La force française Licorne a détruit au sol la plupart des aéronefs militaires ivoiriens. Cela s’est produit après le bombardement de Bouaké, en novembre 2004. La Côte d’Ivoire, désormais stabilisée, aurait pu bénéficier d’une aide de Paris. Cette aide aurait permis au pays de se doter de nouvelles capacités aériennes.
Un contexte marqué par la destruction de sa flotte militaire
Ce pays a en effet joué un rôle de premier plan lors des opérations Serval et Barkhane. Il a notamment servi de point d’appui à ces deux opérations. Il fait aussi face à une menace jihadiste, dans le nord de son territoire. Hormis trois hélicoptères AS350 Écureuil et des mini-drones DT-46, il n’en a toutefois rien été.
Une force aérienne ivoirienne limitée
La force aérienne ivoirienne dispose actuellement de trois King Air, pour des missions de reconnaissance. Elle compte aussi quatre avions de transport : deux Antonov AN-26, un Beechcraft 1900, et un CN-295.
Dix hélicoptères de facture soviétique complètent ce dispositif. Il s’agit d’un Mil Mi-8, de cinq Mil Mi-24 pour l’attaque, et de quatre Mil Mi-17. La force aérienne met aussi en œuvre plusieurs appareils à usage gouvernemental, dont trois Gulfstream.
Un contrat signé avec la Chine en 2024
C’est donc vers la Chine que la Côte d’Ivoire s’est tournée, pour renforcer les capacités de sa force aérienne. Le ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara, a signé un contrat en juin 2024. Ce contrat a été conclu avec le groupe chinois CATIC (China National Aero-Technology Import & Export Corporation). L’objectif était d’acquérir des « vecteurs aériens de dernière génération ».
Le ministère ivoirien de la Défense avait alors justifié ce choix. Il s’agissait, selon lui, de mieux sécuriser l’espace aérien du pays. Cela passerait par un renforcement des capacités opérationnelles et de dissuasion des FACI (Forces armées de Côte d’Ivoire). Ce renforcement viserait notamment la lutte contre le terrorisme. Le ministère n’avait pas précisé la nature exacte de ces « vecteurs aériens de dernière génération ». Il avait toutefois précisé un point. Selon lui, ils permettraient au pays de « se positionner dans le peloton des grandes puissances militaires de la sous-région ».
Hélicoptères, avions d'entraînement et drones armés
A priori, les FACI auraient fait l’acquisition de quatre hélicoptères Harbin Z-9, version chinoise de l’AS365 Dauphin français. Trois avions d’entraînement Hongdu JL-8, aussi connus sous l’appellation « Karakorum-8 », en feraient aussi partie.
Deux drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) Chengdu GJ-2, ou Wing Loong II, pouvant être armés, complèteraient ce lot. La livraison de ces derniers a été confirmée par le ministère ivoirien de la Défense. Une vidéo a été diffusée à cet effet, sur le réseau social Facebook, le 10 août.
Des missions ISR menées depuis Bouaké
Selon les quelques éléments communiqués à cette occasion, ces deux Wing Loong II sont basés à Bouaké. Cette ville se situe dans le centre du pays. Ils mènent désormais depuis cette base des missions ISR (renseignement, surveillance, reconnaissance), voire d’appui-feu.
Les caractéristiques du Wing Loong II
Le Wing Loong II affiche une endurance de 32 heures. Il vole jusqu’à 9 000 mètres d’altitude, à une vitesse de croisière de 200 km/h. Cet appareil est équipé d’un radar, ainsi que de capteurs optroniques. Il dispose aussi d’une nacelle COMINT, dont les caractéristiques ne sont pas publiques.
Il peut emporter jusqu’à 480 kg de munitions. Cela comprend des bombes guidées Luoyang FT, ainsi que des missiles air-sol CASIC XM-50KG et NORINCO Blue Arrow LJ-7. Le Nigeria a d’ailleurs été le premier pays de la région à en acquérir. Ce choix s’inscrivait dans la lutte contre les organisations jihadistes Boko Haram, et Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique (ISWAP).
Ce qu'il faut retenir
- La Côte d’Ivoire a confirmé, le 10 août, la livraison de deux drones armés Wing Loong II. Ces drones ont été achetés à la Chine.
- Ces drones sont basés à Bouaké, et mènent des missions de renseignement, de surveillance et d’appui-feu.
- Ce contrat, signé en 2024 avec le groupe chinois CATIC, comprend aussi des hélicoptères Harbin Z-9. Des avions d’entraînement Hongdu JL-8 en font aussi partie.
- Le Wing Loong II peut emporter jusqu’à 480 kg de munitions, dont des bombes guidées et des missiles air-sol.
- Le Nigeria avait déjà acquis ce type de drone, pour lutter contre Boko Haram et l’ISWAP.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le drone Wing Loong II ?
Pourquoi la Côte d'Ivoire a-t-elle acheté ces drones à la Chine ?
Quels autres équipements la Côte d'Ivoire a-t-elle achetés à la Chine ?
D'autres pays africains utilisent-ils le Wing Loong II ?
Oui, le Nigeria a été le premier pays de la région à en faire l’acquisition. Ce choix s’inscrivait dans sa lutte contre les organisations jihadistes Boko Haram et l’ISWAP.










