Patriot : Donald Trump se dit « pas certain » d’autoriser l’Ukraine à produire ces missiles

L'Ukraine manque de PAC-3 alors que juin a été le mois le plus meurtrier pour les civils depuis 2022. Kiev mise aussi sur le projet Freyja.
Patriot PAC-3

L’Ukraine manque de missiles capables d’intercepter ceux tirés quotidiennement par la Russie. Moscou intensifie ses bombardements, notamment contre des cibles civiles ces dernières semaines.

Une annonce de Trump remise en question

Début juillet, lors du sommet de l’Otan à Ankara, Donald Trump avait fait une annonce. Il avait octroyé à l’Ukraine une licence pour fabriquer des Patriot. Ce système de défense aérienne américain compte parmi les plus performants au monde. Il peut intercepter les missiles balistiques russes, tirés quotidiennement sur l’Ukraine.

Ce vendredi, dans un entretien au Financial Times, Donald Trump a toutefois nuancé cette annonce. Il a dit ne pas être certain d’autoriser l’Ukraine à fabriquer les missiles de ce système, très certainement les PAC-3. Selon lui, il s’agit d’une arme tout à fait exceptionnelle. « Nous devons faire preuve d’une certaine prudence », a-t-il précisé, à propos du choix des bénéficiaires d’une telle licence.

De son côté, Olha Stefanishyna, ambassadrice de l’Ukraine aux États-Unis, a pris la parole. Elle a fait état de discussions avec le Pentagone, sur l’obtention de ces licences. Elle anticipe déjà un processus long.

Une pénurie critique de missiles intercepteurs

Cette déclaration intervient deux jours après un entretien entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump, à la Maison Blanche. Le président ukrainien a qualifié cette rencontre de « bonne ». Selon Kiev, les deux dirigeants ont évoqué la production d’intercepteurs Patriot, ainsi que d’autres pistes susceptibles d’aider l’Ukraine.

Pour Volodymyr Zelensky, la défense aérienne face aux missiles balistiques russes constitue « la priorité absolue » de son pays. Le mois de juin a par ailleurs été le plus meurtrier pour les civils ukrainiens depuis avril 2022.

Une production complexe, des stocks américains sous tension

Cette situation s’explique notamment par l’intensification du recours russe aux missiles balistiques. Ces armes se révèlent particulièrement destructrices, et complexes à intercepter.

L’Ukraine souffre par ailleurs d’une pénurie critique de missiles intercepteurs PAC-3. Les États-Unis y ont eux-mêmes massivement recours, lors de la guerre contre l’Iran. Leurs propres stocks restent d’ailleurs particulièrement bas.

Ces missiles sont complexes à produire. Il faut compter un peu moins de deux ans pour fabriquer un missile. Son moteur nécessite, à lui seul, près de trois ans de production. La mise en place d’une production industrielle en Ukraine ne permettrait donc pas de contrer la menace russe dans l’immédiat. Cela resterait vrai même en cas d’accord rapide entre Kiev et Washington.

Le projet Freyja, une alternative européenne

L’Ukraine compte aussi sur d’autres solutions, à travers le projet Freyja. Plusieurs pays européens, dont la France, sont associés à cette initiative. Elle doit aboutir à un système de défense aérienne capable de performer aussi bien que le Patriot, à moindre coût.

Ce qu'il faut retenir

  • Donald Trump s’est dit « pas certain » d’autoriser l’Ukraine à produire des missiles Patriot. Il l’avait pourtant annoncé à Ankara, trois semaines plus tôt.
  • L’Ukraine souffre d’une pénurie critique de missiles intercepteurs PAC-3, alors que la Russie intensifie ses tirs de missiles balistiques.
  • Ces missiles restent complexes à produire : près de deux ans pour un missile, trois ans pour son moteur.
  • Le mois de juin a été le plus meurtrier pour les civils ukrainiens depuis avril 2022.
  • L’Ukraine explore aussi une alternative européenne, le projet Freyja, associant plusieurs pays dont la France.

Questions fréquentes

Qu'avait annoncé Donald Trump début juillet ?

Lors du sommet de l’Otan à Ankara, Donald Trump avait annoncé une décision. Il octroyait à l’Ukraine une licence pour fabriquer des missiles Patriot, le système américain capable d’intercepter les missiles balistiques russes.
Dans un entretien au Financial Times, il a dit vouloir « faire preuve d’une certaine prudence ». Cette prudence concerne les bénéficiaires d’une telle licence, sans remettre officiellement en cause le principe de l’accord.
Le pays souffre d’une pénurie critique de missiles intercepteurs PAC-3. La Russie a par ailleurs intensifié ses tirs de missiles balistiques. Le mois de juin a été le plus meurtrier pour les civils ukrainiens depuis avril 2022.

C’est une initiative associant plusieurs pays européens, dont la France. Elle vise à développer un système de défense aérienne aussi performant que le Patriot, à moindre coût.

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