Le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé, lundi 6 juillet 2026, l’achat de 12 sous-marins à l’Allemagne. Il a désigné l’entreprise ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) comme fournisseur privilégié pour cette acquisition. Selon lui, il s’agit du contrat d’équipement militaire « le plus important de l’histoire » du Canada. Le pays s’est par ailleurs engagé à porter ses dépenses militaires à 5 % de son PIB d’ici 2035.
Une annonce faite depuis les chantiers navals de Halifax
Mark Carney a fait cette annonce depuis les chantiers navals de Halifax, berceau de la flotte canadienne. Il s’exprimait juste avant son départ pour le sommet de l’OTAN à Ankara.
Selon lui, un monde plus dangereux et plus divisé impose au Canada d’en faire davantage pour sa défense. Il estime que cela vaut aussi pour la souveraineté du pays et le soutien à ses alliés. Il a également jugé que des décennies de politique étrangère et de défense canadienne avaient été bouleversées. L’histoire, selon lui, reprend ses droits.
2 sous-marins pour remplacer la classe Victoria
Cette nouvelle flotte remplacera les quatre sous-marins vieillissants de la classe Victoria. Le Canada les avait achetés d’occasion au Royaume-Uni, à la fin des années 1990. Aucune entreprise américaine n’a soumis d’offre pour ce contrat. Les États-Unis ne construisent en effet que des sous-marins à propulsion nucléaire. Le Canada recherchait, de son côté, des navires à propulsion diesel-électrique conventionnelle.
TKMS a devancé le sud-coréen Hanwha Ocean. L’entreprise allemande fournit déjà des sous-marins à plus d’un tiers des pays membres de l’OTAN. Selon elle, cela devrait renforcer l’interopérabilité avec ses alliés. Mark Carney a par ailleurs jugé la plateforme adaptée aux eaux de l’Arctique et aux besoins de l’OTAN. Il l’a aussi qualifiée d’éprouvée et performante.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a salué, de son côté, un signal fort pour le partenariat transatlantique et européen. Il a ensuite remercié Mark Carney.
Un contrat évalué à plusieurs dizaines de milliards de dollars
Mark Carney a refusé de dévoiler le montant précis de la transaction. Il a seulement évoqué un investissement de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Les négociations en vue d’un contrat définitif doivent désormais débuter. TKMS n’est, à ce stade, que le fournisseur privilégié désigné par Ottawa.
Peu avant cette annonce, le haut commandement militaire canadien avait averti que le pays ne pouvait pas diriger un groupement tactique de l’OTAN tout en répondant à d’autres crises. Il avait, selon le Wall Street Journal, suspendu ses activités non essentielles face à une grave pénurie de personnel.
Une cible de 5 % du PIB pour 2035
Le Canada a atteint, cette année, l’ancien objectif de l’OTAN fixé à 2 % du PIB. Mark Carney a désormais promis de porter ces dépenses à 5 % du PIB d’ici 2035. Son plan budgétaire prévoit même d’atteindre 4 % du PIB dès 2030, en avance sur le calendrier de l’OTAN. Les membres de l’Alliance sont, plus largement, incités à appuyer leurs engagements par des plans de dépenses concrets.
Une défiance croissante envers les États-Unis
Cette hausse des dépenses militaires intervient dans un contexte de tensions commerciales et géopolitiques avec l’administration Trump. L’an dernier déjà, Mark Carney avait jugé dépassée l’idée selon laquelle la situation géographique du Canada suffirait à le protéger.
Selon lui, le sous-investissement du Canada dans sa préparation militaire l’a rendu vulnérable face aux États-Unis. Il estime que ceux-ci monnaient désormais leur influence. Selon lui, cela passe par un accès au marché conditionné et une contribution réduite à la sécurité collective.
Pour Mark Carney, la souveraineté du pays dépend directement de ses capacités maritimes. Il rappelle que le Canada est bordé par trois océans, et doté du plus long littoral au monde.
Des livraisons accélérées grâce à l'Allemagne et à la Norvège
L’Allemagne et la Norvège ont conjointement conçu ces sous-marins. Selon Mark Carney, les deux pays libéreraient des créneaux de production pour accélérer les livraisons. Le Canada pourrait ainsi recevoir quatre sous-marins dès 2034, soit deux ans plus tôt que ce que TKMS avait publiquement annoncé.
Kerry Buck, ancienne ambassadrice du Canada auprès de l’OTAN, a livré son analyse au Wall Street Journal. Selon elle, cette annonce démontre la capacité du Canada à s’équiper rapidement et à grande échelle. Elle y voit un signal de crédibilité et d’engagement vis-à-vis des alliés du pays.
Ce qu'il faut retenir
- Mark Carney a désigné TKMS (Allemagne) comme fournisseur privilégié pour l’achat de 12 sous-marins, un contrat qu’il qualifie de « plus important de l’histoire » du Canada.
- Les négociations pour un contrat définitif restent à mener ; le montant n’a pas été précisé (plusieurs dizaines de milliards de dollars, selon Carney).
- La nouvelle flotte remplacera les 4 sous-marins vieillissants de la classe Victoria, achetés d’occasion au Royaume-Uni dans les années 1990.
- Aucune entreprise américaine n’a candidaté : les États-Unis ne construisent que des sous-marins nucléaires, alors que le Canada voulait une propulsion diesel-électrique.
- Le Canada vise 5 % du PIB en dépenses de défense d’ici 2035, avec une étape intermédiaire à 4 % dès 2030.
- L’annonce s’inscrit dans un contexte de tensions avec l’administration Trump et de volonté canadienne de réduire sa dépendance stratégique aux États-Unis.
- Grâce à l’Allemagne et à la Norvège, le Canada pourrait recevoir 4 sous-marins dès 2034, en avance sur le calendrier initial de TKMS.














