L’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) s’entraîne à une possible attaque chimique menée par des drones. Lors de son dernier exercice BASEX, elle a ainsi simulé ce scénario contre la base aérienne 116 de Luxeuil-Saint-Sauveur. Cet exercice a eu lieu du 23 septembre au 2 octobre.
Après l'opération Toile d'araignée, une simulation d'attaque saturante
Les forces aérospatiales russes avaient-elles imaginé un tel scénario ? Le 1er juin 2025, cinq de leurs bases abritant des bombardiers stratégiques ont subi des attaques presque simultanées. Des essaims de drones FPV, à pilotage immersif, les ont pourtant menées depuis des centaines de kilomètres. Le service de sécurité ukrainien (SBU) a conduit cette opération, baptisée Toile d’araignée.
L’an passé, l’AAE a ainsi voulu vérifier sa capacité à faire face à un scénario comparable. Elle a donc simulé une attaque saturante par drones contre l’une de ses bases aériennes. « J’ai envie de vous dire que le résultat est perfectible », a confié le général Jérôme Bellanger. Ce chef d’état-major s’exprimait lors d’une audition parlementaire.
BASEX : un exercice organisé deux fois par an
En matière de sécurité, il faut tout envisager, même le scénario le plus improbable. C’est pourquoi l’AAE organise l’exercice BASEX deux fois par an, sur toutes les bases aériennes.
Selon l’AAE, BASEX repose sur « une intensification progressive des scénarios, intégrant des attaques multiples et simultanées ». L’exercice mobilise tout le personnel, civil et militaire, toutes spécialités confondues. L’objectif est de garantir une réponse globale, coordonnée et efficiente face aux crises. Il entraîne aussi les aviateurs à maîtriser l’information et à lutter contre la désinformation. Il les prépare enfin à coordonner les secours dans un environnement dégradé.
La dernière édition a eu lieu du 23 septembre au 2 octobre. Comme prévu, des scénarios réalistes ont mis à l’épreuve les cellules de crise et les aviateurs des bases. Des opérations dites hybrides en faisaient également partie.
Un scénario chimique à Luxeuil-Saint-Sauveur
L’un de ces scénarios, détaillé dans un compte rendu de l’AAE, simulait une attaque chimique menée par des drones. Elle visait la base 116 de Luxeuil-Saint-Sauveur.
Selon ce compte rendu, les équipes ont bouclé entièrement la zone d’épandage et de propagation toxique. Elles ont recensé, isolé puis évacué les personnels présents en zone contaminée. Des équipes spécialisées les ont ensuite prises en charge. Le reste du personnel a attendu hors de la zone d’exclusion, afin de maintenir les capacités opérationnelles.
Cette hypothèse n’est toutefois pas nouvelle. En 2016, un exercice interservices avait simulé la chute d’un drone contenant une capsule chimique, pendant un match de rugby. L’incident se déroulait sur la tribune Ferrasse du stade d’Armandie, à Agen. D’autres exercices de ce type ont eu lieu à Saint-Étienne et à Nîmes, entre autres. Face aux drones FPV, l’armée de Terre mise par ailleurs sur le fusil de chasse.
Ce qu'il faut retenir
- L’AAE a simulé une attaque chimique par drones contre la base de Luxeuil-Saint-Sauveur.
- Ce scénario faisait ainsi partie de l’exercice BASEX, qui a eu lieu du 23 septembre au 2 octobre.
- BASEX se déroule deux fois par an, sur toutes les bases aériennes.
- L’AAE avait en effet déjà simulé, l’an passé, une attaque saturante par drones. Le résultat est perfectible, selon son chef d’état-major.
- Les autorités envisagent ainsi depuis longtemps cette hypothèse d’attaque chimique par drone.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'exercice BASEX ?
C’est un exercice de l’AAE qui a lieu deux fois par an, sur toutes les bases aériennes. Il intensifie progressivement des scénarios de crise.
Quel scénario l'AAE a-t-elle simulé à Luxeuil-Saint-Sauveur ?
Elle a simulé une attaque chimique menée par des drones. Les équipes ont ensuite bouclé la zone et évacué les personnels contaminés.
Pourquoi l'AAE simule-t-elle des attaques par drones ?
Elle veut ainsi tester sa réponse à des scénarios improbables. L’opération ukrainienne Toile d’araignée, en juin 2025, en est un exemple.
Une telle hypothèse est-elle nouvelle ?
Non. En 2016, un exercice interservices avait en effet déjà simulé la chute d’un drone chargé d’une capsule chimique, à Agen.










