Rheinmetall avait repris Naval Vessels Lürssen (NVL). Le groupe s’attendait donc à obtenir la maîtrise d’œuvre du programme de frégates F126. Le ministère allemand de la Défense comptait retirer ce programme au néerlandais Damen. Ce dernier accumulait d’importants retards, avec une explosion des coûts.
Rheinmetall écarté au profit de TKMS
Les espoirs de Rheinmetall ont finalement été déçus. Berlin a décidé d’arrêter les frais. Le ministère a notifié, à la place, une commande ferme de quatre frégates MEKO A200 DEU à TKMS. Une option porte aussi sur quatre unités supplémentaires.
La frégate F126 devait être le navire allemand le plus imposant depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle devait aussi être la mieux armée. Son déplacement devait atteindre environ 10 000 tonnes, pour une longueur de 166 mètres et une largeur de 21 mètres. Le navire devait disposer de capacités surface-air, anti-sous-marine et antinavire.
La GMF140, un nouveau concept après cette déconvenue
Après cette déconvenue, Rheinmetall vient de dévoiler un nouveau concept de navire. Il s’appelle GMF140. Il s’agit, pour schématiser, de développer une frégate dotée de la puissance de feu et des capacités d’un destroyer.
Cette frégate doit afficher un déplacement de 6 000 tonnes, pour 140 mètres de long. Selon Rheinmetall, elle a été conçue pour répondre aux besoins opérationnels des forces navales de l’Otan et de leurs alliés. Ce navire n’est pas spécialement destiné à la marine allemande. Rheinmetall a en effet l’intention de le proposer dans le cadre d’un programme d’acquisition nord-américain.
L'US Navy, une cible privilégiée
Le Canada a déjà commandé des frégates de type 26, aussi appelées classe « Fleuves et Rivières ». L’industriel semble donc viser plutôt l’US Navy. Celle-ci a annulé, l’an passé, son programme de frégates « Constellation ».
Quatre missions principales
Le navire dévoilé par Rheinmetall a été conçu pour un usage précis. Selon l’industriel, il est destiné « spécifiquement pour les opérations dans les environnements les plus exigeants du monde ». Il pourra mener quatre types de mission. Il s’agit de la défense aérienne, de la défense contre les missiles balistiques, de la lutte anti-sous-marine et de la frappe à longue portée.
Un système de combat largement américain
La frégate GMF140 aura un accent résolument américain. Rheinmetall prévoit en effet de la doter du système de combat AEGIS. Ce système pourra être complété, au besoin, par le système de gestion de combat CMS330, de Lockheed Martin. Selon l’industriel, ce choix doit garantir des performances opérationnelles éprouvées.
Ses capteurs viendront aussi, pour une large part, d’outre-Atlantique. Le navire devrait intégrer des radars primaires de fabrication américaine. Selon Rheinmetall, ces radars offriraient des performances élevées. Cela concerne la détection, la poursuite et l’engagement de menaces aériennes conventionnelles, d’armes hypersoniques et de missiles balistiques.
Soixante-quatre cellules de lancement vertical
Côté armement, cette frégate disposera de soixante-quatre cellules de lancement vertical (VLS). Selon l’industriel allemand, ces cellules pourront employer l’ensemble des missiles modernes de défense aérienne. Elles pourront aussi employer des missiles de défense antimissile balistique et d’attaque terrestre.
Le navire embarquera aussi une tourelle de 127 mm, ainsi qu’un système d’arme rapproché (CIWS). Il disposera également de tubes lance-torpilles, ainsi que d’une arme à énergie dirigée (laser). Des missiles antinavires, des lance-leurres et des modules de guerre électronique complètent cet arsenal.
Une coque à faible signature, pensée pour la lutte anti-sous-marine
Selon Rheinmetall, la GMF140 a été conçue dès la quille comme un véritable navire de combat multidomaine. Elle intègre des capacités avancées de lutte anti-sous-marine, ainsi qu’une coque à faible signature. Le navire dispose aussi d’une gestion acoustique intégrée. Il embarque des systèmes sonar montés sur la coque et remorqués, ainsi que des systèmes sonar avancés. Il offre enfin un support pour les hélicoptères maritimes américains ou européens, ainsi que pour les systèmes sans pilote.
Ce qu'il faut retenir
- Après avoir été écarté du programme F126 au profit de TKMS, Rheinmetall a dévoilé un nouveau concept de frégate. Il s’appelle GMF140.
- Ce navire de 6 000 tonnes et 140 mètres de long vise la puissance de feu d’un destroyer. Il embarque soixante-quatre cellules VLS.
- Rheinmetall cible surtout un programme d’acquisition nord-américain, notamment l’US Navy, après l’annulation du programme Constellation.
- La GMF140 embarquera un système de combat AEGIS, ainsi que des radars et capteurs largement américains.
- Le navire est conçu pour quatre missions : défense aérienne, défense antimissile, lutte anti-sous-marine et frappe à longue portée.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la frégate GMF140 de Rheinmetall ?
Pourquoi Rheinmetall vise-t-il l'US Navy avec ce concept ?
Quel armement embarquera la GMF140 ?
Pourquoi Rheinmetall n'a-t-il pas obtenu le programme F126 ?
Le ministère allemand de la Défense a préféré notifier une commande ferme à TKMS, pour quatre frégates MEKO A200 DEU. Cette décision fait suite aux retards et à l’explosion des coûts du programme F126, initialement confié à Damen.













