essentiel » face à la menace russe.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le NATO Pipeline System (NPS) ?

C’est le réseau stratégique de pipelines militaires de l’Otan. Il a été créé à partir de 1958, pour garantir l’approvisionnement en carburant des armées occidentales. Il s’étend aujourd’hui sur près de 10 000 kilomètres, à travers 12 pays.
L’Alliance veut moderniser des infrastructures héritées de la Guerre froide, et les étendre vers son flanc est. L’objectif est de sécuriser l’approvisionnement en carburant de ses forces face à la Russie.
Non. Il reste la propriété des États membres, qui exploitent chacun les installations situées sur leur territoire. Seul le Central Europe Pipeline System (CEPS) est géré de manière multinationale, par la NSPA.

Le chantier devrait s’étaler sur environ 25 ans, selon des responsables de l’Otan.

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