L3Harris a détaillé son système de guerre électronique Viper Shield, destiné aux F-16 Block 70/72. Travis Hull, responsable du développement commercial de Viper Shield et ancien pilote de F-16, l’a présenté dans un entretien. Selon lui, le système apporte une protection intégrée, tout en réduisant la charge de travail des pilotes. Huit pays l’ont déjà choisi.
Un système numérique intégré au radar du F-16
Viper Shield est le système de guerre électronique de base des F-16 Block 70/72. Il s’intègre aussi étroitement au radar APG-83. Cette intégration permet une coordination, impulsion par impulsion, entre les capteurs de l’avion.
Les anciens systèmes pouvaient dégrader le radar et le détecteur d’alerte radar lorsque le brouilleur fonctionnait, rappelle M. Hull. Après de nombreux essais en vol, L3Harris se dit confiant. Le système fonctionnerait sans accroc avec les autres sous-systèmes de l’avion.
Il est entièrement numérique et tient dans un format compact 3U VPX. Son récepteur numérique à large bande joue le rôle de détecteur d’alerte radar. Il surveillerait tout le spectre simultanément, y compris des menaces brèves, à une seule impulsion. Il identifierait aussi les menaces, les hiérarchiserait et les afficherait au pilote.
Lockheed Martin, constructeur du F-16, a travaillé avec L3Harris sur l’interface pilote-avion. Un son en 3D complète le détecteur d’alerte radar. Un pilote entend ainsi une menace venant de l’arrière depuis cette direction.
Le système réagit ensuite automatiquement. Il contre ou dégrade les menaces, et le pilote se concentre sur sa mission. M. Hull parle d’une armure numérique, qui protégerait l’avion en arrière-plan. Elle assurerait ainsi une protection « avant même que le pilote sache qu’il doit être protégé ».
Un système défini par logiciel, pensé pour évoluer
Viper Shield est défini par logiciel. L3Harris attend des mises à jour continues pendant toute sa durée de service. Le matériel resterait largement inchangé, tandis que de nouveaux algorithmes répondraient aux menaces émergentes.
Un fichier de données de mission permet par ailleurs de modifier rapidement le comportement du système. Les opérateurs peuvent le faire au jour le jour. Les mises à jour du logiciel et du micrologiciel apportent en outre des changements plus profonds. Un quatrième emplacement de carte 3U VPX reste d’ailleurs libre. Il offrirait de la place à de futures capacités matérielles, sans refonte complète.
L3Harris prépare aussi une feuille de route. Elle prévoit la réception en ondes millimétriques, la goniométrie et la géolocalisation opérationnelle. Un client étudie déjà ces ajouts. Ils pourraient ainsi donner un futur Viper Shield 2.0. L’entreprise s’attend en effet à des menaces plus difficiles à détecter, parfois actives pendant une seule impulsion.
Le système limite également les interférences entre appareils. La déconfliction entre ailiers empêche deux avions de se brouiller mutuellement. Elle peut être manuelle ou automatique. L3Harris l’a testée avec des F-16 C et D, monoplaces et biplaces.
Huit pays clients et 233 systèmes commandés
Huit pays ont choisi Viper Shield. Le Pérou est le dernier en date. Les autres clients préfèrent toutefois ne pas être nommés. Ils se trouvent en Europe, au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique du Nord. Le système est désormais en production, avec 233 exemplaires commandés pour ces huit clients. Les installations sur avions et les premiers vols sont attendus en 2027.
Les clients s’intéressent aux F-16 Block 70/72 neufs comme à la modernisation de flottes existantes. Pour des Block 50 ou 52, une mise à niveau pourrait prolonger la durée de vie des appareils. Elle améliorerait aussi leur capacité de survie. Le Maroc exploite par exemple des F-16 Block 52.
Le système peut s’installer en interne ou en nacelle, selon la flotte. Une solution commune à des appareils neufs et modernisés faciliterait aussi le soutien. M. Hull présente Viper Shield comme une solution éprouvée et à faible risque.
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Ce qu'il faut retenir
- L3Harris présente Viper Shield comme le système de guerre électronique de base des F-16 Block 70/72.
- Le système s’intègre au radar APG-83 et réagit également de façon automatique aux menaces.
- Il est défini par logiciel, avec des mises à jour et un fichier de données de mission.
- Huit pays l’ont choisi, dont le Pérou, avec 233 systèmes commandés.
- Les premiers vols d’avions équipés sont ainsi attendus en 2027.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que Viper Shield ?
C’est un système de guerre électronique numérique de L3Harris. Il équipe les F-16 Block 70/72 et protège ainsi l’avion, tout en réduisant la charge du pilote.
Combien de pays ont choisi Viper Shield ?
Huit pays l’ont choisi, dont le Pérou. Les autres clients préfèrent toutefois ne pas être nommés.
Le système équipe-t-il aussi des F-16 plus anciens ?
Oui, selon L3Harris. Il peut aussi moderniser des flottes existantes, comme des Block 50 ou 52.
Quand les premiers avions équipés voleront-ils ?
Le système est déjà en production. Les premiers vols sont donc attendus en 2027.











