Depuis mars, les Royal Marines mettent en œuvre le drone de surface (USV) K3 Scout. Vingt exemplaires ont ainsi été acquis auprès de Kraken Technology Group. Ce contrat de 12 millions de livres sterling s’inscrit dans le cadre du programme Beehive.
Le K3 Scout, un drone reconfigurable selon les missions
Cette embarcation sans équipage affiche ainsi un déplacement de 2,5 tonnes, pour une longueur de 8,4 mètres. Elle peut être rapidement reconfigurée, selon les missions qui lui sont confiées. Cela comprend la lutte antisurface, la surveillance, la protection des forces, ou encore le transport.
Le K3 Scout dispose d’une endurance de 30 jours. Il peut naviguer à une vitesse maximale de 55 nœuds.
Une « première mondiale » en juillet
Début juillet, le ministère britannique de la Défense (MoD) s’est ainsi félicité d’une avancée notable. Un K3 Scout avait été largué en pleine mer, depuis une altitude de 400 mètres. Un avion de transport A400M de la Royal Air Force (RAF) avait procédé à ce largage. Cette opération a été rendue possible grâce au système UMCADS (Universal Maritime Aircraft Aerial Delivery System), développé par Capewell.
Une caméra qui aurait transmis des données à un serveur chinois
Le K3 Scout vient toutefois de faire parler de lui pour une tout autre raison. Selon des informations du quotidien The Telegraph, sa caméra aurait envoyé des données à un serveur basé en Chine. Ce transfert serait passé par un logiciel de type « Heartbeat », destiné à vérifier le bon fonctionnement du matériel.
Dès la découverte de cette faille, le MoD a réagi. Selon le journal, il a supprimé toute connectivité Internet des caméras utilisées par ces USV. Le Telegraph relève un contexte plus large. Cet épisode ravive les craintes d’espionnage chinois envers les forces britanniques, après des années d’avertissements sécuritaires sur ce pays.
Pour équiper les K3 Scout des Royal Marines, Kraken Technology Group s’était procuré ces caméras auprès d’un autre fournisseur. Ce dernier aurait donné toutes les assurances nécessaires en matière de sécurité.
« Nous avons perdu confiance en cette plateforme »
Un responsable de la défense britannique, au fait de ce dossier, a ainsi dénoncé un manquement majeur en matière de contrôle. Selon lui, cité dans les pages du Telegraph, « nous avons perdu confiance en cette plateforme ».
Le MoD relativise la portée de l'affaire
Le MoD a toutefois relativisé la portée de cette affaire. Il a reconnu qu’une faille avait bien été découverte. Cette découverte a eu lieu lors d’une évaluation de routine de la vulnérabilité cybernétique des K3 Scout.
Selon un porte-parole du ministère, une enquête approfondie a été menée. Elle n’aurait révélé « aucune preuve d’accès, de compromission ou de transmission externe des données ». Il a ajouté un point sur les procédures internes. Les processus d’assurance et de test du ministère seraient conçus pour identifier et traiter rapidement les vulnérabilités potentielles. Des activités de sécurité de routine continueraient d’être menées sur l’ensemble des systèmes et équipements britanniques.
Kraken Technology Group se veut rassurant
Kraken Technology Group s’est aussi voulu rassurant. Un porte-parole a fait une précision technique. Certaines caméras tierces, conformes à la loi américaine NDAA, comportaient un petit nombre de composants provenant de l’extérieur du Royaume-Uni.
Un audit complet a ensuite été réalisé, conjointement avec la Royal Navy. Selon l’entreprise, cet audit a permis de tirer une conclusion claire. « Aucune information sensible n’a jamais été partagée en dehors des canaux prévus », affirme-t-elle. Toutes les vulnérabilités potentielles auraient par ailleurs été identifiées et corrigées.
Un précédent en avril, avec des imprimantes 3D chinoises
Cette affaire n’est pas une première pour le MoD. En avril, il avait déjà été rapporté qu’une enquête avait été ouverte. La British Army avait utilisé des imprimantes 3D de facture chinoise. Elle s’en était servie pour fabriquer des munitions rôdeuses, lors d’un exercice au Kenya.
Le ministre britannique délégué à l’Industrie de défense, Luke Pollard, avait alors expliqué la nature de ces investigations. Elles portaient sur d’éventuelles implications en matière de cybersécurité. La façon dont les données étaient stockées, transmises et protégées était notamment en cause.
Ce qu'il faut retenir
- Selon The Telegraph, une caméra équipant les drones K3 Scout des Royal Marines aurait envoyé des données à un serveur chinois.
- Le MoD a supprimé la connectivité Internet des caméras concernées. Cette décision a suivi la découverte de la faille, lors d’une évaluation de routine.
- Un porte-parole du ministère affirme qu’aucune preuve d’accès ou de compromission des données n’a été trouvée, à l’issue d’une enquête approfondie.
- Kraken Technology Group, fabricant du K3 Scout, confirme la présence de composants étrangers dans certaines caméras. L’entreprise dément toutefois tout partage d’informations sensibles.
- Cette affaire fait écho à un précédent d’avril, concernant l’usage d’imprimantes 3D chinoises par la British Army au Kenya.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le drone K3 Scout ?
C’est un drone de surface (USV) utilisé par les Royal Marines depuis mars. Vingt exemplaires ont été acquis auprès de Kraken Technology Group, pour 12 millions de livres sterling, dans le cadre du programme Beehive.
Quelle faille de sécurité a été découverte sur ce drone ?
Selon The Telegraph, la caméra équipant le K3 Scout aurait envoyé des données à un serveur basé en Chine. Un logiciel de vérification du bon fonctionnement du matériel aurait servi à ce transfert.
Le ministère britannique de la Défense confirme-t-il cette fuite de données ?
Non. Un porte-parole du MoD affirme qu’une enquête approfondie n’a révélé aucune preuve d’accès, de compromission ou de transmission externe des données. Il confirme toutefois qu’une faille avait bien été découverte.
D'autres incidents similaires ont-ils déjà touché le ministère britannique de la Défense ?
Oui. En avril, une enquête avait été ouverte après un usage controversé de la British Army. Celle-ci avait utilisé des imprimantes 3D chinoises, pour fabriquer des munitions rôdeuses lors d’un exercice au Kenya.










