Inde : les négociations sur l’achat de 114 Rafale supplémentaires vont pouvoir débuter

Astra, Brahmos NG, standard F4 : le détail des exigences techniques indiennes pour ce contrat de plus de 30 milliards d'euros.
Achat 114 rafales inde

L’Inde avait ainsi d’abord commandé 36 Rafale, dans le cadre d’un accord intergouvernemental avec la France. Cette commande s’inscrivait dans le programme MRCA (Multi-Role Combat Aircraft). L’Inde envisagea ensuite de lancer un appel d’offres, pour se procurer 114 avions de combat multirôles supplémentaires. Elle exigeait alors de vastes transferts industriels et technologiques. Cette exigence s’inscrivait dans sa politique « Make in India », ainsi que dans son initiative « Aatmanirbhar Bharat » (« Inde autosuffisante »).

Plusieurs constructeurs sur les rangs

Outre Dassault Aviation, avec le Rafale, plusieurs autres industriels étaient en lice. Il s’agissait des américains Boeing (F-15EX) et Lockheed Martin (F-21, déclinaison du F-16 Viper pour le marché indien). Le consortium Eurofighter (EF2000/Typhoon) et le suédois Saab (Gripen E/F) figuraient aussi parmi les candidats. Le conglomérat russe UAC (Su-35, MiG-35) complétait cette liste.

L'opération Sindoor, un tournant décisif

L’opération Sindoor, menée contre des groupes terroristes implantés au Pakistan en mai 2025, a finalement changé la donne. Le Rafale a donné pleinement satisfaction à l’Indian Air Force (IAF) durant cette opération. Selon le général Nagesh Kapoor, son chef d’état-major adjoint, l’appareil « a incontestablement été le héros » de cet engagement.

D’où la recommandation de l’IAF : abandonner l’appel d’offres MRCA, et commander 114 Rafale supplémentaires. L’objectif est de remplacer au plus tôt ses MiG-21 « Bison », que l’armée s’apprêtait alors à retirer du service. En février, le Conseil d’acquisition du ministère indien de la Défense (DAC) a fait savoir qu’il appuyait cette requête.

Un choix justifié par des besoins capacitaires

Selon le DAC, l’achat de ces Rafale F4 renforcerait ainsi la capacité de l’IAF à assumer des rôles de supériorité aérienne. Cette capacité s’étendrait à l’ensemble du spectre des conflits. L’achat augmenterait aussi considérablement les capacités de dissuasion de l’IAF, grâce à des frappes offensives à longue portée.

Cela ne signifiait pas pour autant que l’affaire allait se conclure rapidement. Plusieurs points sensibles devaient ainsi encore faire l’objet d’un accord.

Des exigences industrielles fortes

Parmi ces points, l’Inde exige que 94 Rafale sur les 114 commandés soient assemblés sur son territoire. Au moins 50 % des composants devraient être d’origine indienne. New Delhi souhaite aussi accéder aux documents de contrôle et d’interface (ICD). Cela lui permettrait d’intégrer ses propres systèmes d’armes, comme le missile air-air Astra, ou le missile de croisière Brahmos NG.

Il est aussi question de porter les Rafale F3R déjà livrés au standard F4. Toutes ces exigences ont été détaillées dans une lettre de demande, adressée par l’Inde à la France en juillet dernier.

Une réponse française déjà transmise

De hauts responsables indiens ont été cités par l’agence de presse ANI. Selon eux, une réponse française était attendue « dans les deux à trois mois à venir ». En réalité, le ministère indien de la Défense l’avait déjà reçue.

Le 6 août, ANI a livré une information clé. La France aurait soumis à l’Inde sa proposition technique et commerciale détaillée pour ce contrat. Cette proposition prévoirait une fabrication et une production locales à grande échelle de l’avion de combat. Elle est actuellement examinée par les services du ministère indien de la Défense, ainsi que par l’IAF.

Des responsables cités par ANI ont précisé la suite du processus. « La partie indienne analysera de près la réponse française », à sa demande d’intégrer des armements indiens et des composants de fabrication locale.

Un contrat qui pourrait dépasser 30 milliards d'euros

Une fois ce travail effectué, les négociations contractuelles entre l’Inde et la France pourront entrer dans le vif du sujet. L’enjeu financier reste considérable. Le montant de la commande pourrait dépasser 30 milliards d’euros, dont une partie devrait revenir à l’industrie indienne. Reste à voir combien de temps les discussions mettront pour aboutir.

Vers une flotte de 176 Rafale

Si un accord intergouvernemental est signé, l’Inde disposera à terme de 176 Rafale. Ce total intègre les 26 exemplaires déjà commandés pour l’Indian Navy, laquelle a d’ailleurs l’intention d’en acquérir 31 de plus.

Ce qu'il faut retenir

  • La France a transmis à l’Inde sa proposition technique et commerciale, pour la commande de 114 Rafale supplémentaires.
  • Cette commande fait suite à l’opération Sindoor, durant laquelle le Rafale a donné pleinement satisfaction à l’Indian Air Force.
  • L’Inde exige que 94 des 114 appareils soient assemblés sur son territoire, avec au moins 50 % de composants indiens.
  • Le contrat pourrait dépasser 30 milliards d’euros, et porterait la flotte indienne de Rafale à 176 exemplaires à terme.
  • L’Inde souhaite aussi intégrer ses propres armements, comme le missile Astra ou le Brahmos NG, sur ces appareils.

Questions fréquentes

Pourquoi l'Inde a-t-elle abandonné son appel d'offres MRCA ?

Après l’opération Sindoor de mai 2025, le Rafale a donné satisfaction à l’Indian Air Force. Celle-ci a donc recommandé de commander directement 114 Rafale supplémentaires, plutôt que de poursuivre l’appel d’offres MRCA.
L’Inde exige que 94 des 114 Rafale soient assemblés sur son territoire. Au moins 50 % des composants devraient être indiens. Elle souhaite aussi accéder aux documents techniques permettant d’intégrer ses propres armements.
Si l’accord est signé, l’Inde disposera de 176 Rafale. Cela comprend 36 déjà commandés pour l’armée de l’Air, 114 supplémentaires, et 26 pour la marine — laquelle prévoit d’en acquérir 31 de plus.
Le montant de la commande pourrait dépasser 30 milliards d’euros. Une partie de cette somme devrait revenir à l’industrie indienne, dans le cadre des exigences de fabrication locale.

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