L’Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT) mène des études pour intégrer un missile antichar sur le futur hélicoptère Guépard. Le constat à l’origine de ces réflexions tient en une phrase : la Gazelle reste quasiment irremplaçable.
Le général David Cruzille, commandant de l’ALAT (COMALAT), a précisé les perspectives capacitaires de l’aviation légère lors d’un entretien à La Tribune.
Le programme Tigre ramené à quatorze appareils modernisés
Initialement, le programme prévoyait la modernisation des 67 hélicoptères Tigre au standard Mk3, dans le cadre d’une coopération avec l’Espagne et l’Allemagne. L’ambition a toutefois été revue à la baisse après le retrait anticipé des Tigre allemands. La Bundeswehr a en effet décidé de les remplacer par un appareil plus léger, le H135 d’Airbus Helicopters.
La version actuelle de la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-30 prévoit désormais une rénovation à mi-vie au standard Mk2+ pour seulement 42 Tigre. Le tableau capacitaire du projet d’actualisation de la LPM évoque même seulement 14 Tigre modernisés à l’horizon 2035.
Selon le général Cruzille, ce chiffre reste cependant ouvert. Une clause de revoyure est prévue en 2028.
Le programme Guépard à nouveau décalé
Le programme HIL (Hélicoptère interarmées léger), aussi appelé Guépard, est également soumis à des aléas. Accéléré en 2019 pour hâter le retrait des plateformes les plus anciennes (Gazelle, Fennec, Panther, Dauphin, Alouette III), il a finalement été décalé.
Le projet d’actualisation de la LPM accentue ce décalage. Il évoque désormais la livraison d’au moins 5 Guépard à l’armée de Terre avant 2030, et non plus 20 exemplaires comme prévu initialement.
Au total, l’ALAT recevra 80 Guépard. Ces appareils remplaceront notamment les Gazelle, qui affichent plus de cinquante ans de service.
Une modularité au service de la dronisation de l'aérocombat
L’ALAT attend ses Guépard avec impatience, notamment pour appliquer le concept de dronisation de l’aérocombat. Le général Cruzille, cité dans La Tribune, précise :
« Cet appareil va nous offrir une modularité vraiment intéressante. C’est un hélicoptère dans lequel nous pouvons mettre une équipe d’opérateurs de drones dans la soute et parallèlement un équipage qui se concentre sur la gestion de sa propre mission. »
La Gazelle, une capacité antichar significative
Selon le général Cruzille, la Gazelle a vocation à passer le relais au Guépard. L’appareil restera toutefois en service plusieurs années encore. Selon le marché verticalisé VEGA, attribué à Airbus Helicopters en 2023, les Gazelle devraient rester en service au moins jusqu’en 2039.
Le COMALAT justifie ce maintien par une capacité particulière de la Gazelle :
« Elles ont une capacité antichar significative pour notre armée de Terre. Il faut vraiment que je conserve cette capacité jusqu’au moment où le Guépard pourra prendre le relais. »
La Gazelle équipée du système Viviane embarque ainsi des missiles antichars HOT.
L'Akeron LP, candidat pour armer le futur Guépard
Pour que le Guépard prenne pleinement le relais de la Gazelle, il devra hériter de cette capacité antichar. Des études sont en cours à l’ALAT. Selon le général Cruzille :
« Cet appareil va offrir une grande modularité. Des études sont en cours pour intégrer un armement un peu plus important, notamment pour le doter d’un missile antichar. »
Selon Opex360, le missile envisagé serait l’Akeron LP, développé par MBDA.
Toujours selon le COMALAT, le Guépard pourra également servir d’hélicoptère de manœuvre. Sa soute permettra notamment des missions d’évacuation sanitaire (EVASAN).
Une réflexion ouverte sur les hélicoptères de faible tonnage
En 2019, l’ancien COMALAT, le général Michel Grintchenko, avait estimé que la Gazelle serait difficile à remplacer. L’appareil rustique de deux tonnes, équipé de missiles HOT, affichait selon lui un excellent taux de disponibilité malgré son âge.
Le général Cruzille partage ce constat. Il s’interroge sur l’opportunité de conserver, à terme, un hélicoptère léger en complément des appareils de nouvelle génération. Toujours selon le COMALAT, ces hélicoptères légers pourraient également être dronisés pour conduire les missions associées.
Le refus d'acquérir des hélicoptères de transport lourd
Le général Cruzille n’envisage pas en revanche d’acquérir des hélicoptères de transport lourd, comme le CH-47F Chinook. Selon lui :
« Je ne veux pas renoncer à une partie de cette flotte d’hélicoptères de manœuvre moyens [les NH90, ndlr] pour développer une micro flotte d’hélicoptères lourds. »
Selon le COMALAT, plusieurs partenaires européens disposent déjà de cette capacité. Cette dernière pourrait donc être mise au profit de la force par ces pays.
Ce qu'il faut retenir
- L’ALAT mène des études pour intégrer un missile antichar sur le futur hélicoptère Guépard.
- Selon Opex360, le missile envisagé serait l’Akeron LP de MBDA.
- Le programme Tigre est revu à la baisse : 14 appareils modernisés à l’horizon 2035, avec une clause de revoyure en 2028.
- L’armée de Terre ne recevra que cinq Guépard avant 2030, contre 20 prévus initialement.
- Selon le COMALAT, la Gazelle restera en service au moins jusqu’en 2039.
- Le général Cruzille écarte l’acquisition d’hélicoptères de transport lourd comme le CH-47F Chinook.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le programme HIL Guépard ?
Le programme HIL (Hélicoptère interarmées léger) vise à doter les trois armées françaises d’un même appareil, le Guépard. Selon le calendrier actuel, l’ALAT recevra au total 80 Guépard, dont au moins cinq avant 2030.
Pourquoi la Gazelle reste-t-elle en service ?
Selon le général Cruzille, la Gazelle conserve une capacité antichar significative pour l’armée de Terre. L’appareil restera en service jusqu’à ce que le Guépard puisse prendre le relais. Selon le marché VEGA attribué à Airbus Helicopters en 2023, les Gazelle devraient rester en service jusqu’en 2039 au moins.
Quel missile équipera le futur Guépard ?
Le missile antichar envisagé pour le Guépard serait l’Akeron LP, développé par MBDA. Les études sont en cours à l’ALAT pour valider cette intégration. Le Guépard pourrait également emporter des armements plus légers, comme des mitrailleuses ou des roquettes de précision.
Que devient le programme Tigre ?
La LPM 2024-30 prévoit la modernisation au standard Mk2+ de 42 Tigre. Le projet d’actualisation évoque toutefois seulement 14 Tigre modernisés à l’horizon 2035. Selon le général Cruzille, ce chiffre reste ouvert, une clause de revoyure étant prévue en 2028.











