Le ministère américain de la Défense a finalement reconnu une « pénurie » de munitions. Cette pénurie serait liée à la guerre en Iran. Cette reconnaissance figure dans un rapport publié lundi, baptisé Operation Epic Fury.
33,4 milliards de dollars dépensés entre février et juin
Le rapport de l’Inspecteur général du Pentagone livre une estimation précise. Une période précise est ciblée, du 28 février au 30 juin. C’est à cette dernière date que l’opération a perdu son nom. « Epic Fury » aurait coûté environ 33,4 milliards de dollars, durant cette période. Sur ce total, 22,3 milliards auraient été dépensés uniquement en munitions tirées, contre l’Iran.
« Une pénurie sur les inventaires stratégiques », selon le rapport
Les dépenses en munitions lors de l’opération auraient « provoqué une pénurie sur les inventaires stratégiques ». Ce même rapport révélerait aussi des goulots d’étranglement, au sein des industries chargées du renouvellement des munitions. Ce constat contredit deux voix officielles. Le Secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, en fait partie, tout comme la Maison-Blanche.
« Des quantités pratiquement illimitées », affirmait Trump
On se souviendra qu’en début septembre, Donald Trump avait fait une déclaration notable. Les États-Unis disposeraient, selon lui, de « quantités pratiquement illimitées de munitions ».
Un président poussé à limiter les frappes, selon la presse
Selon la presse, ce manque de munitions aurait eu une conséquence directe. Le président n’aurait pas renouvelé les attaques à grande échelle contre Téhéran, durant l’été. Il aurait aussi mis la pression sur les équipementiers. L’objectif serait de raccourcir les délais de production des missiles intercepteurs, dont les stocks resteraient au plus bas.
« Épuisé à près de 80 % », selon CNN
La chaîne CNN avait évoqué, le mois dernier, l’ampleur de cette pénurie. Le stock d’intercepteurs pour les systèmes de défense THAAD serait « épuisé à près de 80 % ».
L'Ukraine et les alliés de Washington inquiets
Cette pénurie, désormais reconnue par le Pentagone, est susceptible d’inquiéter plusieurs partenaires des États-Unis. L’Ukraine en fait notamment partie, celle-ci ayant un besoin urgent de missiles intercepteurs supplémentaires, dans sa guerre contre la Russie. D’autres alliés de Washington, en attente de livraisons de missiles intercepteurs, pourraient aussi s’inquiéter de cette situation.
Ce qu'il faut retenir
- Le Pentagone a reconnu, dans un rapport officiel, une pénurie de munitions liée à l’opération Epic Fury menée contre l’Iran.
- Cette opération aurait coûté 33,4 milliards de dollars entre février et juin, dont 22,3 milliards en munitions tirées.
- Ce constat contredit les déclarations publiques du Secrétaire à la Guerre Pete Hegseth et de Donald Trump, qui évoquait des stocks « pratiquement illimités ».
- Le stock d’intercepteurs THAAD serait épuisé à près de 80 %, selon CNN, poussant Washington à limiter certaines frappes.
- Cette pénurie inquiète notamment l’Ukraine, qui a besoin de missiles intercepteurs supplémentaires face à la Russie.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'opération Epic Fury mentionnée dans ce rapport du Pentagone ?
C’est le nom donné à une opération militaire américaine, menée contre l’Iran entre le 28 février et le 30 juin. Elle aurait coûté environ 33,4 milliards de dollars, dont 22,3 milliards en munitions tirées.
Pourquoi le rapport du Pentagone contredit-il les déclarations de Donald Trump ?
Donald Trump affirmait début septembre que les États-Unis disposaient de quantités pratiquement illimitées de munitions. Le rapport de l’Inspecteur général du Pentagone reconnaît pourtant une pénurie sur les inventaires stratégiques, ainsi que des goulots d’étranglement industriels.
Quel est l'état des stocks de missiles intercepteurs THAAD américains ?
Selon CNN, le stock d’intercepteurs pour les systèmes de défense THAAD serait épuisé à près de 80 %. Cette situation aurait poussé le président américain à limiter certaines frappes contre l’Iran, durant l’été.
Pourquoi cette pénurie de munitions inquiète-t-elle l'Ukraine ?
L’Ukraine a un besoin urgent de missiles intercepteurs supplémentaires, dans sa guerre contre la Russie. Cette pénurie américaine pourrait retarder ou limiter les livraisons dont elle dépend, tout comme celles destinées à d’autres alliés de Washington.










