L’acte constitutionnel du royaume de Danemark impose un service militaire à tous les hommes de plus de dix-huit ans. Une seule condition s’applique : être en bonne forme physique. Cette disposition n’a jamais été remise en question. Elle a résisté même à la réduction drastique du format des forces armées danoises, à la fin de la Guerre froide.
Une conscription fondée sur le volontariat
La conscription a été adaptée à cette nouvelle donne. L’accent a été mis sur le volontariat. Concrètement, le nombre de volontaires restait parfois insuffisant. Les forces danoises procédaient alors à un tirage au sort, parmi les jeunes concernés. Les personnes ainsi désignées devaient effectuer quatre mois de service. Cette durée pouvait atteindre douze mois, dans certaines unités comme le régiment des Hussards de la garde.
Une réforme annoncée en 2024
En 2024, le gouvernement danois a annoncé son intention de changer à nouveau les règles du service militaire. Le volontariat reste de mise. Le nombre de postes à pourvoir sera toutefois revu nettement à la hausse. Il passera de 4 700 à 6 500 par an, d’ici 2033.
Le service deviendra par ailleurs obligatoire pour les jeunes femmes. Sa durée passera enfin de quatre à onze mois.
1 600 premiers conscrits incorporés le 3 août
Ces nouvelles modalités sont entrées en vigueur le 3 août. Elles ont concerné 1 600 premiers conscrits, tous volontaires. Ces derniers ont été incorporés dans quatorze sites. Ces sites appartiennent aux trois branches des forces armées danoises, ainsi qu’au commandement des opérations spéciales.
Selon l’état-major danois, le pays fait face à une nouvelle réalité. « Les menaces qui pèsent sur sa sécurité sont plus changeantes et complexes que jamais », a-t-il affirmé, dans un communiqué. C’est pourquoi, selon lui, la conscription a été étendue ces dernières années.
L’état-major a également insisté sur les effets attendus de cette réforme. Selon lui, un plus grand nombre de conscrits renforcerait la puissance de combat globale des forces armées, dès 2026. Une durée de service allongée y contribuerait aussi. Cela créerait, selon lui, de meilleures conditions pour assurer la sécurité du Danemark, dans un monde en mutation.
Le Danemark n’est d’ailleurs pas le seul pays européen à revoir son service militaire à la hausse. L’Autriche a annoncé, cet été, une réforme comparable de sa propre conscription, avec un allongement de la durée de service. Les deux pays justifient ce choix par l’évolution du contexte sécuritaire européen, sur fond de guerre en Ukraine.
De nouvelles missions après la formation initiale
Une autre nouveauté concerne les activités accessibles aux appelés, à l’issue de leur formation militaire initiale. Cette formation dure quatre à cinq mois.
Les appelés pourront ensuite être engagés dans des missions d’intervention d’urgence. Ils pourront aussi rejoindre des patrouilles, au sein du commandement des opérations spéciales. Des postes de pilotes de drone, dans les forces terrestres, leur seront aussi proposés. Il en va de même pour des postes d’assistants radaristes, dans les forces aériennes ou la marine. Ces fonctions doivent ainsi permettre de libérer des soldats professionnels à temps plein, pour d’autres tâches plus spécialisées.
Des missions possibles à l'étranger, sur la base du volontariat
Les appelés danois pourront enfin effectuer des missions opérationnelles à l’étranger, à condition d’être volontaires. Selon l’état-major danois, ces missions pourraient avoir lieu au Groenland. Elles pourraient aussi s’inscrire dans le cadre des déploiements de l’Otan en Lettonie, ou à bord de navires de la Marine. Les déploiements hors du Royaume resteront ainsi fondés sur le volontariat.
Ce qu'il faut retenir
- Le Danemark a incorporé, le 3 août, 1 600 premiers conscrits dans le cadre d’un service militaire réformé.
- Ce service devient obligatoire pour les jeunes femmes, et sa durée passe de quatre à onze mois.
- Le nombre de postes à pourvoir doit passer de 4 700 à 6 500 par an d’ici 2033.
- Après leur formation initiale, les appelés pourront être engagés dans des missions d’intervention d’urgence ou des patrouilles spécialisées.
- Des missions à l’étranger, au Groenland ou en Lettonie notamment, resteront possibles sur la base du volontariat.













