Les nouveaux porte-avions de la marine américaine ne ressembleraient pas assez à ceux de la Seconde Guerre mondiale. Pour davantage les faire correspondre aux préférences de Donald Trump, l’US Navy planche sur d’importantes modifications. Le Washington Post l’a rapporté dimanche, en citant sept responsables américains au fait du dossier.
Déplacer l'îlot vers l'avant
Le président a émis des réserves sur l’apparence de l’avant des nouveaux porte-avions de classe Ford. Pour les faire davantage ressembler aux anciens bâtiments, il faudrait déplacer la tour à plusieurs étages qui domine le pont. Cette superstructure, appelée « îlot », devrait ainsi passer de l’arrière vers l’avant du navire. Elle abrite notamment le centre de commandement du bâtiment.
Les avantages de la position actuelle de l'îlot
Sa position actuelle, à l’arrière sur la classe Ford, présente pourtant des avantages. Elle permet de libérer de l’espace, pour stationner les avions à proximité des catapultes. Le temps nécessaire pour les faire décoller s’en trouve ainsi réduit. Cette configuration devait aussi limiter les turbulences, lors de l’atterrissage des appareils.
Des conséquences sur la répartition du poids
Le changement voulu par Donald Trump a ainsi un coût. Bryan Clark, ancien officier de marine et spécialiste de l’US Navy au Hudson Institute, l’a confirmé au Washington Post. Selon lui, il s’agit d’une « modification majeure de la conception ». Cette dernière aurait des conséquences sur la répartition du poids, ainsi que sur la flottabilité du bâtiment.
Un coût déjà estimé sous le premier mandat
Ce sujet avait déjà été étudié pendant le premier mandat de Donald Trump. Une étude avait alors abouti à une conclusion préoccupante. Un tel changement pourrait coûter plusieurs milliards de dollars. Il pourrait aussi provoquer d’importants retards, selon un ancien haut responsable américain cité par le média.
Jusqu'à dix porte-avions Ford prévus
Les États-Unis prévoient de construire jusqu’à dix porte-avions Ford, sur les quatre prochaines décennies. Le coût de chaque bâtiment avoisinerait les 22 milliards de dollars, selon les données du Congressional Budget Office.
Trois porte-avions de classe Ford sont actuellement en cours de développement. L’USS John F. Kennedy effectue des essais en mer. L’USS Enterprise et l’USS Doris Miller restent, eux, en cours de construction.
Un retour aux catapultes à vapeur déjà annoncé
Cette modification esthétique n’est pas la seule voulue par Donald Trump. Jeudi dernier, le président a ordonné le retour aux catapultes hydrauliques et à vapeur, sur les futurs porte-avions américains. Les porte-avions de l’armée américaine devront donc de nouveau utiliser les anciens modèles de catapultes, pour lancer leurs appareils. M. Trump a qualifié cette technologie de « fiable ».
Un changement de catapultes tout aussi coûteux
Ce changement de système de catapultes devrait lui aussi coûter plusieurs milliards de dollars. Le premier porte-avions concerné sera l’USS Doris Miller. Ce modèle à propulsion nucléaire de dernière génération doit être livré en 2034.
Ce qu'il faut retenir
- Donald Trump souhaite déplacer l’îlot de commandement des porte-avions de classe Ford. Il passerait de l’arrière vers l’avant, pour un rendu plus proche des navires de la Seconde Guerre mondiale.
- Ce changement esthétique pourrait coûter plusieurs milliards de dollars. Il pourrait aussi provoquer d’importants retards, selon une étude menée sous le premier mandat de Trump.
- La position actuelle de l’îlot présente des avantages opérationnels. Cela concerne notamment le stationnement des avions, et la limitation des turbulences à l’atterrissage.
- Les États-Unis prévoient de construire jusqu’à dix porte-avions Ford, pour un coût d’environ 22 milliards de dollars chacun.
- Ce projet s’ajoute à la décision, annoncée la semaine précédente, de revenir aux catapultes à vapeur plutôt qu’électromagnétiques.









