La France se dit « ouverte » à l’idée de coopérer avec la Suède pour développer un avion de combat de nouvelle génération

Un responsable de l'Élysée évoque une capacité française clé, absente côté suédois : la production de moteurs d'avions de combat.
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À y regarder de plus près, l’avion de combat suédois JAS-39 Gripen a sans doute été un concurrent redoutable pour le Rafale. Il l’aurait même été bien plus que l’Eurofighter Typhoon/EF2000. Saab a en effet damé le pion à Dassault Aviation en Suisse, en 2012. Berne n’a toutefois pas confirmé ses intentions par la suite. Le Brésil, et plus récemment la Colombie, ont aussi préféré le Gripen.

L'Ukraine choisit les deux avions

En revanche, les deux avions ont été choisis par l’Ukraine, pour moderniser ses forces aériennes. En juillet, Kiev a signé un accord pour se procurer seize Gripen E/F. Le pays a aussi approuvé une « feuille de route », censée lui permettre d’obtenir autant de Rafale d’ici 2028.

« Un ADN commun », selon Thierry Carlier

Il est régulièrement reproché aux industriels européens de l’armement de se livrer à des luttes fratricides. Une coopération entre Dassault Aviation et Saab ne serait donc pas incongrue. Elle pourrait viser à développer un avion de combat de nouvelle génération. Thierry Carlier l’a d’ailleurs souligné. Il est ex-numéro deux de la Direction générale de l’armement, et actuel ambassadeur de France en Suède. Selon lui, les deux industriels partagent « un ADN commun, un respect fort et une compétence partagée ».

La France se tourne vers la Suède après l'échec du SCAF

La coopération scellée autour du Système de combat aérien du futur (SCAF), avec l’Allemagne et l’Espagne, a échoué. La France envisage désormais une nouvelle piste. Elle pourrait se tourner vers la Suède. Les deux pays ont significativement renforcé leurs relations militaires, tant au niveau opérationnel qu’industriel, ces dernières années. Cette question devrait être évoquée, lors de la visite du président Macron à Stockholm, le 31 août.

« Ouverte » à une coopération, selon l'Élysée

Selon le site Politico, un responsable de l’Élysée a confié à la presse un élément important. La France se dirait « ouverte » à une coopération avec la Suède. L’objectif serait de développer un avion de combat de nouvelle génération.

« Des avions assez similaires, assez petits »

Selon ce responsable, « nous recherchons tous les deux des avions assez similaires, assez petits ». Les possibilités de coopération resteraient nombreuses, a-t-il ajouté. La France disposerait d’une capacité de production de moteurs d’avions, que la Suède ne possède pas. Ce domaine pourrait ainsi faire l’objet d’une coopération future.

« Notre indépendance et notre souveraineté », selon Trappier

La question de la motorisation reste en effet centrale. Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, l’a récemment rappelé lors d’une audition au Sénat. Selon lui, « c’est ce qui nous donne notre indépendance et notre souveraineté ».

Le savoir-faire français en la matière, qui repose sur Safran, constitue un atout certain. Le Gripen reste, lui, doté d’un réacteur américain, le F404 de GE Aerospace. En l’état actuel des choses, un constat similaire vaudrait aussi pour le drone de combat collaboratif A3-001. Saab l’a dévoilé la semaine passée.

Deux concurrents qui se respectent mutuellement

Le responsable de l’Élysée a par ailleurs précisé la nature de cette relation industrielle. Dassault construirait ses propres avions, et Saab les siens. Il s’agirait de deux concurrents, aux approches assez similaires, qui se respecteraient mutuellement. Les deux entreprises auraient d’ailleurs déjà coopéré par le passé, notamment sur le démonstrateur de drone de combat nEUROn.

La Suède doit trancher d'ici septembre 2027

Reste à voir ce que fera la Suède, également courtisée par l’Allemagne. Le pays doit se prononcer sur l’avenir de son aviation de combat, d’ici septembre 2027.

En attendant, Saab mène des études conceptuelles. Elles portent sur des solutions habitées et non habitées, dans une perspective de système de systèmes. Ces études s’inscrivent dans le cadre du projet « Konceptprogram Framtida Stridsflygsystem » (KFS).

Ce qu'il faut retenir

  • Un responsable de l’Élysée s’est dit « ouvert » à une coopération franco-suédoise. L’objectif serait de développer un avion de combat de nouvelle génération.
  • Cette ouverture intervient après l’échec du programme SCAF, mené avec l’Allemagne et l’Espagne. Elle pourrait être évoquée lors de la visite de Macron à Stockholm.
  • La France disposerait d’un atout clé face à la Suède. Sa capacité de production de moteurs d’avions resterait absente côté suédois.
  • Dassault Aviation et Saab ont déjà coopéré par le passé, notamment sur le démonstrateur de drone de combat nEUROn.
  • La Suède doit trancher sur l’avenir de son aviation de combat d’ici septembre 2027, également courtisée par l’Allemagne.

Questions fréquentes

Pourquoi la France envisage-t-elle une coopération avec la Suède sur l'aviation de combat ?

Après l’échec du programme SCAF avec l’Allemagne et l’Espagne, la France se tourne vers la Suède. Ce partenaire a vu ses relations militaires avec Paris se renforcer ces dernières années. Ses besoins en avions de combat resteraient aussi similaires aux siens.

Selon un responsable de l’Élysée, la France dispose d’une capacité de production de moteurs d’avions que la Suède ne possède pas. Ce domaine reste jugé stratégique pour l’indépendance et la souveraineté nationale.

Oui, les deux industriels ont notamment collaboré sur le démonstrateur de drone de combat nEUROn. Ce projet était mené sous l’égide de Dassault Aviation, dans le cadre d’une coopération européenne.

La Suède, également courtisée par l’Allemagne, doit se prononcer sur ce sujet d’ici septembre 2027. Saab poursuit actuellement des études conceptuelles, dans le cadre du projet KFS.

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