Pourquoi les Pays-Bas veulent leur propre avion-radar suédois

Après la France et les Émirats arabes unis, les Pays-Bas rejoignent la liste des utilisateurs de cet avion suédois.
Saab avion GlobalEye

Actuellement, la force aérienne royale néerlandaise (Koninklijke Luchtmacht, KLu) ne dispose pas d’avion de détection et de commandement aéroportés. Elle n’a d’ailleurs jamais exprimé le besoin d’en posséder un. Elle participe déjà à la Force aéroportée de détection lointaine et de contrôle de l’Otan (NAEW&C). Cette force est équipée de quatorze E-3A Sentry, ou AWACS, livrés par Boeing dans les années 1980.

Une lettre d'intention signée avec la Suède

Les temps ont toutefois changé. Ce 10 septembre, le ministère néerlandais de la Défense a fait une annonce importante. Les Pays-Bas venaient de signer une lettre d’intention avec la Suède, en vue d’acquérir un avion GlobalEye auprès de Saab. L’objectif est de réduire leur dépendance aux E-3A Sentry de la NAEW&C. Les Pays-Bas continueront toutefois de contribuer au renouvellement de ces avions.

« Une plus grande autonomie », selon le ministère néerlandais

L’objectif reste de permettre à la KLu une plus grande autonomie. Elle pourrait ainsi déterminer où et quand ce GlobalEye sera déployé, explique le ministère néerlandais. Cet appareil pourrait aussi être engagé dans les opérations militaires nationales. Des exercices internationaux pourraient aussi en bénéficier.

Il s’agit, en clair, d’accroître les capacités de surveillance des approches aériennes et maritimes des Pays-Bas. Ce renforcement intervient dans un contexte de guerre hybride.

La participation à la NAEW&C maintenue

Cela étant, il n’est pas question de remettre en cause la participation néerlandaise à la NAEW&C. Cette dernière remplacera prochainement ses E-3A Sentry par des GlobalEye. Cela a été confirmé lors du sommet de l’Otan à Ankara, en juillet dernier. Selon la Défense néerlandaise, les avions AWACS de l’Otan survolent les Pays-Bas jusqu’à 2 600 fois par an.

Le GlobalEye, conçu à partir du Bombardier Global 6000

Pour rappel, le GlobalEye est conçu à partir de l’avion d’affaires Bombardier Global 6000, ou 6500. Il permet d’assurer une surveillance aérienne, maritime et terrestre en temps réel. Son radar à balayage électronique affiche une portée de détection supérieure à 550 km. Une suite de capteurs résilients au brouillage électronique complète cet équipement.

Cet appareil a déjà été retenu par la France, la Suède et les Émirats arabes unis. Le Canada négocie, de son côté, l’achat de six exemplaires.

« Détecter des menaces difficiles à repérer », selon le ministère

Le système GlobalEye reste équipé de radars et de capteurs de pointe, selon le ministère néerlandais de la Défense. Des équipements de communication avancés en font aussi partie. Il peut ainsi surveiller simultanément de vastes zones. Cela lui permet de « détecter des menaces difficiles à repérer, comme les drones et les missiles de croisière ». L’identification d’installations radar en fait aussi partie.

Cet appareil recueille en parallèle des renseignements spécifiques. Ces informations sont traitées immédiatement, puis partagées avec les aéronefs, les navires et les unités terrestres. Ces derniers les utilisent ensuite pour analyser la situation, et établir un état des lieux actualisé.

Un soutien mutualisé avec la Suède dès 2031

A priori, le soutien du GlobalEye que la KLu recevra en 2031 sera mutualisé. Celui des trois appareils attendus par la force aérienne suédoise sera concerné. Les équipages et les techniciens néerlandais auront aussi accès à ces derniers appareils. L’objectif est de leur permettre d’acquérir plus rapidement de l’expérience. Ils pourront aussi se familiariser avec les procédures associées, précise le ministère.

Ce qu'il faut retenir

  • Les Pays-Bas ont signé, le 10 septembre, une lettre d’intention avec la Suède pour acquérir un avion-radar GlobalEye de Saab.
  • Cette acquisition vise à réduire la dépendance néerlandaise aux AWACS de l’Otan. Leur participation à la NAEW&C n’est toutefois pas remise en cause.
  • Le GlobalEye offre une portée de détection radar supérieure à 550 km, déjà adoptée par la France, la Suède et les Émirats arabes unis.
  • Le soutien de l’appareil néerlandais sera mutualisé avec celui de la Suède, avec une livraison prévue en 2031.
  • Cette acquisition s’inscrit dans un contexte de guerre hybride, pour renforcer la surveillance des approches aériennes et maritimes des Pays-Bas.

Questions fréquentes

Pourquoi les Pays-Bas achètent-ils un avion GlobalEye alors qu'ils participent déjà à la NAEW&C de l'Otan ?

Cette acquisition vise à réduire la dépendance néerlandaise aux AWACS de l’Otan. Elle offre aussi plus d’autonomie sur le déploiement de cette capacité, sans pour autant remettre en cause leur participation à la force otanienne.

C’est un avion de surveillance aérienne, maritime et terrestre, conçu à partir du Bombardier Global 6000. Il est doté d’un radar à balayage électronique d’une portée supérieure à 550 km, déjà utilisé par la France, la Suède et les Émirats arabes unis.

La livraison est prévue en 2031. Un soutien mutualisé avec les trois appareils attendus par la force aérienne suédoise permettra aux équipages néerlandais de se former plus rapidement.
Selon la Défense néerlandaise, les avions AWACS de l’Otan survolent le territoire néerlandais jusqu’à 2 600 fois par an. Ce chiffre illustre l’ampleur de cette dépendance actuelle.

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