Le Global Combat Air Programme (GCAP) est mené par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon. Il vise à développer un chasseur-bombardier de nouvelle génération. Ce programme pourrait-il se concrétiser avant 2035, la date initialement prévue ?
Un programme qui prend l'avantage sur le SCAF
Après des incertitudes sur son financement côté britannique, le GCAP bénéficie désormais d’une dynamique favorable. Son concurrent, le Système de combat aérien du futur (SCAF), reste à l’inverse bloqué. Des désaccords jugés insurmontables opposent la France et l’Allemagne sur ce programme rival.
Le mois dernier, Londres a publié son Plan d’investissement de la défense (DIP). À la suite de cette publication, Edgewing a obtenu un contrat. Il doit lancer la phase de conception détaillée et de développement du GCAP. Edgewing est la coentreprise commune à BAE Systems, Leonardo et Japan Aircraft Industrial Enhancement. Ce contrat doit permettre de faire voler un démonstrateur FCAD (Future Combat Air Demonstrator) en 2027.
Sa valeur est estimée à 5,3 milliards d’euros. D’autres sources évoquent toutefois un montant différent : plus de 5 milliards de livres sterling, soit environ 5,8 milliards d’euros.
Des essais moteur et de nouveaux partenaires
Dans le même temps, Rolls-Royce, Avio Aero et IHI Corporation ont fait une annonce. Les essais au sol du démonstrateur du moteur destiné à cet avion vont bientôt débuter.
Les trois pays à l’origine du programme ont par ailleurs accepté que le Canada les rejoigne, avec le statut d’observateur. Selon Jane’s, des discussions préliminaires seraient aussi en cours avec Singapour.
« Une forte pression » pour accélérer le calendrier
Ces signaux positifs pourraient se traduire par une accélération du programme. C’est ce qu’a indiqué Lorenzo Mariani, PDG de Leonardo, lors d’une conférence téléphonique avec des investisseurs, le 31 juillet.
Selon lui, une forte pression existe pour avancer de quelques années cette date. Elle était initialement prévue pour 2035. Cette possibilité aurait été évoquée lors de réunions ministérielles. Elle se justifierait, selon lui, par l’urgence de rendre opérationnel un système aussi multidomaine.
Une accélération possible, à condition de moduler les exigences
Une telle accélération doit toutefois rester réalisable. Selon Lorenzo Mariani, elle suppose de renoncer temporairement à certaines capacités. Il faudrait ainsi « probablement moduler les exigences auxquelles cette version initiale répondrait ». Selon lui, il resterait toujours possible de satisfaire progressivement l’exigence finale. Cela aurait, selon lui, toujours été le cas pour d’autres programmes complexes.
Le PDG de Leonardo n’a donné aucune précision sur les capacités susceptibles d’être développées ultérieurement. Parmi les trois pays partenaires, le Japon serait sans doute le plus intéressé par cette accélération. Le pays prévoit en effet de retirer ses avions de combat F-2 d’ici 2035 au plus tard. Cet appareil est une déclinaison du F-16, produite par Mitsubishi.
Une approche par étapes pour tenir les délais
Pour rendre ce calendrier viable sur le plan industriel, Lorenzo Mariani a suggéré une approche progressive. Les exigences initiales seraient adaptées, puis les capacités ajoutées au fil du temps. La première version du GCAP pourrait ainsi entrer en service plus rapidement.
Des mises à jour ultérieures permettraient, à terme, de répondre à l’ensemble des spécifications initiales. Cette approche resterait courante dans les projets aérospatiaux complexes.
Un programme piloté par Edgewing et la GIGO
Le GCAP réunit le Japon, l’Italie et le Royaume-Uni. Il doit remplacer le F-2 japonais, ainsi que l’Eurofighter Typhoon britannique. Le projet est géré par Edgewing, sous l’égide de la Global Industrial Governance Organisation (GIGO), basée au Royaume-Uni.
Lors du salon aéronautique de Farnborough, plusieurs discussions ont eu lieu entre acteurs du secteur. Elles ont montré que l’Italie et le Japon souhaitent particulièrement raccourcir les délais de livraison.
De nouveaux partenaires, mais pas avant 2035
Concernant l’adhésion éventuelle de nouveaux pays, Lorenzo Mariani a rejoint la position de Charles Woodburn, PDG de BAE Systems. Selon eux, la marge de manœuvre pour ajouter de nouveaux partenaires diminuerait rapidement. Repousser le calendrier actuel, pour faire de la place à de nouveaux membres, comporterait un risque. Cela pourrait saper la confiance dans la planification du projet.
Lorenzo Mariani a reconnu qu’un consortium plus large pourrait offrir une stabilité à long terme. Il a toutefois jugé le respect des délais actuels prioritaire. L’Arabie saoudite et l’Allemagne figurent parmi les partenaires potentiels cités. L’arrivée récente du Canada, avec le statut d’observateur, constitue selon lui une évolution positive.
Une croissance financière qui conforte Leonardo
Ces annonces coïncident avec la publication d’un rapport financier solide pour Leonardo. Le groupe a enregistré une hausse de 40 % de ses commandes sur un an, à environ 16 milliards d’euros. Son résultat net a par ailleurs progressé de 74 %.
Fort de ces résultats, Leonardo a revu à la hausse ses prévisions annuelles. Le groupe table désormais sur 28,2 milliards d’euros de commandes, et un Ebita de 2,21 milliards d’euros.
Ce qu'il faut retenir
- Le GCAP, initialement prévu pour 2035, pourrait être avancé de quelques années. C’est ce qu’a indiqué Lorenzo Mariani, PDG de Leonardo.
- Cette accélération suppose de moduler les exigences de la première version. Des mises à jour ultérieures permettraient d’atteindre les spécifications finales.
- Edgewing a obtenu un contrat pour lancer la conception détaillée du GCAP, avec un démonstrateur FCAD prévu en 2027.
- Le Canada a rejoint le programme comme observateur ; des discussions préliminaires seraient en cours avec Singapour.
- Leonardo a publié des résultats financiers solides, avec des commandes en hausse de 40 % sur un an.














