La Section technique de l’armée de Terre (STAT) développe déjà le standard 3 du système antidrone Proteus. Selon OPEX360, la STAT l’a indiqué cette semaine sur LinkedIn. Les améliorations prévues portent sur l’électrification de l’affût, l’optimisation des algorithmes d’intelligence artificielle et l’ajout de nouveaux capteurs. La loi de programmation militaire 2024-2030 actualisée prévoit cinquante systèmes Proteus pour l’armée de Terre à l’horizon 2030.
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Proteus : un canon antiaérien modernisé
La STAT a présenté le Proteus en janvier 2025. Son groupement « Artillerie » l’a mis au point dans le cadre d’un projet lancé en avril 2024. « L’objectif de ce développement est double : fournir une réponse opérationnelle rapide tout en anticipant les évolutions du champ de bataille moderne », expliquait-elle alors, au moment où les drones FPV (à pilotage immersif) se généralisaient en Ukraine.
Le standard 1 associe un vieux canon antiaérien de 20 mm monté sur un affût tracté 53T2, une caméra thermique SANDRA et un ordinateur. Le tout repose sur un camion TRM 2000. L’ex-GIAT a développé ce canon dans les années 1970. Il affiche une portée de 1 500 mètres et une cadence de tir de 700 coups par minute.
Du standard 2 au standard 3
La STAT a ensuite développé le standard 2, avec le concours de l’Agence ministérielle de l’intelligence artificielle de défense (AMIAD). Il intègre une nouvelle caméra, qui améliore la détection, ainsi que des algorithmes d’IA. Ceux-ci doivent anticiper la trajectoire d’une cible potentielle et déterminer le moment le plus opportun pour tirer, en tenant compte de la vitesse de l’appareil à abattre et des conditions météorologiques. Dans ce standard, le Proteus s’utilise depuis le PALADIN (Porteur Adapté à la Lutte Anti-Drone Intérimaire), un véhicule aérotransportable que Scania a conçu à partir du V3P « Vampire ».
Pour le standard 3, la STAT mise sur « une approche pragmatique » : moderniser un système d’arme existant et éprouvé pour renforcer progressivement ses capacités. Elle décrit une démarche d’évolution incrémentale, articulée autour de plusieurs standards successifs. Chaque étape complète les capacités existantes et prépare les évolutions suivantes. Ainsi, le standard 3 prévoit l’électrification de l’affût et l’asservissement de ses mouvements à la solution de tir. La STAT n’a toutefois pas précisé la nature des nouveaux capteurs.
D’après OPEX360, ces capteurs comprendront probablement le radar tridimensionnel de FLIR Systems qui équipe déjà le VAB ARLAD (adaptation réactive pour la lutte antidrone), également développé par la STAT. Il s’agit là d’une hypothèse du site, non d’une information confirmée par la STAT.
Une chaîne de lutte antidrone en trois étapes
Le 35e régiment d’artillerie parachutiste, unité référente en matière de lutte antidrone, applique actuellement un mode opératoire en trois temps. Un VAB ARLAD détecte les cibles, puis un fusil brouilleur NEROD les « fragilise ». Enfin, le Proteus leur donne « le coup de grâce ». Cette réponse s’inscrit dans un effort plus large de l’armée de Terre face aux drones, comme le montre la réflexion sur les unités de chars Leclerc. Par ailleurs, un rapport du Sénat alertait sur ce sujet dans « La France n’est pas prête à la guerre des robots ».
Ce qu’il faut retenir
- La STAT développe déjà le standard 3 du système antidrone Proteus, selon OPEX360 et son message LinkedIn.
- Ainsi, ce standard prévoit l’électrification de l’affût, des algorithmes d’IA optimisés et de nouveaux capteurs.
- Par ailleurs, le Proteus repose sur un canon de 20 mm, d’une portée de 1 500 mètres et d’une cadence de 700 coups par minute.
- De plus, la LPM 2024-2030 actualisée prévoit cinquante systèmes Proteus à l’horizon 2030.
- Enfin, le 35e RAP associe VAB ARLAD, fusil brouilleur NEROD et Proteus.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Proteus ?
C’est un système de lutte antidrone de l’armée de Terre. Il associe un canon antiaérien de 20 mm, une caméra thermique et un ordinateur, et la STAT l’a présenté en janvier 2025.
Que prévoit le standard 3 ?
L’électrification de l’affût, l’asservissement de ses mouvements à la solution de tir, l’optimisation des algorithmes d’IA et de nouveaux capteurs de détection, dont la STAT n’a pas précisé la nature.
Combien de systèmes l’armée de Terre recevra-t-elle ?
Cinquante systèmes Proteus à l’horizon 2030, selon la loi de programmation militaire 2024-2030 actualisée.
Comment le Proteus s’utilise-t-il ?
Un VAB ARLAD détecte les cibles, un fusil brouilleur NEROD les fragilise, puis le Proteus les abat. Le 35e régiment d’artillerie parachutiste suit ce mode opératoire.











