La Marine nationale disposera bientôt du robot téléopéré ROV-DeepSea (ROV-D), censé intervenir à 6 000 mètres de profondeur. Selon OPEX360, la Direction générale de l’armement (DGA) a annoncé le 29 octobre 2026 la réussite de ses essais de qualification. Lors de la campagne « grand fond », au large de la Grèce, le système a dépassé 5 000 mètres. La DGA commandera un second ROV-D.
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Retrouver une capacité perdue dans les années 1970
Après la Seconde Guerre mondiale, la Marine nationale était à la pointe de l’exploration des fonds marins. Toutefois, elle a perdu une grande partie de ses capacités d’intervention en grande profondeur dans les années 1970, avec la fin du « groupe des bathyscaphes ». Or les menaces sur les infrastructures sous-marines critiques ont fait de la maîtrise des fonds marins une priorité du ministère des Armées. Sa stratégie de février 2022 prévoit d’élargir la capacité à agir « jusqu’à 6 000 m de profondeur », y compris « en milieu contesté ».
Depuis, le Service hydrographique de la Marine (SHOM) a reçu le Narval, un drone sous-marin autonome du norvégien Kongsberg, capable de naviguer à 6 000 mètres. Il peut ainsi rester 72 heures en immersion et cartographie les fonds avec une résolution de 20 cm. En outre, depuis la loi de programmation militaire 2024-2030, la Marine peut utiliser le sous-marin d’exploitation Nautile de l’Ifremer, qui plonge lui aussi à 6 000 mètres et embarque trois personnes.
Un robot conçu en moins de 21 mois
La DGA a notifié en septembre 2024 le contrat du ROV-D à l’entreprise française LD Travocean, dans le cadre du plan France 2030. Ainsi, les équipes l’ont conçu en moins de vingt et un mois. Ensuite, DGA Techniques navales a conduit les essais de qualification, avec le concours de la Marine nationale. En juillet 2026, une première campagne a testé le robot jusqu’à 2 500 mètres, au large de Toulon. Dès septembre, la campagne « grand fond » au large de la Grèce lui a fait dépasser 5 000 mètres. La DGA salue « un succès », fruit d’une collaboration avec l’état-major de la Marine, le Groupe d’intervention sous la mer (GISMER) et LD Travocean. Par ailleurs, l’Agence de l’innovation de défense a retenu trois drones de surface pour le projet DANAE, destiné à la Marine.
Selon LD Travocean, le ROV-D pèse 3 600 kg pour 3,07 mètres de long, 1,48 mètre de large et 2,5 mètres de haut. De plus, un moteur électrique d’environ 75 kW, associé à deux unités de puissance hydraulique, alimente sept propulseurs, quatre horizontaux et trois verticaux. Sa capacité d’emport est de 200 kg. L’entreprise indique l’avoir conçu pour répondre aux enjeux d’exploration, de surveillance et d’intervention dans les grands fonds marins.
Ce qu’il faut retenir
- La DGA a annoncé le 29 octobre 2026 la réussite des essais de qualification du ROV-DeepSea de la Marine nationale.
- Ainsi, le robot a dépassé 5 000 mètres au large de la Grèce, pour un objectif de 6 000 mètres.
- Par ailleurs, LD Travocean l’a conçu en moins de 21 mois, avec un contrat notifié en septembre 2024.
- De plus, il pèse 3 600 kg et emporte 200 kg avec sept propulseurs.
- Enfin, la DGA commandera un second ROV-D.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le ROV-DeepSea ?
C’est un robot sous-marin téléopéré, développé par LD Travocean pour la DGA et la Marine nationale. Ses concepteurs l’ont pensé pour intervenir jusqu’à 6 000 mètres de profondeur.
Jusqu’à quelle profondeur a-t-il été testé ?
Il a atteint 2 500 mètres au large de Toulon en juillet 2026, puis dépassé 5 000 mètres au large de la Grèce, à partir de septembre.
Quelles sont ses caractéristiques ?
Selon LD Travocean, il pèse 3 600 kg, dispose d’un moteur d’environ 75 kW et de sept propulseurs, et emporte 200 kg.
La Marine en recevra-t-elle un second ?
Oui. Après ces essais, la DGA commandera un second ROV-D, selon OPEX360.











