Gendarmerie : un mur d’obsolescence pour ses véhicules en 2028

Peugeot Expert de la Gendarmerie nationale

Le parc de véhicules légers de la Gendarmerie nationale risque de « se heurter à un mur d’obsolescence » en 2028. C’est l’avertissement de la députée Anne-Laure Blin dans son avis sur les crédits de la Gendarmerie pour 2027, rapporté par OPEX360. Le projet de loi de finances pour 2027 « réitère une année blanche » : la Gendarmerie n’achèterait aucun nouveau véhicule.

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Un parc qui vieillit faute de renouvellement

La Gendarmerie compte 33 600 véhicules légers. Selon la députée, son besoin annuel de renouvellement se situe autour de 3 750 unités. Or ce volume n’a pas été atteint en 2023, en 2024 ni en 2026. Elle n’a acquis que 1 055 véhicules en 2023 et 730 en 2024. Seule l’année 2025 a dépassé ce seuil, avec 4 554 véhicules. Cette année, elle ne pourra en acquérir que 29. Les années 2022 et 2025 n’ont pas compensé les déficits accumulés.

En octobre 2025, le général Hubert Bonneau, directeur général de la Gendarmerie, avait expliqué qu’un véhicule dure huit ans. Il faut donc renouveler un huitième du parc chaque année, soit 3 750 véhicules. Or l’âge moyen du parc était déjà de huit ans. Désormais, il atteint 8,2 ans pour les véhicules légers et 7,8 ans pour les deux et trois roues, selon Anne-Laure Blin. Cette ancienneté continuera d’augmenter sans renouvellement, avec des risques accrus de pannes et des coûts de maintenance croissants.

Une année blanche en 2027

Aujourd’hui, 8 526 véhicules, soit près de 28 % du parc, dépassent déjà les critères de réforme : huit ans d’ancienneté et 200 000 kilomètres. Pour 2027, la Gendarmerie devra renoncer à acheter de nouveaux véhicules. Certains véhicules commandés en 2025 continueront d’arriver jusqu’à la fin de 2026, avec 2 315 livraisons attendues à la mi-2026, ce qui masque encore l’effet de la pause. Mais en 2027, le flux de livraisons se tarira, et le parc risque de se heurter à un « mur » en 2028, avertit la députée.

Le malus écologique, une difficulté de plus

Un rapport du Sénat de juillet 2025 relevait un « effet d’éviction » : les dépenses de personnel et de fonctionnement passent avant les dépenses d’investissement. Il soulignait aussi que le malus écologique complique le renouvellement du parc, car il peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros par véhicule. Les véhicules hybrides ou électriques ne constituent pas une option pour les missions opérationnelles de ces unités, selon ce rapport, en raison de problèmes de recharge et du poids des batteries.

Lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2026, l’Assemblée nationale a adopté un amendement qui exempte les véhicules des forces de sécurité intérieure de ce malus. L’état du parc reste néanmoins préoccupant. Par ailleurs, la Gendarmerie prépare aussi d’autres équipements, comme les vedettes de la Gendarmerie maritime, dont la DGA a notifié le programme en juin.

Ce qu’il faut retenir

  • La Gendarmerie risque un « mur d’obsolescence » en 2028 pour ses véhicules légers, selon la députée Anne-Laure Blin.
  • Ainsi, elle ne pourrait acheter aucun véhicule neuf en 2027, après seulement 29 en 2026.
  • Par ailleurs, 8 526 véhicules, soit près de 28 % du parc, dépassent déjà les critères de réforme.
  • De plus, le besoin annuel est d’environ 3 750 véhicules pour un parc de 33 600.
  • Enfin, le malus écologique complique le renouvellement, malgré un amendement adopté pour 2026.

Questions fréquentes

Quel est le problème du parc de la Gendarmerie ?

Il vieillit faute de renouvellement suffisant. L’âge moyen atteint 8,2 ans pour les véhicules légers, et 28 % du parc dépasse les critères de réforme.

Environ 3 750, pour un parc total de 33 600 véhicules légers, selon Anne-Laure Blin.

Les livraisons de véhicules commandés en 2025 se terminent fin 2026, et le projet de loi de finances 2027 ne prévoit aucun achat. Le flux de nouveaux véhicules se tarira donc.

Selon le Sénat, le malus écologique peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros par véhicule, et les budgets d’investissement passent après les dépenses de personnel.

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