En mer Rouge, la FREMM Languedoc de la Marine nationale a abattu un drone jugé menaçant dans la nuit du 1er au 2 octobre 2026. L’engin s’approchait du porte-conteneurs Champs-Élysées, armé par le groupe CMA CGM. La frégate a ouvert le feu avec son canon, au large du détroit de Bab el-Mandeb. L’incident, révélé par le quotidien Le Monde le 15 octobre, a été confirmé par l’état-major des armées.
À lire aussi : Djibouti : le Rafale remplacera les Mirage 2000 en 2027
Un tir au canon au large de Bab el-Mandeb
La frégate multimissions (FREMM) escortait le Champs-Élysées lorsque le drone s’est approché du navire. Jugeant la menace sérieuse, l’équipage a engagé l’engin avec le canon du bâtiment. Le drone a été détruit.
L’état-major des armées (EMA) s’est montré très sobre. Selon lui, la frégate « a fait usage de son canon contre un drone jugé menaçant et l’a abattu ». Aucun détail n’a été donné sur le type de drone, ni sur son origine.
L’information n’a d’ailleurs été rendue publique que deux semaines après les faits. C’est le quotidien Le Monde qui l’a révélée le 15 octobre. Le journal évoque une inquiétude croissante parmi les équipages des navires marchands qui franchissent le détroit.
Aspides : plus de 150 navires escortés depuis 2024
La FREMM Languedoc participe à l’opération européenne EUNAVFOR Aspides. Lancée en février 2024, cette mission protège la navigation commerciale en mer Rouge. Elle répond aux attaques des rebelles houthis du Yémen contre le trafic maritime.
Selon l’EMA, les forces françaises ont protégé plus de 150 navires civils depuis le début de l’opération. Les escortes sont organisées à la demande des armateurs. Elles passent par le MICA Center (Maritime Information Cooperation and Awareness Center), basé à Brest.
Le point de situation de l’EMA pour la période du 1er au 8 octobre précise le rythme actuel. La FREMM engagée dans Aspides escorterait environ deux navires par jour. L’EMA y voit une contribution à la liberté de navigation sur un axe stratégique du commerce mondial. Ce point ne mentionnait toutefois pas le tir du 2 octobre.
Un précédent en avril 2025
Ce tir n’est pas une première pour la Marine nationale. Le 18 avril 2025, l’EMA avait diffusé la vidéo d’une FREMM ouvrant le feu sur un drone aérien. L’engin avait été lancé depuis le Yémen par les Houthis contre le trafic en mer Rouge.
La frégate avait alors utilisé son canon de 76 mm pour l’intercepter. Depuis, aucun incident comparable n’avait été rapporté officiellement. Les armées restent en effet discrètes sur les deux frégates françaises déployées près de Bab el-Mandeb.
Leurs missions officielles sont connues. Elles sécurisent les approvisionnements stratégiques de la France et participent à Aspides. Ces bâtiments s’appuient sur le dispositif français au Proche et Moyen-Orient, notamment à Djibouti.
Une conduite de tir modernisée sur le Languedoc ?
Les engagements en mer Rouge ont conduit la Marine à adapter ses frégates. Le retour d’expérience d’Aspides prévoyait l’installation du système STIR 1.2 EO Mk2 de Thales. Les FREMM Normandie et Bretagne en sont déjà équipées.
Ce radar de conduite de tir combine une acquisition en bande X et une poursuite en bande K. Selon Thales, il fournirait des données de tir aux missiles comme aux canons de moyen calibre. Il serait donc adapté aux cibles petites et rapides, comme les drones.
Le Languedoc en bénéficie-t-il déjà ? Rien ne permet de l’affirmer à ce stade. L’EMA n’a pas précisé quels capteurs avaient guidé le tir du 2 octobre.
Des tensions régionales qui s’accentuent
L’incident survient dans un contexte régional tendu. Le conflit entre l’Arabie saoudite et les Houthis s’est intensifié ces dernières semaines. La France envisagerait par ailleurs une mission pour protéger le port saoudien de Yanbu contre d’éventuelles attaques aériennes.
Pour les armateurs, la menace reste donc réelle. Le passage par Bab el-Mandeb demeure le plus court entre l’Asie et l’Europe. Les escortes militaires restent, pour l’heure, la principale garantie de sécurité pour les équipages.
Ce qu’il faut retenir
- La FREMM Languedoc a abattu un drone jugé menaçant dans la nuit du 1er au 2 octobre 2026.
- Le drone s’approchait du porte-conteneurs Champs-Élysées de CMA CGM, près de Bab el-Mandeb.
- Les forces françaises ont escorté plus de 150 navires civils depuis février 2024 dans le cadre d’Aspides.
- Un précédent tir au canon de 76 mm contre un drone houthi avait été rendu public en avril 2025.
- Le contexte se tend, avec l’intensification du conflit entre l’Arabie saoudite et les Houthis.
Questions fréquentes
Quel navire français a abattu le drone en mer Rouge ?
Il s’agit de la frégate multimissions (FREMM) Languedoc de la Marine nationale. Elle a utilisé son canon dans la nuit du 1er au 2 octobre 2026.
Quel navire le drone menaçait-il ?
Le drone s’approchait du porte-conteneurs Champs-Élysées, armé par le groupe français CMA CGM.
Qu’est-ce que l’opération Aspides ?
C’est une opération navale de l’Union européenne lancée en février 2024. Elle protège les navires marchands en mer Rouge face aux attaques des Houthis.
D’où venait le drone abattu par la frégate ?
L’état-major des armées n’a précisé ni le type ni l’origine du drone. Il l’a seulement qualifié de « menaçant ».











