L’US Air Force et l’Aviation royale canadienne ont mené un exercice de défense aérienne inédit dans les îles Aléoutiennes. Selon OPEX360, des F-16 américains ont opéré depuis la base d’Eareckson, entre le 18 et le 26 octobre 2026, sous l’égide du NORAD. L’exercice aérien du 25 octobre a ensuite réuni des chasseurs américains et canadiens.
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Les îles Aléoutiennes, un archipel redevenu stratégique
Situées entre le Kamtchatka russe et l’Alaska, les îles Aléoutiennes appartiennent en majorité aux États-Unis. Selon OPEX360, elles marquent la limite entre l’océan Pacifique et la mer de Béring. Elles permettent donc de contrôler l’accès au détroit de Béring. Ce vaste archipel compte 302 îles, et il a connu les seuls combats terrestres sur le sol américain pendant la Seconde Guerre mondiale. En effet, l’armée japonaise a occupé les îles d’Attu et de Kiska entre 1942 et 1943.
Après l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, l’archipel a perdu son intérêt stratégique. Toutefois, les États-Unis ont laissé en service le radar à balayage électronique AN/FPS-108 « Cobra Dane », sur la base aérienne d’Eareckson, située sur l’île de Shemya. Cette base fait face à la péninsule du Kamtchatka et au polygone de Koura.
Ces dernières années, l’évolution du climat et du contexte géostratégique ravive l’intérêt pour la région. Selon OPEX360, la Chine et la Russie y ont récemment mené des patrouilles navales. De plus, le commandement américain des opérations spéciales (USSOCOM) y a conduit des exercices en 2021 et en 2023, sur l’île de Shemya, notamment pour protéger le radar « Cobra Dane ».
Des F-16 sur la base d’Eareckson pour l’opération Noble Defender
Entre le 18 et le 26 octobre, des F-16 de l’US Air Force sont venus de la base d’Eielson, en Alaska, pour se déployer à Eareckson. Selon OPEX360, ils ont agi dans le cadre de l’opération Noble Defender, menée sous l’égide du NORAD (North American Aerospace Defense Command). La base d’Eielson se trouve à près de 2 600 km d’Eareckson.
D’après le site, l’US Air Force n’avait plus envoyé d’avions de combat sur la base d’Eareckson depuis les années 1990. D’où le caractère inédit de cette opération, qui s’est poursuivie par un exercice aérien de grande envergure, appelé Noble Eagle.
Un exercice aérien avec l’Aviation royale canadienne
Mené le 25 octobre, cet exercice a aussi mobilisé l’Aviation royale canadienne. Elle a engagé des CF-18 Hornet et un avion ravitailleur CC-150 Polaris. Par ailleurs, les États-Unis ont sollicité des F-35A, des KC-135, un E-3 AWACS et un HC-130J Combat King II, dédié aux missions de recherche et de sauvetage au combat.
Le Commandement des opérations interarmées du Canada a détaillé le dispositif. « Pour la première fois depuis des décennies, des F-16 étaient en état d’alerte et ont décollé de l’austère base aérienne “Eareckson” », explique-t-il. Des F-35 et des F-16 les ont rejoints depuis Eielson, et des CF-18 canadiens se sont déplacés depuis Cold Lake, en Alberta. Enfin, un E-3 Sentry, des avions ravitailleurs canadiens et américains et un HC-130 ont fourni le commandement et contrôle, la portée et les moyens de récupération nécessaires.
Un dispositif de chasse à plusieurs niveaux
Selon le communiqué du NORAD, cet exercice de « défense du territoire » a déployé un dispositif de chasse à « plusieurs niveaux ». Ainsi, les F-16 d’Eareckson ont « assuré la couverture de la partie sud du théâtre ». Les autres F-16 et les F-35 d’Eielson ont « opéré au nord-ouest », tandis que les CF-18 canadiens ont « couvert les approches » septentrionales.
Le Commandement des opérations interarmées du Canada rappelle qu’environ 2 600 miles, soit près de 4 200 km, séparent Eareckson de Cold Lake. « Le message est on ne peut plus clair : le NORAD peut rapidement assembler et synchroniser une puissance de combat sur de vastes distances pour défendre l’Amérique du Nord à partir de plusieurs approches », ajoute-t-il.
Pour sa part, le général Robert D. Davis, responsable du NORAD, estime que « défendre l’Amérique du Nord exige rapidité, flexibilité et capacité de rassembler une puissance de combat sur de vastes distances ». Selon lui, les opérations menées depuis Eareckson ont démontré la capacité à se déployer sur un site isolé, à maintenir l’alerte, à intervenir rapidement et à intégrer les forces américaines et canadiennes. L’Arctique mobilise aussi l’Otan, comme le montre notre article sur l’exercice Arctic Shield 2026.
Ce qu’il faut retenir
- Des F-16 de l’US Air Force ont opéré depuis la base d’Eareckson, dans les îles Aléoutiennes, du 18 au 26 octobre 2026, selon OPEX360.
- Ainsi, l’US Air Force n’y avait plus déployé d’avions de combat depuis les années 1990.
- Par ailleurs, l’exercice aérien du 25 octobre a réuni des F-16, des F-35A et des CF-18 canadiens, avec des avions ravitailleurs et un E-3 AWACS.
- De plus, le NORAD parle d’un dispositif de chasse à plusieurs niveaux, qui couvre les approches septentrionales.
- Enfin, le NORAD affirme pouvoir assembler une puissance de combat sur de vastes distances.
Questions fréquentes
Que s’est-il passé dans les îles Aléoutiennes ?
Des F-16 américains se sont déployés sur la base d’Eareckson du 18 au 26 octobre 2026, dans le cadre de l’opération Noble Defender du NORAD. Un exercice aérien a suivi le 25 octobre, avec l’Aviation royale canadienne.
Pourquoi cet exercice est-il inédit ?
Selon OPEX360, l’US Air Force n’avait plus envoyé d’avions de combat sur la base d’Eareckson depuis les années 1990.
Quels appareils ont participé à l’exercice du 25 octobre ?
Des F-16 et des F-35A américains, des CF-18 Hornet canadiens, des avions ravitailleurs KC-135 et CC-150 Polaris, un E-3 AWACS et un HC-130J Combat King II.
Pourquoi les îles Aléoutiennes sont-elles stratégiques ?
Elles marquent la limite entre l’océan Pacifique et la mer de Béring, et permettent de contrôler l’accès au détroit de Béring. De plus, la base d’Eareckson abrite le radar « Cobra Dane ».











