Au 1er juillet 2021, l’armée de Terre alignait exactement 739 drones aériens. Cette flotte comprenait 30 Spy’Ranger, ou SMDR, pour Système de mini-drones pour le renseignement. Six DROGEN, drones du Génie, en faisaient aussi partie. 579 nano-drones, essentiellement de type Black Hornet, et 124 micro-drones, complétaient cet inventaire. Avec le retrait des Sperwer, elle ne possédait toutefois plus aucun drone tactique. Le programme Patroller avait alors pris du retard.
Un objectif de 1 200 drones fixé en 2019
Le général Thierry Burkhard, alors chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), avait affiché un objectif en octobre 2019. Il s’agissait de porter ce total à 1 200 exemplaires, à l’horizon 2023. Le retour d’expérience du conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie a toutefois conduit à revoir cette ambition à la hausse. Ce conflit portait sur le Haut-Karabakh. La guerre en Ukraine a surtout renforcé cette révision.
« Une montée spectaculaire », selon Lecornu
Sébastien Lecornu était alors ministre des Armées, lors de l’élaboration de la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-30. Il avait affirmé que l’armée de Terre allait « connaître une montée spectaculaire sur les drones ». L’objectif affiché était de la doter de 3 500 petits drones de contact. Au moins 1 800 munitions téléopérées (MTO) complétaient cette ambition. Dix mille de ses soldats devaient aussi voir leur mission évoluer. Ils seraient ainsi formés à de nouvelles compétences, à forte valeur ajoutée.
Schill fait de la « dronisation » une priorité
Le général Pierre Schill a pris les rênes de l’armée de Terre en juillet 2021. Il a alors fait ainsi de la « dronisation » des unités de combat une priorité. Outre l’acquisition de drones, il avait insisté sur la préparation opérationnelle de ses troupes, pour s’approprier de telles capacités.
« Sans délai », selon le général Schill
En 2023, le général Schill avait fait valoir un point important. Selon lui, « le virage de leur emploi régulier par nos unités doit être pris sans délai ». Un retard risquerait sinon de devenir difficile à combler par la suite.
D'importantes disparités relevées lors d'Orion 2023
Cette mise en garde intervenait dans un contexte précis. Le bilan de l’exercice Orion 2023 avait souligné un problème précis. « D’importantes disparités d’utilisation » de ces appareils existeraient, entre les régiments.
Une École des drones et des centres d'entraînement tactique
Depuis, l’armée de Terre a créé l’École des drones. Cette structure se trouve au sein du 61e Régiment d’Artillerie (RA), unité référente en la matière. Elle a aussi mis en place un réseau de centres d’entraînement tactique drones, au sein de ses brigades.
L’armée de Terre développe par ailleurs un concept spécifique. Il s’agit d’un escadron de drones de chasse, imaginé par le 1er Régiment d’Infanterie de Marine (RIMA). Elle encourage enfin l’innovation, ou « l’esprit pionnier », dans ce domaine, au niveau de ses régiments.
4 001 drones aériens fin 2025
La dernière édition des chiffres clefs de la Défense apporte des précisions. L’armée de Terre comptait ainsi 4 001 drones aériens, au 31 décembre 2025. Elle disposait alors de 35 Spy’Ranger, ainsi que de 31 DT-46. Ces derniers sont fournis par Delair, et utilisés par les batteries d’artillerie. 40 Ebee Vision complétaient cet inventaire. Ces appareils sont acquis auprès de l’américain AgEagle, pour les pelotons de reconnaissance des régiments de l’Arme blindée cavalerie.
Cette flotte comptait aussi 383 Black Hornet. 183 NX-70, livrés par Novadem, complétaient cet ensemble. 529 « micro-drones collectifs » en faisaient aussi partie, sans que le document n’en précise le détail. 2 800 « drones divers » complétaient cet inventaire. On ignore si les MTO en faisaient partie.
Une composition en pleine évolution
La composition de cette flotte a évolué, par rapport aux chiffres arrêtés au 31 décembre 2024. Le nombre de SMDR a en effet été divisé par deux. Celui des nano-drones Black Hornet a, lui, été réduit de deux tiers.
Le Patroller, dont un système avait été livré au 61e RA, ne fait désormais plus partie de l’inventaire. Ce programme, confié à Safran, a en effet été abandonné, lors de l’actualisation de la LPM 2024-30. Il doit être remplacé dans le cadre du marché « ADAPT ». Ce sigle signifie Acquisition d’une capacité initiale de drone d’appui dans la profondeur. Ce marché prévoit l’acquisition de 40 systèmes de drones tactiques. Son coût est estimé à environ 150 millions d’euros.
5 000 drones grâce aux Sonora
Le nombre de drones aériens en service a ainsi depuis encore augmenté. 1 000 appareils de type Sonora ont en effet été livrés en janvier dernier. Ils ont été acquis auprès de la PME française Harmattan AI, en vue de l’exercice Orion 26.
Ce qu'il faut retenir
- L’armée de Terre comptait 4 001 drones aériens fin 2025. Ce chiffre dépasse désormais 5 000, grâce aux drones Sonora livrés en janvier.
- Cette montée en puissance répond à un objectif fixé par Sébastien Lecornu. Dans le cadre de la LPM 2024-30, il visait 3 500 petits drones de contact.
- Le programme Patroller, confié à Safran, a été abandonné. Il sera remplacé par le marché ADAPT, portant sur 40 systèmes de drones tactiques.
- La composition de la flotte évolue rapidement. Le nombre de SMDR et de nano-drones Black Hornet a nettement diminué, en l’espace d’un an.
- L’armée de Terre a structuré cette montée en puissance autour de deux dispositifs. Une École des drones et des centres d’entraînement tactique dans ses brigades en font partie.
Questions fréquentes
Combien de drones aériens l'armée de Terre possède-t-elle aujourd'hui ?
L’armée de Terre comptait 4 001 drones aériens au 31 décembre 2025. Ce chiffre dépasse désormais 5 000, grâce à la livraison de 1 000 drones Sonora en janvier, en vue de l’exercice Orion 26.










