Impossible de le manquer dans l’espace Showroom du Sommet spatial international, à Paris. À côté d’un véhicule capable de rouler sur le sol lunaire, et d’un moteur de fusée, se trouvait le VORTEX. Il s’agit de l’avion spatial que souhaite développer Dassault Aviation, ou du moins d’une maquette à l’échelle 1/4.
« Un vol suborbital » prévu en 2028, selon Trappier
Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a rappelé le calendrier de ce projet. Selon lui, « le vol de démonstration prévu en 2028 sera un vol suborbital ». Ce sera l’occasion de tester les technologies de rentrée atmosphérique.
La France confirme son soutien au programme VORTEX
La France soutiendra le développement du VORTEX, cet avion spatial réutilisable conçu par Dassault Aviation. Cette décision a été annoncée par Emmanuel Macron, au Grand Palais. Elle est intervenue lors de la seconde journée du Sommet international sur l’espace. Elle a été confirmée le même jour, par un communiqué de l’avionneur.
Un partenariat avec l'allemand OHB
Le constructeur de Saint-Cloud reste architecte et intégrateur global de l’appareil. Il développera le véhicule dans le cadre d’un partenariat. Ce dernier a été conclu le 11 mai 2026, avec le groupe allemand OHB, chargé du module de service. Cinq industriels européens sont déjà associés au projet. APCO Technologies, MT Aerospace, Sener, Sonaca et Space Cargo Unlimited en font partie.
« Rejoindre cette ambition », selon Éric Trappier
Ce projet, soutenu par la France, devrait conduire plusieurs pays à le rejoindre, selon Éric Trappier. L’Allemagne pourrait ainsi rejoindre ce mouvement. D’autres pays européens pourraient également « rejoindre cette ambition pour la maîtrise de la mobilité dans l’espace ».
Un véhicule orbital à retour sur piste
Le VORTEX (Véhicule Orbital Réutilisable de Transport et d’Exploration) désigne une famille d’avions spatiaux. Elle a été dévoilée par Dassault Aviation au salon du Bourget, en juin 2025.
L’architecture retenue repose sur un fuselage porteur. Dans cette formule, la portance est générée par la forme du corps du véhicule. Elle ne repose donc pas sur des ailes de grande envergure. Le vaisseau serait placé en orbite par un lanceur. Il manœuvrerait ensuite dans l’espace, avant d’effectuer une rentrée atmosphérique. Un atterrissage horizontal suivrait, sur une piste conventionnelle.
Ce mode de retour le distingue des capsules. Ces dernières descendent sous parachute, pour se poser en mer ou en zone désertique. Il permettrait un rythme de réutilisation plus élevé. Une décélération plus douce, pour les charges embarquées, en découlerait aussi.
Quatre caractéristiques mises en avant par Dassault
Dassault Aviation met en avant quatre caractéristiques de son appareil. La manœuvrabilité orbitale et atmosphérique en fait partie. La réutilisabilité, l’atterrissage sur piste et une soute de volume important complètent cette liste. Le véhicule est présenté comme intrinsèquement dual. Il serait ainsi conçu dès l’origine pour des missions civiles et militaires.
Une feuille de route en quatre étapes
Le programme est structuré de manière incrémentale. Chaque étape sert ainsi à réduire les incertitudes techniques de la suivante.
La première, VORTEX-D, reste un démonstrateur à l’échelle 1/3. Elle a fait l’objet d’une convention de soutien. Cette dernière a été signée le 20 juin 2025 au Bourget, par Sébastien Lecornu, alors ministre des Armées, et Éric Trappier. Ses objectifs restent multiples. Il s’agit de lever les risques liés à la configuration de l’appareil, lors des phases critiques d’une rentrée hypersonique. La validation des principes de contrôle du vol en fait aussi partie. L’intégration puis l’épreuve d’un ensemble de systèmes clés, notamment les protections thermiques, complètent ces objectifs. Le premier vol reste visé à l’horizon 2028. Les montants engagés par l’État et par l’industriel n’ont pas été rendus publics.
VORTEX-S proposé à l'Agence spatiale européenne
La deuxième étape, VORTEX-S, est un véhicule à l’échelle 2/3, qualifié de « Smart Free Flyer ». Il serait capable d’assurer des allers-retours vers des stations orbitales, ainsi que des missions autonomes en orbite basse. C’est cette version que Dassault Aviation et OHB ont proposée à l’Agence spatiale européenne, en mai 2026.
Dans cette répartition industrielle, l’avionneur français conserve l’architecture et l’intégration globale de l’avion spatial. L’industriel de Brême conçoit et intègre, lui, le module de service. Ce dernier regroupe la propulsion orbitale, l’amarrage, la fourniture d’énergie et le support-vie.
VORTEX-C et VORTEX-M, deux étapes encore lointaines
Viennent ensuite VORTEX-C, première version à l’échelle 1, dédiée au transport de fret orbital. VORTEX-M suivrait, une version habitée destinée à des missions d’exploration. Aucun calendrier n’a été communiqué pour ces deux dernières phases. Leur réalisation dépendra de décisions institutionnelles, ainsi que de financements encore à obtenir.
Des missions civiles et militaires envisagées
Sur le volet civil, Dassault Aviation cite plusieurs usages. Le transport spatial vers les stations orbitales en fait partie, tout comme l’exploitation du véhicule comme plateforme orbitale autonome. Les services et interventions en orbite en font aussi partie. La récupération d’objets, y compris le retrait de débris, ainsi que le largage de charges utiles, complètent cette liste.
Sur le volet militaire, le véhicule est présenté comme un moyen de pré-positionner des capacités en orbite. Il pourrait aussi embarquer des charges utiles de surveillance, et déployer de petits satellites d’observation. La manœuvrabilité orbitale et la récupération du véhicule constituent, de ce point de vue, les deux propriétés recherchées. Elles permettraient de modifier une trajectoire, en cours de mission. Le rapatriement d’équipements au sol, pour analyse ou réemploi, en ferait aussi partie.
Un héritage technique remontant au programme Hermès
Ce projet s’appuie sur une série de travaux antérieurs, menés par l’entreprise dans le domaine des véhicules de rentrée. Dassault Aviation avait participé au programme Hermès, l’avion spatial européen étudié dans les années 1980, puis abandonné en 1992. L’entreprise avait aussi contribué au X-38 de la NASA, véhicule de sauvetage d’équipage pour la Station spatiale internationale.
L’Intermediate eXperimental Vehicle (IXV) de l’ESA fait aussi partie de cet héritage. Ce dernier avait réalisé un vol de rentrée atmosphérique en 2015. Le concept VEHRA, de véhicule hypersonique réutilisable aéroporté, y figure également. L’entreprise revendique par ailleurs une méthode inspirée du NewSpace. Cette dernière repose sur des cycles de développement courts, ainsi que sur un équilibre entre performance, délais et maîtrise des coûts.
Un contexte européen concurrentiel
Cette annonce intervient dans un cadre concurrentiel précis. L’ESA a lancé un programme de service de retour de fret, depuis l’orbite basse. Les contrats de première phase affichent un montant précis, 25 millions d’euros chacun. Ils ont été attribués en mai 2024, à The Exploration Company et à Thales Alenia Space, deux concepts fondés sur des capsules.
L’appel à propositions de la deuxième phase, publié le 8 janvier 2026, reste ouvert à l’ensemble des candidats. C’est par cette voie que l’équipe franco-allemande positionne son architecture ailée. Le Conseil ministériel de l’ESA s’est réuni en novembre 2025. Il avait alors approuvé 22,3 milliards d’euros de contributions, le niveau le plus élevé de son histoire.
L’Europe dispose aujourd’hui de lanceurs, mais d’aucun véhicule habité ou polyvalent réutilisable en propre. L’acheminement d’astronautes européens vers l’ISS repose ainsi encore sur des moyens américains ou russes.
Plus de 50 milliards d'euros d'engagements annoncés
Selon Emmanuel Macron, plus de 50 annonces d’engagements financiers ont été formulées lors du sommet de l’espace. Leur total atteindrait environ 20 milliards d’euros. La coopération franco-allemande a figuré au premier rang des sujets abordés. La gouvernance des activités orbitales en faisait aussi partie, le chef de l’État plaidant pour un encadrement du trafic spatial.
Ce qu'il faut retenir
- La France a annoncé son soutien au programme VORTEX de Dassault Aviation, un avion spatial réutilisable développé avec l’allemand OHB.
- Ce véhicule vise un premier vol suborbital démonstrateur en 2028. Des versions plus abouties, destinées au fret puis aux vols habités, suivront ensuite.
- Le VORTEX se distingue des capsules classiques par son retour sur piste. Cela permettrait une réutilisation plus rapide, et une décélération plus douce.
- Ce programme est conçu pour des usages civils et militaires. Le transport spatial et la surveillance en font partie, tout comme le retrait de débris.
- L’annonce s’inscrit dans un contexte de forte concurrence européenne, l’ESA ayant déjà financé deux concepts concurrents fondés sur des capsules.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le VORTEX, l'avion spatial de Dassault Aviation ?
C’est un avion spatial réutilisable, développé avec l’allemand OHB. Il est capable d’atterrir sur piste après une rentrée atmosphérique, conçu pour des missions civiles et militaires comme le transport orbital ou la surveillance spatiale.
Quand le premier vol démonstrateur du VORTEX est-il prévu ?
Le premier vol, un vol suborbital du démonstrateur VORTEX-D à l’échelle 1/3, est prévu à l’horizon 2028, pour tester notamment les technologies de rentrée atmosphérique.
En quoi le VORTEX diffère-t-il des capsules spatiales classiques ?
Contrairement aux capsules qui descendent sous parachute et se posent en mer ou en zone désertique, le VORTEX atterrit horizontalement sur une piste conventionnelle. Cela permet une réutilisation plus rapide, et une décélération plus douce.
Quels pays pourraient rejoindre le programme VORTEX à l'avenir ?
Selon Éric Trappier, l’Allemagne et d’autres pays européens pourraient rejoindre ce projet. L’Italie pourrait aussi s’y associer, si Thales Alenia Space décidait de participer à l’aventure.










