Avant le salon Eurosatory 2026, l’entreprise estonienne Milrem Robotics présente un concept opérationnel destiné à robotiser la défense du flanc Est de l’OTAN, de la Finlande à la Pologne. L’approche s’inscrit dans le cadre de l’EFDI (Eastern Flank Deterrence Initiative) et place les systèmes terrestres sans équipage en première ligne, avant tout engagement de forces humaines.
Une zone RAS dédiée le long de la frontière orientale
Le concept repose sur la création d’une zone spécifiquement dédiée aux RAS (Robotic and Autonomous Systems, ou systèmes robotiques et autonomes), courant le long de la frontière orientale de l’Alliance. Concrètement, cette zone a pour mission de détecter, contenir et neutraliser les menaces avant qu’elles n’atteignent les forces humaines.
Plutôt que de s’appuyer sur des formations massées, l’approche privilégie l’activation rapide de forces robotiques. Les systèmes sans équipage se déploient depuis des positions protégées, établissent les infrastructures défensives et préparent l’espace de bataille en amont. Selon Milrem Robotics, ce dispositif réduit la dépendance aux réserves tout en abaissant le coût politique et financier pour les nations membres de l’OTAN.
La surveillance de la zone frontalière s’appuie sur une combinaison de moyens ISR (Intelligence, Surveillance and Reconnaissance) existants, d’UGV (Unmanned Ground Vehicles, véhicules terrestres sans équipage) et de systèmes aériens tiers. L’ensemble fonctionne au sein d’une architecture de communication résiliente, visant à assurer une conscience situationnelle continue et une réponse immédiate aux menaces de type Counter-UAS (neutralisation de drones adverses).
THeMIS, HAVOC et ARCOS : les briques technologiques du dispositif
Des plateformes sans équipage pour les engagements à haute intensité
La contribution de Milrem Robotics au concept s’articule autour de trois éléments. Le THeMIS, son UGV phare déjà intégré dans les programmes de robotique ou en usage opérationnel dans vingt pays, assure les opérations avancées. Le HAVOC Robotic Combat Vehicle (RCV) prend en charge les engagements à plus haute intensité.
Ces deux plateformes opèrent au sein du système de commandement et de contrôle ARCOS, qui permet la coordination des systèmes sans équipage de Milrem et de leurs charges utiles intégrées dans des cadres de gestion de bataille plus larges.
Un principe de premier contact robotique en cas d'escalade
En cas d’escalade, les forces adverses rencontrent d’abord cette couche défensive robotique. Les systèmes sans équipage assurent le tir direct, les effets anti-drones et la frappe de précision. Des feux longue portée conventionnels viennent par ailleurs cibler les formations adverses en profondeur. Des groupes de combat autonomes étendent ainsi la défense et absorbent les engagements à haut risque, permettant aux forces montées de se mobiliser avec une exposition réduite.
Trois principes fondateurs revendiqués par Milrem
Selon Milrem Robotics, l’approche repose sur trois principes :
- Les robots absorbent les pertes, pas les soldats.
- La dissuasion exige une létalité robotique crédible.
- La défense doit être assurée à un coût moindre et avec une soutenabilité accrue pour les nations de l’OTAN.
Eurosatory 2026 : présentation des technologies habilitantes
Milrem Robotics présentera des éléments de ce concept ainsi que ses technologies habilitantes lors du salon Eurosatory 2026, à Paris.
L’entreprise, dont le siège est en Estonie, dispose de bureaux en Finlande, Suède, Pays-Bas, Pologne, États-Unis et Émirats arabes unis. Elle a notamment dirigé le projet iMUGS (programme EDIDP — European Defence Industrial Development Programme), qui a développé une architecture modulaire et évolutive pour les systèmes hybrides avec et sans équipage. La seconde phase du projet, iMUGS2, dotée de 55 millions d’euros, est actuellement en cours.
Ce qu'il faut retenir
- Milrem Robotics présente un concept de défense robotisée du flanc Est de l’OTAN dans le cadre de l’EFDI, couvrant la frontière de la Finlande à la Pologne.
- Le dispositif repose sur une zone RAS dédiée, avec des systèmes sans équipage en premier contact pour détecter, contenir et neutraliser les menaces.
- Les plateformes THeMIS (UGV) et HAVOC (RCV) opèrent sous le système C2 (commandement et contrôle) ARCOS, intégrable dans des cadres de gestion de bataille alliés.
- La lutte anti-drones (Counter-UAS) occupe une place centrale dans le concept.
- Les technologies seront présentées à Eurosatory 2026, à Paris.









