Le ministère des Armées cherche des solutions innovantes pour les capacités de contre-minage de l’armée de Terre

L'Agence de l'innovation de défense confie à KNDS France, Thales et Arquus un accord-cadre de sept ans pour le contre-minage.
déminage souvim système militaire

Un rapport parlementaire sur l’arme du génie a été publié en février. Il a souligné que les capacités de contre-minage de l’armée de Terre restaient vieillissantes, et surtout insuffisantes.

Des capacités de contre-minage jugées vieillissantes

Selon ce rapport, les moyens actuellement disponibles reposent ainsi en premier lieu sur les Systèmes d’ouverture d’itinéraire minés (SOUVIM). Ces derniers « reposent sur une technologie conçue dans les années 1990 », selon les auteurs du rapport.

De nouveaux moyens progressivement mis en service

De nouveaux moyens sont ainsi toutefois progressivement mis en service, au sein de l’armée de Terre. C’est le cas du robot SDZ (Système de déminage/dépollution de zone). L’Engin de bréchage mécanique de zone (EBMZ) en fait aussi partie ; son évaluation tactico-opérationnelle reste en cours.

Le remplacement du SOUVIM n’est en revanche pas à l’ordre du jour. Il en va de même pour le Système de déminage pyrotechnique de mines antichars (SDPMAC), pour le moment.

OASIS Democles, un programme structurant

Le contre-minage couvre plusieurs aspects. Il s’agit de la détection, de la levée de doute, du brouillage des engins explosifs improvisés, ainsi que du leurrage. Le bréchage, la neutralisation, la destruction, la fusion de données et la préparation opérationnelle en font aussi partie.

Ces aspects sont pris en compte par l’Opération Agile de Stimulation de l’Innovation appliquée aux Systèmes (OASIS) Democles. Ce programme a fait l’objet d’un accord-cadre de sept ans. L’Agence de l’innovation de défense (AID) l’a confié à un groupement momentané d’entreprises. Celui-ci comprend KNDS France, Thales et Arquus.

L’un des objectifs de Democles est d’identifier des acteurs capables de fournir des réponses innovantes. Ces réponses concerneraient les enjeux de lutte contre les cibles du contre-minage. Cela comprend les mines, les engins explosifs improvisés, ou encore les obstacles antichars.

Un défi Thales sur les brouilleurs

Fin juillet, deux défis ont ainsi été lancés au titre de l’OASIS Democles. Le premier, porté par Thales, concerne la menace des engins explosifs improvisés radio-commandés (RCIED). Pour la contrer, l’armée de Terre équipe ses véhicules de brouilleurs. Ces derniers sont placés sur le toit du blindé. Ils ne cohabitent toutefois pas forcément bien avec les moyens de communication et de radionavigation.

Selon l’AID, cette proximité pose un problème identifié. Elle constitue « un compromis entre performances d’autoprotection et capacité de communication ». Des solutions de contournement, fréquentielles ou temporelles, doivent souvent être mises en œuvre. Elles réduisent toutefois, selon l’agence, certaines performances. Cela concerne tantôt l’autoprotection, tantôt les communications ou la radionavigation.

L’AID relève aussi un autre inconvénient. Le positionnement des aériens du brouilleur, sur le toit des véhicules, peut limiter le fonctionnement du porteur. Certaines trappes doivent en effet être condamnées, pour prévenir les dangers des rayonnements électromagnétiques sur les personnes (DREP).

Des antennes planaires sur les côtés du véhicule

Pour y remédier, l’idée est ainsi d’intégrer plusieurs antennes planaires sur les côtés du véhicule porteur. Cette solution offrirait deux avantages. Les émissions du brouilleur se rapprocheraient ainsi du sol. Elles s’éloigneraient dans le même temps des systèmes de communication, et des trappes d’accès au toit de l’engin.

Ce défi, proposé par Thales, reste ouvert à toute entité basée en France : TPE, PME, ETI, laboratoires ou universités. Il vise à « établir une spécification technique relative à la technologie d’aériens planaires la plus prometteuse ». L’objectif est ensuite de réaliser et d’évaluer un démonstrateur. Une intégration sur les porteurs terrestres cibles du contre-minage suivrait : les robots ROBIN, ainsi que les blindés Griffon Génie et Serval Génie.

Un second défi porté par KNDS France

Le second défi s’adresse ainsi aux mêmes acteurs économiques et scientifiques. Il a été lancé par KNDS France. Son objectif est d’identifier la solution la plus performante. Elle devra aussi être la mieux adaptée aux besoins de l’armée de Terre, pour détecter les mines faiblement enfouies. Ce défi mise sur un radar à pénétration de sol (RPS). L’AID juge cette technologie prometteuse.

Un radar testé sur le robot BARAKUDA

A priori, ce RPS équipera ainsi un système robotisé. KNDS France a fait une précision technique. Un « plan d’interface mécanique sur robot BARAKUDA », développé par Sharks Robotics, sera livré aux participants de ce défi. Les pièces afférentes suivront le même chemin. Une évaluation est ensuite prévue à Bourges, en janvier prochain.

L’industriel a ajouté ainsi que des éléments de contexte seraient proposés aux participants. Ces éléments doivent les aider à imaginer une solution intégrée en série, dans un contexte opérationnel réel.

robot BARAKUDA

Ce qu'il faut retenir

  • Un rapport parlementaire de février a jugé les capacités de contre-minage de l’armée de Terre vieillissantes. Le SOUVIM, conçu dans les années 1990, illustre bien ce constat.
  • Le programme OASIS Democles doit identifier des solutions innovantes en la matière. Il a été confié à KNDS France, Thales et Arquus, pour sept ans.
  • Un premier défi, porté par Thales, vise à développer des antennes planaires. L’objectif est de mieux positionner les brouilleurs anti-IED sur les véhicules.
  • Un second défi, porté par KNDS France, doit permettre de détecter les mines faiblement enfouies. Il mise pour cela sur un radar à pénétration de sol.
  • Ce radar sera testé sur le robot BARAKUDA de Sharks Robotics, lors d’une évaluation prévue à Bourges en janvier.

Questions fréquentes

Pourquoi les capacités de contre-minage de l'armée de Terre sont-elles jugées insuffisantes ?

Un rapport parlementaire de février 2026 a souligné un décalage technologique. Les moyens actuels, comme le SOUVIM, reposent sur une technologie datant des années 1990. Or, de nouvelles menaces, comme les engins explosifs improvisés, nécessitent des réponses plus modernes.
C’est un accord-cadre de sept ans. L’Agence de l’innovation de défense l’a confié à KNDS France, Thales et Arquus, pour identifier des solutions innovantes pour le contre-minage de l’armée de Terre.
Placés sur le toit des blindés, ils interfèrent avec les systèmes de communication et de radionavigation. Ils obligent aussi à condamner certaines trappes, pour prévenir les risques liés aux rayonnements électromagnétiques.
Un défi porté par KNDS France mise sur un radar à pénétration de sol. Ce radar pourrait être intégré sur le robot BARAKUDA de Sharks Robotics. Une évaluation est prévue à Bourges, en janvier prochain.

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