Le programme IRIS² constitue le premier réseau de satellites multi-orbitaux en Europe. Cette constellation était initialement prévue autour de 300 satellites. Elle a depuis été renforcée, pour atteindre 348 satellites, avec un déploiement des premiers services visé dès 2029.
Un besoin croissant de connectivité satellitaire
La transition vers l’économie numérique s’accompagne d’un besoin croissant de connectivité, pour la transmission rapide des données. Sur un marché mondial en évolution rapide, le satellite affiche des performances notables. Elles restent techniques et économiques, proches des solutions terrestres comme la fibre optique. Son avantage majeur reste un coût de déploiement constant, quelle que soit la zone géographique. Les zones non couvertes par les infrastructures terrestres en bénéficient particulièrement.
Les télécommunications, un enjeu stratégique pour l'Europe
Plusieurs initiatives de constellations se développent aujourd’hui. Des acteurs publics en Chine et aux États-Unis en font partie, tout comme des acteurs privés, avec Oneweb, Starlink ou Kuiper. Le secteur des télécommunications reste ainsi plus que jamais stratégique, pour la France et l’Europe. Le programme IRIS² vise à répondre à cet enjeu.
Plusieurs facteurs ont permis l’émergence de ces constellations. Les progrès en matière de miniaturisation électronique en font partie. La diminution drastique des coûts de lancement, ainsi que la capacité industrielle à produire des satellites à moindre coût, y ont aussi contribué.
Une constellation initialement prévue à 300 satellites
Ce programme de l’Union européenne a été décidé en mars 2023. Baptisé IRIS² (Infrastructure de résilience, d’interconnectivité et de sécurité par satellite), il devait initialement compter environ 300 satellites. Cette constellation devait fournir une infrastructure de communication sécurisée, aux organismes et agences gouvernementales de l’UE.
Le dispositif viserait à garantir l’autonomie stratégique de l’UE, dans le domaine des communications gouvernementales sécurisées. La constellation devrait aussi fournir des services commerciaux, en cherchant à maximiser les synergies entre infrastructures gouvernementales et commerciales.
Un financement initial de 2,4 milliards d'euros
IRIS² a été financé par l’UE, à hauteur de 2,4 milliards d’euros, sur le Cadre financier pluriannuel 2021-2027. Ce financement a été complété par l’ESA, à hauteur de 600 millions d’euros. Des acteurs privés commerciaux y ont aussi contribué, dans le cadre d’un contrat de concession.
L’appel d’offres relatif au contrat principal de développement a été finalisé avec un consortium de trois opérateurs. Eutelsat, SES et Hispasat en faisaient partie, associés à des partenaires industriels comme Airbus, Thales et OHB.
Des centres de contrôle installés en France, en Italie et au Luxembourg
La Commission européenne a retenu, en avril 2024, trois pays pour héberger les centres de contrôle d’IRIS². La France, à Toulouse, l’Italie, à Fucino, et le Luxembourg, à Bettembourg, ont ainsi été choisis. Une coordination interministérielle française a d’ailleurs été établie sur ce sujet, en lien avec GOVSATCOM.
Des usages civils et militaires très variés
Le programme fournit une large variété de services, aux gouvernements comme aux citoyens européens. La surveillance des frontières et des zones reculées en fait partie. La protection civile, en cas de crise ou de catastrophe naturelle, en bénéficie aussi. L’aide humanitaire et la gestion des urgences maritimes en profitent également.
IRIS² permettra également de gérer différentes infrastructures, comme le trafic aérien, ferroviaire ou routier. Des services de télécommunications institutionnels, pour les ambassades notamment, ainsi que de nouveaux services de télémédecine, complètent ces usages. La connectivité de zones stratégiques, comme l’Arctique, la Baltique ou la Méditerranée, sera aussi renforcée.
Un accord de mise en œuvre signé en août 2026
Le 7 août 2026, la Commission européenne et le consortium SpaceRISE ont conclu leurs négociations. Un accord de mise en œuvre a ainsi été signé. Il marque le passage de la phase de planification à celle du déploiement à grande échelle, avec le soutien de l’Agence spatiale européenne (ESA).
Ces négociations avaient débuté en janvier 2026, sous le nom de « Rendez-vous 1 ». Elles ont confirmé les paramètres clés du programme. La conception, la capacité du système et le calendrier de déploiement en faisaient partie. Le prix cible et l’investissement des opérateurs privés en faisaient aussi partie.
La constellation portée à 348 satellites
Cet accord prévoit l’ajout de 66 satellites supplémentaires, en orbite terrestre basse. La constellation principale atteint ainsi désormais 348 satellites, dont 330 en orbite terrestre basse et 18 en orbite terrestre moyenne. Des éléments optionnels supplémentaires pourraient aussi soutenir des missions spécifiques.
Cette nouvelle couche renforcerait les capacités en matière de défense, de sécurité et de services d’urgence. Les capacités gouvernementales sécurisées augmenteraient ainsi de 60 % au sein de l’UE, et de 54 % à l’échelle mondiale.
« Augmenter de plus de 60 % les capacités », selon Kubilius
Andrius Kubilius, commissaire européen chargé de l’industrie de la défense et de l’espace, a commenté cette annonce. Selon lui, cette étape reste décisive pour la sécurité et la souveraineté numérique de l’Europe. L’objectif serait ainsi d’« augmenter de plus de 60 % les capacités gouvernementales sécurisées au sein de l’Union ». Cette constellation renforcée offrirait aux États membres une connectivité résiliente et autonome, y compris lors des crises à venir.
« Une réponse claire aux besoins de connectivité », selon Aschbacher
Josef Aschbacher, directeur général de l’ESA, a aussi réagi à cette annonce. Selon lui, « IRIS² apporte une réponse claire aux besoins de l’Europe en matière de connectivité souveraine ». Le franchissement de cette étape démontrerait la capacité de l’Europe à agir seule. Elle préserverait ainsi ses intérêts essentiels.
Des contributions nationales croissantes
Plusieurs États membres renforcent déjà le programme IRIS², via des investissements nationaux ciblés. La Pologne s’est ainsi engagée à hauteur de 656 millions d’euros. La Hongrie a promis 500 millions d’euros de son côté. L’Espagne a, elle, annoncé des investissements compris entre 1,6 et 2 milliards d’euros. D’autres contributions restent à l’étude.
L'industrie européenne mobilisée en approche « Team Europe »
IRIS² sera mis en œuvre selon une approche « Team Europe ». Elle combine l’expertise de la Commission, des États membres, de l’ESA et de l’industrie. Le consortium SpaceRISE se compose de SES, Eutelsat et Hispasat. Ces derniers, ainsi que les fabricants européens, se sont engagés à fournir les infrastructures nécessaires.
L’équipe industrielle réunit de grandes entreprises spatiales, comme Airbus Defence and Space, Thales Alenia Space, OHB et Aerospacelab. De nombreuses start-up et PME européennes pourraient aussi y trouver des opportunités.
Vers un déploiement opérationnel dès 2029
Les prochaines étapes comprennent plusieurs volets. La finalisation de la conception détaillée de la constellation en fait partie, ainsi que la préparation de la construction des satellites et d’une infrastructure sol sécurisée. La mise en place de services de lancement suivra. Le déploiement progressif de services de connectivité est attendu dès 2029.
IRIS² permettra aux utilisateurs gouvernementaux autorisés des États membres de communiquer de manière sécurisée. Des pays participants, comme la Norvège et l’Islande, en bénéficieront aussi, lors d’opérations critiques.
Ce qu'il faut retenir
- La constellation européenne IRIS² a été renforcée en août 2026. Elle passe de 300 à 348 satellites, pour un déploiement des premiers services dès 2029.
- Ce programme vise à garantir l’autonomie stratégique de l’Union européenne. Cela concerne les communications gouvernementales sécurisées, face aux acteurs américains et chinois.
- Le renforcement de la constellation augmentera les capacités gouvernementales sécurisées. Cette hausse atteindra 60 % au sein de l’UE, selon la Commission européenne.
- Plusieurs États membres, dont la Pologne, la Hongrie et l’Espagne, investissent des centaines de millions d’euros supplémentaires dans ce programme.
- Le consortium SpaceRISE, associant SES, Eutelsat et Hispasat, pilote le déploiement industriel aux côtés de grands groupes comme Airbus, Thales et OHB.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le programme IRIS² de l'Union européenne ?
C’est la première constellation satellitaire multi-orbitale européenne. Elle vise à garantir une connectivité sécurisée et souveraine aux gouvernements, services d’urgence et citoyens européens, avec un déploiement des premiers services prévu dès 2029.
Combien de satellites comptera la constellation IRIS² ?
La constellation compte désormais 348 satellites, contre 300 initialement prévus. Elle se répartit entre 330 satellites en orbite terrestre basse et 18 en orbite terrestre moyenne, suite à un renforcement annoncé en août 2026.
Quels pays contribuent financièrement au programme IRIS² ?
Au-delà du financement européen initial de 2,4 milliards d’euros, plusieurs États membres investissent des fonds supplémentaires. La Pologne (656 millions d’euros), la Hongrie (500 millions d’euros) et l’Espagne (1,6 à 2 milliards d’euros) en font partie.
À quoi servira concrètement la constellation IRIS² ?
Elle servira à la surveillance des frontières, à la protection civile, ainsi qu’à la gestion des urgences maritimes. Les télécommunications institutionnelles et la télémédecine dans les zones isolées en bénéficieront aussi, tout comme le renforcement de la connectivité dans les zones stratégiques pour l’Europe.









