Depuis leur apparition pendant la Seconde Guerre mondiale, les hélicoptères militaires ont beaucoup évolué. Les appareils en service aujourd’hui sont mobiles, sophistiqués et lourdement armés, grâce aux progrès réalisés en matière d’armement et de contre-mesures.
Leur emploi massif lors de la guerre du Viêt Nam a marqué les esprits. Les hélicoptères restent aujourd’hui une composante majeure des conflits modernes, comme l’illustre la guerre en Ukraine. Tour d’horizon de huit appareils emblématiques de ce début de siècle.
L'Eurocopter Tigre
Le Tigre, désigné Tiger en Allemagne, a été lancé en 1984 pour répondre à un besoin franco-allemand d’hélicoptère multirôle de combat. Il est entré en service en 2002. Depuis, il a été engagé en Afghanistan, en Libye et au Mali. L’appareil intègre des technologies de discrétion et plusieurs caractéristiques destinées à renforcer sa capacité de survie.
Le Tigre existe en deux configurations. La version d’attaque est équipée de missiles antichars Trigat ou HOT-3 et de roquettes non guidées, ainsi que de missiles air-air Stinger ; elle ne dispose pas de canon. La version d’appui-feu, ou d’escorte, est équipée d’un canon de 30 mm, de roquettes non guidées et de missiles air-air Mistral. L’appareil est en service dans l’armée française.
Le Black Hawk
Depuis une quarantaine d’années, le Black Hawk a été engagé dans de nombreuses zones de combat. Il assure le transport et l’extraction de troupes, sert de plateforme MEDEVAC (évacuation sanitaire des blessés), achemine du ravitaillement, intervient lors de catastrophes naturelles et remplit des missions de lutte contre les feux ou de surveillance des frontières. C’est le principal hélicoptère de transport et d’assaut de l’armée américaine. Plus de 4 000 Black Hawk sont aujourd’hui en service dans le monde.
L’appareil est devenu célèbre après les affrontements de Mogadiscio, en Somalie, en 1993 : deux Black Hawk y ont été abattus lors de violents combats urbains. L’épisode a popularisé l’expression « Black Hawk Down », titre du film réalisé ensuite par Ridley Scott. Une variante navale, le Seahawk, constitue aujourd’hui un pilier de la marine américaine pour les missions de lutte anti-sous-marine, de lutte anti-surface, de transport et de recherche et sauvetage.
Le Mi-24
Avec sa silhouette reconnaissable et ses larges dimensions, le Mi-24 est l’un des hélicoptères d’assaut les plus connus au monde. L’appareil dispose d’un cockpit étagé lourdement blindé et d’une tourelle d’armement sous le nez. Les premières versions étaient dotées d’un canon de 23 mm à deux tubes. Son armement comprend aussi des missiles antichars et des paniers de roquettes non guidées.
Le Mi-24 possède une capacité secondaire de transport de troupes : il peut embarquer une escouade d’infanterie de huit soldats équipés. Produit en grand nombre pour l’armée soviétique et ses alliés, il a été construit à plus de 2 300 exemplaires depuis les années 1970. Sa production a cessé en 1991. Malgré son ancienneté, le Mi-24 reste en service dans au moins 50 pays.
Le Chinook
Le CH-47 Chinook a été mis au point pendant la guerre du Viêt Nam et reste en service aujourd’hui sous une forme modernisée. Sa conception à rotors en tandem, sans rotor de queue, envoie toute la puissance des moteurs aux deux rotors principaux, qui tournent en sens opposés à des hauteurs différentes. Cette architecture permet au Chinook de transporter de lourdes charges à haute altitude : il peut emporter environ 10 800 kg de fret, ou 55 soldats.
Malgré son gabarit, le Chinook peut réaliser des manœuvres exigeantes. La « Delta Queen » consiste à poser l’appareil à la surface de l’eau, porte arrière ouverte, pour qu’une embarcation des forces spéciales s’y engouffre avant le décollage. La « manœuvre du pinacle » consiste à insérer ou extraire des troupes sur une falaise ou un rocher, seules les roues arrière en contact avec le sol pendant le vol stationnaire. Cet appareil de levage lourd devrait rester en service jusque dans les années 2060.
Le Z-10
Le Z-10 est un hélicoptère d’attaque chinois. Selon les données rapportées, il dispose d’un rayon d’action d’environ 1 120 km et d’une masse à vide d’environ 5 100 kg. Il est équipé d’un canon de 23 mm et de quatre points d’emport externes, capables d’accueillir des lanceurs de missiles air-sol, air-air et des lance-roquettes. Selon ces données, l’appareil peut emporter jusqu’à 16 missiles antichars et combiner différents types d’armement selon la mission : missiles contre les blindés, roquettes et canon contre l’infanterie.
Le Z-10 est doté d’un dispositif de réduction de la signature infrarouge, qui accroît sa capacité à échapper aux missiles adverses. Il peut voler à très basse altitude avec une bonne maniabilité. La marine chinoise a par ailleurs diffusé des images d’un Z-10 effectuant des essais sur le pont d’un navire de débarquement.
L'Osprey
L’Osprey est un appareil qui suscite la controverse, en raison de son coût élevé, de la durée de son développement, puis de problèmes de sécurité survenus ces dernières années. Ces difficultés tiennent à sa conception singulière : c’est un hybride avion-hélicoptère, appelé convertible (tiltrotor). Ses rotors, montés en bout d’aile, s’orientent vers le haut pour le décollage et l’atterrissage, puis vers l’avant pour le vol horizontal. L’Osprey se comporte alors comme un avion à hélices.
L’Osprey est mis en œuvre par l’US Air Force, par les forces d’autodéfense japonaises et surtout par les Marines américains. Les opérations de débarquement sur les plages sont devenues difficiles à l’ère moderne, les adversaires disposant de défenses côtières performantes. L’Osprey répond à ce problème : il permet aux navires amphibies de rester à grande distance des côtes et de lancer des assauts depuis l’arrière de l’horizon.
Le Mi-28
Cet hélicoptère d’attaque russe dispose de deux cockpits lourdement blindés. C’est l’un des hélicoptères d’attaque les plus blindés à ce jour, doté d’un système d’évacuation d’urgence pour l’équipage. Son armement comprend généralement huit missiles antichars Ataka, des paniers de roquettes non guidées et un canon de 30 mm.
Pour le ciblage, le pilote utilise un désignateur monté sur le casque, qui suit la direction de son regard et attribue la cible au système de conduite de tir. L’officier d’armement déploie alors les armes guidées ou le canon. Comparé au Mi-24, le Mi-28 est davantage optimisé pour la lutte antichar et ne dispose pas de capacité de transport de troupes, hormis un petit compartiment pouvant accueillir trois personnes en cas d’urgence. L’appareil est équipé de contre-mesures (lance-leurres, détecteurs d’alerte laser), et ses pots d’échappement sont orientés vers le haut pour réduire sa signature. Le Mi-28 a été largement employé par l’armée russe lors de l’invasion de l’Ukraine en 2022.
L'Apache
L’Apache est l’hélicoptère d’attaque le plus répandu du monde occidental. Plus de 2 400 appareils ont été construits pour les États-Unis et leurs partenaires, dont Israël, le Royaume-Uni, le Japon et la Corée du Sud. Engagé depuis la fin des années 1980, il a participé aux grands conflits des États-Unis et de l’OTAN. Il dispose de trois moyens d’attaque principaux : les missiles Hellfire, un canon M230 de 30 mm doté de 1 200 cartouches, et des roquettes Hydra.
L’Apache présente de nombreuses caractéristiques de survie. Le fuselage est conçu pour résister à des tirs de calibre allant jusqu’à 12,7 mm, et les pales de rotor à des tirs de 23 mm. L’appareil dispose d’un système d’échappement à signature infrarouge réduite et de distributeurs de paillettes et de leurres thermiques, ce qui réduit le risque d’être touché par des missiles sol-air.
Le Ka-52
Le Ka-52 Alligator est sans doute l’hélicoptère d’attaque le plus atypique au monde. De conception russe, il associe des sièges côte à côte, des sièges éjectables, deux rotors principaux contrarotatifs et l’absence de rotor de queue. C’est l’un des hélicoptères les plus maniables au monde. Doté d’un système avancé de gestion du champ de bataille, le Ka-52 peut assurer un rôle de commandement et de contrôle pour un groupe d’hélicoptères, comme détecteur et désignateur de cibles.
Le Ka-52 dispose de la puissance de feu attendue d’un hélicoptère d’attaque moderne, son canon étant toutefois monté en position fixe, sans tourelle. Une version destinée au soutien des opérations amphibies a été développée sous la désignation Ka-52K Katran. Le constructeur a par ailleurs développé une version export, destinée à l’Égypte, désignée localement Ka-52 Nile Crocodile.
Ce qu'il faut retenir
- Les hélicoptères militaires restent une composante majeure des conflits modernes, comme en Ukraine.
- L’Eurocopter Tigre, franco-allemand, est en service dans l’armée française depuis 2002.
- Le Black Hawk est le principal hélicoptère de transport et d’assaut de l’armée américaine, avec plus de 4 000 appareils en service.
- Le Mi-24 soviétique reste en service dans au moins 50 pays.
- Le Chinook, à rotors en tandem, peut emporter environ 10 800 kg de fret.
- L’Osprey est un convertible hybride avion-hélicoptère, employé surtout par les Marines américains.
- Le Mi-28 et le Ka-52 russes ont été largement engagés lors de l’invasion de l’Ukraine en 2022.
- L’Apache est l’hélicoptère d’attaque le plus répandu du monde occidental.
Questions fréquentes
Quel est l'hélicoptère d'attaque le plus répandu au monde ?
L’Apache est l’hélicoptère d’attaque le plus répandu du monde occidental. Plus de 2 400 appareils ont été construits pour les États-Unis et leurs partenaires, dont Israël, le Royaume-Uni, le Japon et la Corée du Sud.
Pourquoi l'Osprey est-il particulier ?
L’Osprey est un convertible (tiltrotor), un hybride entre l’avion et l’hélicoptère. Ses rotors s’orientent vers le haut pour le décollage et l’atterrissage, puis vers l’avant pour le vol horizontal. Cette conception lui permet de voler comme un avion à hélices.
Quels hélicoptères ont été employés pendant la guerre en Ukraine ?
Plusieurs hélicoptères d’attaque russes ont été largement engagés depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, notamment le Mi-28 et le Ka-52 Alligator. Les hélicoptères restent une composante majeure de ce conflit.
D'où vient l'expression « Black Hawk Down » ?
L’expression est née des affrontements de Mogadiscio, en Somalie, en 1993, au cours desquels deux hélicoptères Black Hawk américains ont été abattus. Elle est devenue le titre d’un film réalisé par Ridley Scott sur cet épisode.












