En novembre 2020, quatre pays membres de l’Otan ont lancé un projet commun. Il s’agit du Next Generation Rotorcraft Capability (NGRC), porté via l’Agence Otan de soutien et d’acquisition (NSPA). La France, l’Italie, l’Allemagne et la Grèce en furent les membres fondateurs. Les Pays-Bas rejoignirent ultérieurement ce projet.
Préparer la succession du NH90 et du Caracal
L’enjeu est de préparer la succession des actuels hélicoptères de manœuvre. Le NH90 « Caïman » et le H225M Caracal en font partie. Le projet vise à s’appuyer sur les progrès récents en matière de technologie. Les méthodes de production et les concepts opérationnels sont aussi concernés. L’objectif reste de renouveler les flottes actuelles, dans les quinze ou vingt ans à venir.
Airbus Helicopters, Leonardo et Sikorsky présélectionnés
Quatre ans plus tard, la NSPA a fait une annonce. Elle avait retenu Airbus Helicopters et Leonardo, pour le lancement de la phase conceptuelle n° 5 de ce projet. Sikorsky, filiale de Lockheed Martin, a lui aussi été sélectionné. Cela alors même que les États-Unis n’avaient pourtant pas manifesté d’intérêt particulier pour cette initiative.
Boeing rejoint le programme en mars
En mars dernier, après le retrait de la Grèce, remplacée par le Canada, la NSPA a fait une annonce importante. Les six pays impliqués s’étaient mis d’accord sur plus de 90 % des spécifications du projet. Boeing allait aussi être invité à rejoindre les trois industriels déjà présélectionnés, pour la phase de conception « concurrentielle ». Ce choix reposait ainsi sur la solidité financière et l’expérience de l’avionneur américain.
Selon le cahier des charges établi par les participants, le futur hélicoptère devait alors répondre à deux critères. Il devait transporter entre 12 et 16 soldats équipés, et pouvoir être mis en œuvre depuis un navire. Restaient encore à définir la vitesse de croisière souhaitée, ainsi que la masse maximale au décollage.
Un appel d'offres pour la phase de conception préliminaire
Ces derniers points ont ainsi depuis fait l’objet d’un consensus. Le 31 juillet, la NSPA a franchi une étape supplémentaire. Elle a émis un appel d’offres pour la « phase de conception préliminaire » des capacités de l’hélicoptère de nouvelle génération. Comme annoncé, Boeing fait partie des industriels sollicités.
« Le fondement de l'appel d'offres », selon la NSPA
Selon un communiqué publié par la NSPA le 10 août, cette dernière phase du programme s’appuie sur un socle solide. Elle mobilise les connaissances acquises lors des précédentes études conceptuelles. Elle se concentre sur l’établissement d’un référentiel opérationnel et technique, harmonisé entre les six pays participants. Ce référentiel comprend un ensemble de paramètres clés de performance (PCP). Ces paramètres définissent les exigences en matière de capacités et de soutien. Une gamme de scénarios de missions opérationnelles les complète.
Selon la NSPA, ce référentiel opérationnel et technique « constitue le fondement de l’appel d’offres » qui vient d’être lancé. Les quatre industriels présélectionnés pourront chacun remettre deux « solutions de conception préliminaire ». Une étude portant sur la réduction des risques accompagnera ces propositions. Ils devront rendre leur copie en août 2027.
Un rapport de synthèse attendu fin 2027
Les propositions feront ainsi ensuite l’objet d’un rapport de synthèse. La NSPA devra ainsi le communiquer aux six pays concernés, avant la fin 2027.
Selon cette agence de l’Otan, un élément clé de l’évaluation opérationnelle reposera ainsi sur des essais numériques. Ces essais seront menés dans un environnement de modélisation et de simulation interne. Ils illustreraient, selon la NSPA, la façon dont le programme NGRC stimule l’innovation.
Les concepts d'Airbus Helicopters
Pour le moment, Airbus Helicopters s’est ainsi associé à MBDA, Collins Aerospace et Raytheon. L’industriel a développé deux concepts distincts. Le premier repose sur un hélicoptère conventionnel à hautes performances, grâce à un rotor principal optimisé. Le second reprend la technologie développée pour le X3 et le Racer. Ces appareils sont capables de voler à plus de 400 km/h.
Les concepts de Leonardo et Sikorsky
De son côté, Leonardo a noué une coopération avec Bell. L’industriel italien a dévoilé un concept d’aéronef doté de rotors basculants, apparemment inspiré par le Bell MV-75.
Quant à Sikorsky, son offre reposera ainsi sur sa technologie X2, à rotor coaxial. Cette technologie avait été développée pour les démonstrateurs S-97 Raider et SB-1 Defiant. Sikorsky a aussi établi des partenariats avec BAE Systems, ESG Elektroniksystem-und Logistik, Rheinmetall, Hellenic Aerospace Industry et Safran.
Ce qu'il faut retenir
- La NSPA a lancé, le 31 juillet, un appel d’offres. Il porte sur la phase de conception préliminaire de l’hélicoptère de nouvelle génération (NGRC).
- Ce programme vise à remplacer les NH90 et H225M Caracal, dans le cadre d’une coopération entre six pays de l’Otan.
- Quatre industriels sont désormais en lice : Airbus Helicopters, Leonardo, Sikorsky et Boeing, chacun avec des concepts technologiques distincts.
- Les industriels devront remettre leurs solutions de conception préliminaire en août 2027, pour un rapport de synthèse attendu fin 2027.
- Airbus Helicopters, Leonardo et Sikorsky ont chacun développé des concepts différents, reposant sur des technologies rotor variées.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le projet NGRC de l'Otan ?
Quels pays participent au projet NGRC ?
Quels industriels sont en lice pour ce programme ?
Quelles capacités le futur hélicoptère devra-t-il offrir ?
Selon le cahier des charges, il devra transporter entre 12 et 16 soldats équipés. Il devra aussi pouvoir être mis en œuvre depuis un navire.










