Face à la menace russe, l’Otan défend la frontière en Europe de l’Est avec des milliers de drones pilotés par IA

Un modèle déjà testé au Koweït contre des drones iraniens inspire aujourd'hui ce vaste dispositif de dissuasion face à la Russie.
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L’Otan n’est pas officiellement en guerre contre la Russie, dans le cadre du conflit qui oppose cette dernière à l’Ukraine. L’organisation prévoit néanmoins de protéger ses frontières, dans le cadre d’un vaste plan incluant des drones et des capteurs.

L'Otan renforce sa frontière orientale

Les conflits se modernisent, et l’Otan s’adapte désormais en conséquence. L’organisation reste préoccupée par des milliers de kilomètres de frontières, notamment au niveau de la Biélorussie. Le déploiement militaire russe à proximité inquiète aussi l’Otan.

Face à cette situation, l’organisation prépare une riposte potentielle. Elle a ainsi annoncé un plan baptisé « Initiative de dissuasion du flanc de l’Est » (EFDI).

Un rapport du Sénat français avait déjà souligné l’ampleur de ce défi capacitaire. Il pointait notamment le retard pris par la France en matière de lutte anti-drones.

Des milliers de drones et de capteurs

Au programme de cette initiative : des milliers de drones et de capteurs. Ces équipements doivent être déployés, afin de suivre les éventuelles menaces au sein des pays membres de l’organisation militaire.

Selon TechRadar, l’intelligence artificielle pourrait permettre d’optimiser la chaîne de destruction. Un humain restera toutefois toujours présent, pour la décision finale.

Un « système nerveux numérique »

Ben Schiff, major de l’armée américaine, explique que l’EFDI constitue un « système nerveux numérique ». Ce système relierait entre eux les capteurs et les drones. Les satellites et les systèmes d’information des membres de l’Otan y seraient aussi intégrés.

Ce dispositif devrait surtout rendre plus efficace le survol des zones cibles. Des drones autonomes seraient alors chargés de détecter les intrusions. Selon Ben Schiff, les humains continueraient de décider de ce que font les drones. Il ne serait toutefois pas nécessaire de les piloter directement, faute de disposer d’un nombre suffisant de pilotes.

De la chaîne procédurale à la toile d'araignée

Jusqu’à présent, rappelle TechRadar, les frappes de drones ont toujours été supervisées par une chaîne de destruction procédurale. Chaque information récoltée y était analysée par un opérateur à distance, qui décidait ou non d’attaquer une cible.

L’EFDI vient renforcer ce dispositif, en reliant l’ensemble des éléments de dissuasion militaires entre eux. L’objectif est de créer une gigantesque toile, composée de milliers de drones et de capteurs interconnectés.

« Un écosystème opérationnel plus large », selon Matt Blubaugh

Le major Matt Blubaugh, porte-parole de l’armée américaine en Europe et en Afrique, a précisé un point important. Selon lui, la valeur d’un drone ne serait pas déterminée uniquement par sa performance individuelle. Son efficacité dépendrait plutôt de la manière dont « il s’intègre à un écosystème opérationnel plus large ».

Un modèle déjà testé au Koweït

Ce modèle n’est toutefois pas nouveau. Il a déjà prouvé son efficacité par le passé. Le Koweït s’y était en effet essayé. Ce pays a dû faire face à l’incursion de drones iraniens, visant les bases américaines présentes sur son territoire.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Otan a annoncé l’Initiative de dissuasion du flanc de l’Est (EFDI). Ce plan mobilise des milliers de drones et de capteurs dopés à l’IA.
  • Ce dispositif vise à surveiller les frontières orientales de l’Otan, notamment face au déploiement militaire russe près de la Biélorussie.
  • L’intelligence artificielle doit optimiser la chaîne de destruction, tout en laissant la décision finale à un opérateur humain.
  • Ce système s’appuierait sur un réseau interconnecté de drones, de capteurs, de satellites et de systèmes d’information.
  • Un modèle similaire avait déjà fait ses preuves au Koweït, face à des incursions de drones iraniens.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'Initiative de dissuasion du flanc de l'Est (EFDI) ?

C’est un plan de l’Otan visant à déployer des milliers de drones et de capteurs, dopés à l’intelligence artificielle. L’objectif est de surveiller et de défendre les frontières orientales de l’organisation, face à la menace russe.

Non. Selon les responsables militaires américains cités, l’IA doit optimiser la détection et le suivi des menaces. La décision finale d’attaquer une cible restera toujours entre les mains d’un opérateur humain.

Oui, un modèle similaire avait déjà été utilisé par le Koweït. Ce pays devait faire face à des incursions de drones iraniens, visant des bases militaires américaines présentes sur son territoire.

L’initiative concerne l’ensemble des pays membres de l’Otan situés sur le flanc oriental de l’organisation. Ces pays restent particulièrement exposés au voisinage de la Biélorussie, et au déploiement militaire russe.

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