À l’occasion du 224e anniversaire de la Légion d’honneur, retour sur la plus haute distinction nationale française. Créée par la loi du 19 mai 1802, elle continue, plus de deux siècles après sa fondation, de récompenser les mérites acquis au service de la Nation, à titre civil comme sous les armes.
Mais que représente-t-elle exactement ? Qui peut l’obtenir, et selon quelle procédure ? Voici un tour d’horizon pédagogique de cet ordre national.
L'essentiel en quelques lignes
La Légion d’honneur est un ordre national placé sous l’autorité du président de la République. Elle distingue les mérites éminents, civils ou militaires, acquis au service de la Nation.
Elle comporte cinq échelons :
- trois grades (chevalier, officier, commandeur)
- et deux dignités (grand officier, grand’croix).
Nul ne peut demander la décoration pour lui-même : il faut être proposé, soit par une procédure ministérielle, soit par une initiative citoyenne. La distinction ne s’accompagne d’aucun avantage financier, sauf à titre militaire. Elle peut être retirée en cas de condamnation pénale ou d’actes contraires à l’honneur.
Qu'est-ce que la Légion d'honneur ?
La Légion d’honneur est la plus haute distinction nationale française. Elle vise à honorer des citoyens français comme des personnes étrangères. Elle constitue un ordre national, c’est-à-dire une distinction honorifique attribuée au nom du président de la République et placée sous son autorité directe.
La décoration récompense les mérites éminents acquis au service de la Nation. Ces mérites peuvent avoir été acquis à titre civil ou sous les armes.
Le président de la République est le grand maître de l’ordre. L’administration de la Légion d’honneur revient à la Grande chancellerie, dirigée par le grand chancelier.
Trois grades et deux dignités
La Légion d’honneur comprend cinq échelons, attribués progressivement selon l’ancienneté, les mérites et les services rendus. On distingue trois grades et deux dignités.
Les trois grades, du plus accessible au plus élevé :
- Chevalier : attribué après au moins 20 ans de services publics ou d’activités professionnelles, assortis de mérites éminents.
- Officier : attribué après 8 ans dans le grade de chevalier, en reconnaissance de nouveaux mérites.
- Commandeur : attribué après 5 ans dans le grade d’officier, pour des mérites plus distingués encore.
Les deux dignités, qui couronnent l’ordre :
- Grand officier : attribué après 3 ans dans le grade de commandeur, pour des services d’une importance exceptionnelle.
- Grand’croix : attribué après 3 ans dans la dignité de grand officier, pour des mérites encore plus exceptionnels.
Un principe gouverne tout avancement : chaque promotion doit récompenser des mérites nouveaux, et non des mérites déjà distingués.
Quelles conditions pour être décoré ?
Les critères d’obtention diffèrent légèrement selon que la personne est civile ou militaire. Dans les deux cas, trois conditions sont requises.
Pour un civil :
- Justifier de mérites éminents dans l’exercice, pendant au moins 20 ans, d’activités au service de l’intérêt général et de la Nation.
- Présenter un casier judiciaire vierge et une bonne moralité.
- Être proposé par un ministre, après constitution d’un dossier.
Pour un militaire, les deux premières conditions sont identiques. La troisième diffère : le candidat doit être inscrit sur un tableau de concours, dans les conditions fixées par décret.
Une exception existe. Chaque année, à titre exceptionnel, la Légion d’honneur peut récompenser sans délai une personne ayant accompli un acte de bravoure ou ayant exposé sa vie dans l’exercice de ses fonctions. Dans ce cas, les 20 ans de service ne sont pas exigés.
À noter : il n’est pas nécessaire d’être de nationalité française pour être décoré. Les personnes étrangères peuvent recevoir la Légion d’honneur, mais ne peuvent pas devenir membres de l’ordre.
Comment est-on proposé ? Les deux voies possibles
Un principe est fondamental : nul ne peut demander la Légion d’honneur pour lui-même. Il faut être proposé par un tiers. Deux procédures existent.
La procédure ministérielle
C’est la voie la plus courante. Des personnalités politiques (maires, parlementaires), des préfets, des cabinets ministériels, des administrations ou des acteurs économiques et associatifs peuvent soumettre des candidats.
Les dossiers remontent ensuite aux ministères concernés. Seuls les ministres sont habilités à proposer des candidats pour les grades de chevalier, officier et commandeur. Les dignités de grand officier et grand’croix, elles, sont proposées uniquement par le Premier ministre.
L'initiative citoyenne
Mise en place en 2008, cette seconde voie permet de distinguer des personnes agissant pour leurs concitoyens dans la discrétion et le désintéressement.
Tout Français majeur peut suggérer une personne qu’il estime méritante. Pour être recevable, la proposition doit être motivée et signée par 50 personnes majeures de nationalité française jouissant de leurs droits civiques. Elle est accompagnée d’un mémoire détaillant les mérites de la personne proposée, puis transmise au préfet du département de résidence du candidat.
L’initiative citoyenne connaît toutefois des limites. Elle ne peut pas concerner une personne décédée, une personne étrangère ou un militaire en service. Le nombre de nominations par cette voie est par ailleurs plafonné.
Le parcours d'un dossier
Une fois la proposition déposée, le dossier suit un cheminement précis. Le préfet examine la candidature et, si les mérites le justifient, la transmet avec son avis au ministère compétent.
Les ministères adressent ensuite les propositions retenues à la Grande chancellerie. Le conseil de l’ordre de la Légion d’honneur se prononce alors sur leur recevabilité. Cette instance indépendante, présidée par le grand chancelier, réunit seize membres.
La décision finale revient au chef de l’État. En tant que grand maître de l’ordre, il valide la liste définitive des décorés. Il peut en retirer des noms, mais ne peut pas en ajouter.
Quand ont lieu les promotions ?
Pour les civils, il existe deux promotions annuelles : au 1er janvier et au 14 juillet. La Préfecture du Nord mentionne également une promotion à Pâques.
Pour les militaires, deux promotions sont également prévues : en juin-juillet pour les militaires en service actif, et en novembre pour les réservistes et anciens combattants.
À l’occasion de commémorations historiques ou d’événements particuliers, comme les Jeux olympiques, des promotions spéciales peuvent aussi être publiées.
La remise des insignes : une étape obligatoire
Recevoir la Légion d’honneur ne se limite pas à figurer dans un décret. Le grade n’est réellement acquis qu’après la remise des insignes, lors d’une cérémonie publique ou privée. Avant cette cérémonie, le décoré ne peut pas porter les signes distinctifs de l’ordre.
La décoration ne peut être remise que par une personne disposant d’un grade au moins équivalent dans l’ordre. Les dignités les plus élevées sont remises par le président de la République ; les grades de chevalier, officier et commandeur le sont par le grand chancelier. Plusieurs hautes autorités peuvent également procéder à la remise, par délégation présidentielle.
Après la cérémonie, un brevet est délivré au décoré. Signé par le président de la République et contresigné par le grand chancelier, il atteste de l’appartenance à l’ordre.
Une distinction sans avantage financier
Contrairement à une idée répandue, la Légion d’honneur ne s’accompagne d’aucun avantage matériel ou financier réel. Seule la Légion d’honneur attribuée à titre militaire donne droit à une gratification annuelle.
La médaille elle-même n’est pas fournie par l’administration. Le décoré doit l’acheter auprès de la Monnaie de Paris ou d’un fabricant spécialisé.
La Légion d'honneur peut-elle être retirée ?
Oui. La Légion d’honneur peut être retirée dans plusieurs cas :
- Déchéance de la nationalité française.
- Condamnation pour crime.
- Condamnation à une peine d’emprisonnement sans sursis égale ou supérieure à un an.
- Condamnation à une peine correctionnelle.
- Actes contraires à l’honneur ou de nature à nuire aux intérêts de la France.
La décision d’exclusion ou de suspension est prononcée par décret du président de la République. L’exclusion entraîne le retrait définitif du droit de porter les insignes de toute décoration rattachée à la Grande chancellerie.
Ce qu'il faut retenir
- La Légion d’honneur a été créée par la loi du 19 mai 1802.
- C’est la plus haute distinction nationale française, placée sous l’autorité du président de la République.
- Elle récompense les mérites éminents acquis au service de la Nation, à titre civil ou militaire.
- Elle comporte cinq échelons : chevalier, officier, commandeur, grand officier et grand’croix.
- Nul ne peut demander la décoration pour lui-même : il faut être proposé.
- Deux voies existent : la procédure ministérielle et l’initiative citoyenne (50 signatures requises).
- Le grade n’est acquis qu’après la remise officielle des insignes.
- La distinction n’ouvre droit à aucun avantage financier, sauf à titre militaire.
- Elle peut être retirée en cas de condamnation pénale ou d’actes contraires à l’honneur.
Sources : Service-Public.gouv.fr ; Préfecture du Nord.














