L’Allemagne veut de nouveaux missiles pour ses avions Poseidon

Avion P-8A Poseidon Allemagne

L’aviation navale allemande (MarineFlieger) a transféré ses chasseurs-bombardiers Panavia Tornado à la Luftwaffe, au début des années 2000. Depuis, elle ne dispose plus de capacités de frappe antinavire. Elle devrait toutefois bientôt remédier partiellement à ce déficit capacitaire. Ses hélicoptères embarqués NH90 « Sea Tiger » pourront en effet emporter le missile Marte ER. Ce dernier, conçu par MBDA, affiche une portée de 100 km.

« Nous avons besoin de missiles antisurface de longue portée »

Pour son commandant, le capitaine de vaisseau Broder Nielsen, il s’agirait toutefois d’aller encore plus loin. En juillet, au salon de l’aéronautique de Farnborough, il a pris position sur ce sujet. L’une de ses priorités resterait, selon lui, de doter les avions de patrouille maritime P-8A Poseidon d’une capacité de frappe à longue portée. Ces appareils sont acquis auprès de Boeing.

La mise en service de ces avions n’en serait qu’à ses prémices, selon lui, nécessitant de procéder étape par étape. La priorité resterait la capacité à mener des frappes cinétiques. La réception de torpilles en ferait partie, tout comme une capacité de frappe de précision dans la profondeur. Le Joint Strike Missile (JSM), développé par le norvégien Kongsberg, constituerait à ses yeux une option valable. « Nous avons besoin de missiles antisurface de longue portée », avait-il insisté.

Le JSM, une variante à longue portée du missile NSM

Pour rappel, le JSM reste une variante du missile antinavire « Naval Strike Missile » (NSM). Selon son profil de vol, sa portée serait comprise entre 185 et 555 kilomètres. Il emporterait une charge militaire de 120 kg. Ce missile embarquerait une centrale inertielle, un dispositif GPS et un système de navigation de type TERCOM. Ce dernier lui permettrait de voler à très basse altitude. Un autodirecteur à imagerie infrarouge, associé à une base de données sur des cibles potentielles, compléterait cet armement.

Pour le moment, le P-8A Poseidon ne serait pas encore qualifié pour tirer le JSM/NSM. Le chasseur-bombardier F-35A et le drone MQ-9B SeaGuardian le seraient, eux, déjà. Ce dernier a été commandé à huit exemplaires par la MarineFlieger. Le P-8A pourrait en revanche déjà emporter des missiles AGM-84 Harpoon, AGM-84H/K SLAM-ER, AGM-88G AARGM-ER et AGM-158C LRASM.

Une nouvelle commande de JSM en préparation, selon Hartpunkt

Cela étant, selon le site spécialisé Hartpunkt, une nouvelle commande se préparerait. Le ministère allemand de la Défense s’apprêterait à commander de nouveaux JSM, au profit de la Deutsche Marine. Ces missiles équiperaient ainsi les P-8A Poseidon, leur permettant d’engager des cibles terrestres et navales à longue portée. Des sources bien informées auraient été citées par Hartpunkt à ce sujet. Selon elles, « les forces armées allemandes devraient acquérir ces missiles JSM cette année ». Ils constitueraient une option pour l’armement de son plus gros avion de combat.

Pour le moment, la MarineFlieger doit recevoir huit P-8A Poseidon au total. Berlin envisagerait aussi d’en commander quatre supplémentaires. Une enveloppe de 2,8 milliards d’euros de crédits d’engagement serait prévue à cette fin, pour la période 2028-2030. Ces appareils accompagneraient aussi les drones MQ-9B SeaGuardian.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Allemagne envisagerait d’équiper ses avions de patrouille maritime P-8A Poseidon du missile antinavire JSM. Sa portée atteindrait jusqu’à 555 kilomètres.
  • Le capitaine de vaisseau Broder Nielsen, commandant de la MarineFlieger, a plaidé publiquement pour une capacité de frappe à longue portée, dès juillet dernier.
  • Le F-35A et le drone MQ-9B SeaGuardian, déjà en service, peuvent tirer le JSM, contrairement au P-8A Poseidon.
  • Une nouvelle commande de missiles JSM serait attendue dès cette année, selon le site spécialisé Hartpunkt.
  • L’Allemagne pourrait aussi commander quatre P-8A Poseidon supplémentaires d’ici 2030, avec une enveloppe de 2,8 milliards d’euros déjà anticipée.

Questions fréquentes

Pourquoi l'Allemagne veut-elle équiper ses P-8A Poseidon du missile JSM ?

L’aviation navale allemande ne dispose plus de capacités de frappe antinavire à longue portée. Cela vaut depuis le retrait de ses Tornado, et son commandant souhaite désormais doter ses P-8A Poseidon d’une capacité de frappe cinétique de précision dans la profondeur.

C’est une variante à longue portée du missile antinavire Naval Strike Missile. Le norvégien Kongsberg l’a développée, avec une portée atteignant entre 185 et 555 kilomètres selon son profil de vol, et une charge militaire de 120 kg.

Pour l’instant, seuls le chasseur-bombardier F-35A et le drone MQ-9B SeaGuardian peuvent tirer le JSM, au sein des forces allemandes. Le P-8A Poseidon n’a pas encore reçu cette certification.

La MarineFlieger doit recevoir huit P-8A Poseidon au total. Une possible commande de quatre appareils supplémentaires est aussi envisagée, d’ici 2030, pour laquelle une enveloppe de 2,8 milliards d’euros serait déjà prévue.

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